1. La guerre des embauches aura bien lieu
Décryptage

La guerre des embauches aura bien lieu

Envoyer cet article à un ami

Pour une partie des jeunes diplômés, la conjoncture est au beau fixe. Résultat : les entreprises redoublent d’énergie pour attirer et fidéliser cette nouvelle génération, pleine d’envies et… d’exigences. Que veut-elle ? Comment répond-on à ses attentes ? Réponses dans notre dossier.

C’est reparti comme en 2000 ! Après quelques années de vaches maigres suite à l’éclatement de la bulle Internet, les jeunes diplômés ont de nouveau la cote auprès des recruteurs. A quoi doit-on cette embellie ? Notamment au développement des échanges internationaux et aux départs à la retraite massifs des baby-boomers, c’est-à-dire des embauchés dans les années 60. Depuis le temps que l’on en parle… "En 2007, on comptait 30.000 départs de cadres (de ceux qui font valoir leurs droits). Ce nombre va doubler jusqu’en 2015. Par ailleurs, depuis 2004, les entreprises ont repris confiance. Une confiance qualifiée de "durable" en 2008. En France, la crise des subprimes n’a pas eu de répercussions cette année. Il y a donc de réelles opportunités pour les jeunes, même si les remplacements de postes ne se font pas à un pour un", explique Pierre Lamblin, directeur des études à l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), qui annonce 208.000 recrutements en 2007, et s’attend à un record en 2008. Une tendance confirmée par la dernière enquête Besoins en main-d’œuvre (1) : les 1,5 millions d’établissements affiliés à l’assurance-chômage prévoient près de 1,3 millions d’embauches en 2008, soit + 6,1 % par rapport à 2007.

Changement d’ère


L’ère du candidat est donc venue. "Le rapport "nombre de candidats par offre d’emploi" a baissé de moitié en cinq ans. Alors que nous avions de 80 à 100 candidats sur une même offre en 2003, nous en avons moins de 40 aujourd’hui", déclare Pierre Lamblin. Dans les grandes écoles, les étudiants reçoivent même des propositions avant d’avoir obtenu leur diplôme. Par exemple, en 2007, 70 % des étudiants de l’École des mines de Nantes ont été embauchés avant d’entrer sur le marché du travail… Pas de surprise : l’embellie profite d’abord aux diplômés bac + 5 d’écoles d’ingénieurs et de commerce. Mais pas seulement… En période de pénurie de main d’œuvre, les entreprises doivent trouver de nouveaux profils. Et se tournent vers les universitaires. En témoigne l’opération Phénix mise en place en 2007. Cette initiative, qui met en relation des facs et des entreprises (HSBC, Renault, Siemens, L'Oréal…), permet à des diplômés de sciences humaines et sociales de décrocher un emploi, même si leur profil ne correspond pas exactement à celui recherché.

Les rois du monde


Côté fonctions et domaines d’activité, la pénurie touche clairement certains plus que d’autres… Dans le top 3 des secteurs qui recrutent figurent la construction, l’informatique et la banque-assurance. Les services aux entreprises, l’hôtellerie-restauration, l’audit sont aussi des valeurs sûres. Au niveau bac + 5, on recherche des ingénieurs et des managers. "Au niveau bac + 2, on remarque une forte demande des entreprises sur des postes de commerciaux et service clients", assure Rose-Marie Ponsot, directrice générale du cabinet Mercuri-Urval. Si, en plus, vous avez une double compétence technique, vous êtes le roi du monde ! Et vous pouvez vous montrer exigeant.


(1) Enquête Besoins en main-d’œuvre 2008, menée par l’Unedic et les Assedic (avec le concours du Credoc). 

Sommaire du dossier
Ce que veulent les jeunes Les entreprises déroulent le tapis rouge pour les jeunes diplômés Les étudiants américains, champions du marketing made in L'Oréal !