Premier emploi à l'étranger : le contrat local

Par Cécile Peltier et Emmanuel Vaillant, publié le 08 Février 2013
4 min

De plus en plus de jeunes diplômés veulent décrocher un premier emploi à l’étranger. Trois principales pistes peuvent être envisagées pour réaliser ce rêve d’expatriation : le contrat local, le VIE (volontariat international en entreprise) et, dans une moindre mesure, les graduate programs. Avec chacune leurs avantages et leurs contraintes.

Il s'agit un contrat de travail que vous signez avec une entreprise française ou étrangère implantée à l'étranger.


Le contrat local, qu'est-ce que c'est ?

Le recrutement se fait en direct dans le pays où vous souhaitez séjourner. "Un des possibles avantages du contrat local par rapport au VIE (volontariat international en entreprise), c'est qu'il peut offrir plus de variétés d'opportunités de carrières locales", souligne Jean-Yves Matz, consultant régional Île-de-France à l'APEC (Association pour l'emploi des cadres). Toutefois, "il est moins protecteur sur le plan social, et ce n'est pas toujours 'un plus' sur un CV s'il n'est pas pensé en lien étroit avec le projet d'origine", prévient le conseiller.


Comment s'y prendre ?

Le plus souvent, les jeunes diplômés qui décrochent un contrat local sont recrutés alors qu'ils sont déjà dans le pays, souvent à la suite d'un premier stage qui leur a permis de tisser un réseau.

C'est le cas de Stéphane, diplômé de l'ENSAM en 2009 et titulaire d'un mastère spécialisé en simulation et réalité virtuelle. Alors que les postes dans ce secteur sont assez rares en Australie, il a réussi à se faire embaucher comme ingénieur en réalité virtuelle par une PME spécialisée dans les "serious games" : "À l'origine, ils cherchaient plutôt un infographiste, mais je les ai convaincus de me prendre..."

Son truc : beaucoup de passion et une savante dose de "personal branding". Pour se faire connaître, Stéphane ne s'est pas contenté d'envoyer des CV : il a créé un site en anglais retraçant son parcours et proposant une petite vidéo sur le projet réalisé pendant son stage dans un centre de recherche australien. "Il est important d'avoir quelque chose à montrer, conseille Stéphane. En Australie, les recruteurs se moquent qu'on sorte de l'une des meilleures écoles françaises. Ils ne les connaissent pas ! L'essentiel est d'être créatif et motivé."

Et de souligner son intérêt pour la destination. "Il sera forcément plus difficile de vous faire embaucher depuis la France si vous n'avez aucun lien, aucun contact avec le pays visé", souligne Manuelle Malot, directrice des carrières et prospectives à l'EDHEC et auteur du "Guide du recrutement international" (éditions A2Cmedias). Difficile, mais pas impossible. Notamment en se faisant aider par une structure comme l'APEC. "Nous accompagnons les jeunes issus de l'enseignement supérieur pour anticiper et préparer leur insertion professionnelle, y compris dans le cas d'un projet de mobilité internationale", précise Jean-Yves Matz.

Sur son site, l'APEC propose des conseils professionnels individualisés et des informations précises par région, par pays, par secteur et par fonction. Elle établit en même temps des liens avec le site civiweb.com et des sites d'emplois spécialisés, en plus des offres d'emploi qu'elle relaye. Très utiles également : des ateliers permettant d'envisager la mobilité internationale.

Notez aussi que certains pays sont plus ouverts que d'autres aux jeunes diplômés français. Par exemple, vu la conjoncture actuelle, il est plus facile de décrocher un contrat en Grande-Bretagne, en Allemagne ou dans les pays scandinaves qu'en Espagne ou en Italie. "L'Asie, avec entre autres la Chine, Hong Kong et Singapour, mais aussi les pays d'Amérique du Sud sont parmi les destinations qui accueillent de plus en plus de jeunes Français. Les États-Unis et le Canada, quant à eux, s'ouvrent de nouveau", signale Manuelle Malot.


Ce qu'il faut savoir avant de partir

Qui dit contrat local dit réglementation, droit de séjour, droit du travail et couverture sociale du pays d'accueil. En clair, votre salaire dépend du niveau de rémunération en vigueur sur le marché de l'emploi local. Il est évidemment variable d'un pays à l'autre. Pour votre protection sociale comme pour vos impôts, la règle de territorialité s'impose. Autrement dit, vous ne bénéficiez plus de la Sécurité sociale française. Avec des exceptions importantes à connaître.

- Si vous séjournez dans un pays de l'Union européenne, vous avez droit à la carte européenne d'assurance maladie. Elle atteste de vos droits à l'assurance maladie et permet la prise en charge de vos soins.

- Sachez aussi que plusieurs pays ont signé avec la France des conventions bilatérales qui vous garantissent certains droits sociaux. Pour plus d'infos par pays, rendez-vous sur le site du Cleiss (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale).
 

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