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Jeunes diplômés : comment valoriser votre année sabbatique

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Après plusieurs années d’études, une fois diplômés, vous avez décidé de prendre une année sabbatique pour vous donner du temps avant de commencer à travailler. Mais comment mettre à profit cette année et la valoriser lors du recrutement ? Réponses d'experts et témoignages de jeunes qui ont tenté l’expérience.

Pour beaucoup de jeunes diplômés, sans obligations familiales et/ou professionnelles, la fin d’études reste le moment propice pour prendre une année sabbatique. "Il faut aller au bout de ses rêves, pour ne pas avoir de regrets une fois entré dans le monde du travail", encourage Christiane Flamant, responsable recrutement chez Areva. C’est pour cette raison que Marie-Aude, une fois sortie diplômée d’HEC, a travaillé pour une association pendant un an. "La fin de mes études me semblait être le bon moment, avant d’avoir une activité professionnelle et d’être bien installée dans ma vie", se rappelle-t-elle.


Une année sabbatique, pourquoi ?


Partir à l’étranger, se perfectionner dans les langues, intégrer une association, devenir bénévole, faire le tour du monde… et après ? "C’est intéressant de prendre une année sabbatique, si l’on en fait vraiment quelque chose. Je l’encourage vivement et pour toutes les filières. Mais il faut des résultats à la clé, sinon ce n’est pas la peine", déclare Wilhelm Laligant, directeur général de Randstad Search and Selection. Pour sa part, Denis Simon, responsable du service "relation entreprises et carrières" de la Faculté libre de droit de Lille, l’envisage comme un moyen de compléter sa formation. "Après avoir enchaîné les années d’études, se laisser un an avant de travailler peut tout à fait se comprendre. C’est justement l’occasion d’apprendre ce que l’on n’a pas appris à l’école, comme une langue rare recherchée dans le monde de l’entreprise. Une telle expérience témoigne d’une certaine force. On montre que l’on est courageux, audacieux et de nature curieuse".


Des compétences à valoriser


Peu importe ce que vous avez décidé d’accomplir pendant cette année, l’important reste de bien vendre votre projet auprès des recruteurs, de montrer en quoi il peut vous servir pour travailler dans l’entreprise. "L’objectif, c’est d’éveiller la curiosité du recruteur, d’être cohérent et capable d’expliquer ses décisions", souligne Cyril Capel, codirigeant de CCLD Recrutement, un cabinet spécialisé dans le recrutement de commerciaux à Lyon.

Sur votre CV, Christiane Flamant conseille de présenter l’expérience de façon claire, en détaillant bien vos activités, comme vous le faites pour la description de vos stages. Lors de l’entretien, expliquez comment cette année vous a permis de mûrir et de vous améliorer sur le plan personnel, par exemple au niveau de votre capacité à travailler en équipe, à vous exprimer clairement, à faire preuve de pédagogie ou d’altruisme dans le cadre d’un projet humanitaire. "Il faut mettre en avant votre ouverture d’esprit et votre adaptabilité", indique de son côté Wilhelm Laligant. Montrez à votre employeur potentiel que vous êtes responsable, courageux et que vous avez su vous débrouiller seul.


Ne vous étendez pas sur le côté "vacances"
 

Pour autant, ne misez pas tout sur cette expérience. Il arrive parfois que les recruteurs ne s’attardent pas sur le sujet, comme l’explique Marie-Aude : "Certains seront très curieux, d’autres moins. Dans tous les cas, rassurez-les sur le fait que c’était un projet ponctuel. C’est souvent ce qu’ils ont besoin d’entendre".

Attention également à davantage marquer le côté découverte, apprentissage, enrichissement de l’expérience que son côté loisirs ou détente, "en expliquant par exemple que vous avez passé votre temps à surfer", remarque Denis Simon. Cette année peut permettre de revenir avec un nouveau regard sur certaines problématiques. Par exemple, un diplômé d’école de commerce a pu découvrir d’autres modes de consommation et avoir à son retour des idées pour développer un nouveau marché. Enfin, même si vous insistez sur le côté positif de l’expérience, ne cachez pas son côté négatif si on vous le demande. "Les recruteurs savent aussi très bien entendre quand il y a eu des erreurs de commises", remarque Christiane Flamant.
 
Les 3 conseils de Cyril Capel, codirigeant de CCLD Recrutement à Lyon

1) Définissez vos objectifs avant de prendre une décision.
"Demandez-vous comment cette expérience peut être utile à l’entreprise ou au secteur que vous visez."

2) Dans votre CV, préférez la formule "année de construction ou de développement" plutôt qu’ "année sabbatique".
"Dans l’inconscient collectif, le terme d’année sabbatique est connoté de façon négative. On pense souvent à un congé pris pour ne rien faire, alors qu’il faut le voir comme un projet réfléchi et construit."

3) Présentez votre année de construction comme une expérience professionnelle.
"Ne la faites pas figurer dans la rubrique "loisirs" de votre CV, elle perdra de son importance et n’aura pas le même impact. Sachez répondre à 4 points : les objectifs fixés, les moyens mis à disposition, les résultats obtenus, et ce que ça vous a apporté."
 

Pour aller plus loin : Prendre une année sabbatique postbac : et après ? / Une année sabbatique au lycée

Sommaire du dossier
Camille, jeune diplômée en journalisme, a effectué un tour du monde : "Dans ma lettre de motivation, j’ai mis en avant ma faculté d’adaptation" Marie-Aude, jeune diplômée d’HEC, a travaillé un an dans une association : "Mon année sabbatique m’a permis de mieux me connaître"