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BAFA : comment s’adapter aux jeunes en difficulté sociale ?

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Vous avez votre BAFA, et vous vous lancez dans vos premiers jobs d’animateur. Comment appréhender les enfants ou ados que vous allez encadrer ? Que faut-il préparer ? Voici une série de conseils extraits du livre "BAFA, Mode d’emploi" d’Olivier Monod, publié aux éditions L’Étudiant.

Les jeunes en difficulté sociale

Comment réagir face à des enfants en situation de handicap ou ayant de graves difficultés sociales ? Les structures organisant des accueils collectifs de mineurs ayant bien souvent une réelle implication sociale, beaucoup d’animateurs sont confrontés à ce genre de situation. Que ce soit dans des centres spécialisés ou au sein d’une structure classique.
Très souvent, les animateurs en centre de loisirs ou en colonie sont amenés à travailler auprès d’enfants en grandes difficultés sociales. Adolescents délinquants en réinsertion, jeunes orphelins en vacances, enfants placés auprès de familles d’accueil ou tout simplement, enfants de familles défavorisées… aider ces jeunes est très valorisant mais ne laisse que peu de place à l’erreur.

Vivre une expérience forte

"J’ai effectué une colonie avec le mouvement ATD Quart monde, se souvient Cécile. On était confrontés à des situations complexes, des enfants qui mouillaient encore leur lit à un âge où d’ordinaire on ne le fait plus. Ce genre de colonies demande un engagement total, il faut donner de sa personne. En rentrant, j’ai dormi pendant 48h d’affilées !" À déconseiller aux animateurs débutants.
Alexandre aime ce type de colonies : "J’ai fait une colonie avec des enfants de douaniers. Je trouvais qu’on n’avait pas assez d’interactions avec les gamins. Je suis donc parti avec les Pupilles de l’enseignement public. Le travail est différent, mais la relation avec les enfants est plus profonde. Il faut savoir être disponible en permanence et rester à l’écoute. En tant qu’animateur, on n’a pas le droit au coup de mou car, à tout moment, un enfant peut faire une crise et avoir besoin de l’attention totale d’un membre de l’équipe pendant que les autres doivent gérer tout le reste. La clé pour réussir, c’est de tout préparer, planifier chaque moment de la journée, afin qu’on sache ce qu’il y a à faire à chaque instant et que les enfants soient toujours occupés."
Pour cet animateur breton, même face aux pires situations, il ne faut pas se substituer à un psychologue et garder en tête que les enfants sont là pour leurs seules vacances de l’année. "On avait eu un cas extrême avec 2 frères. L’un était très violent, agressif et dominateur alors que l’autre passait son temps à se cacher dans les placards… Le comportement du 1er était tel qu’on a envisagé de le virer de la colo. Leur sœur, également présente sur le camp, est venue nous parler de ce qui se passait dans leur famille d’accueil. Ce n’était pas clair. On a préféré prendre sur nous et le garder, plutôt que de le renvoyer en avance là-bas."
Souvent confronté à des situations très dures, l’animateur n’a pas toutes les clés de compréhension et souvent ne connaîtra pas le fin mot de l’histoire. Il doit assurer son rôle au mieux de ses capacités pour le bien-être de l’enfant.

Construire un projet pédagogique

L’accueil en centres sociaux relève bien souvent d’une dynamique pédagogique marquée. De nombreuses structures revendiquent l’éducation populaire comme l’un de leur objectif. Ainsi les centres de loisirs tenus par ces organismes demandent à leurs animateurs de transmettre certaines valeurs aux enfants.
Baptiste Perrin est responsable du secteur petite enfance dans l’association l’Arche de Noé. Son centre de loisirs s’appuie sur la fondation l’Armée du salut et s’implante dans des quartiers lyonnais socialement défavorisés. "Pour moi, l’animateur doit avoir un projet éducatif et pédagogique. Il doit savoir pourquoi il fait cela. Il n’existe pas d’actions neutres. Notre programme s’inscrit dans une dynamique globale et défend un ensemble de valeurs. Nous ne faisons pas d’occupationnel." Dans une telle structure, les jeux mis en place par l’animateur, la manière de les présenter et de les diriger doit s’inscrire dans le cadre pédagogique de l’association. Il faut donc adhérer au corpus de valeurs et savoir le transmettre. Le travail est éducatif.

Savoir surmonter la déception

Nicolas Koster a travaillé dans des foyers de réinsertion de jeunes délinquants. Une expérience enrichissante qu’il ne conseille qu’à des animateurs chevronnés : "Il ne faut pas se lancer directement avec ce public. Il faut être sûr de son fait et de son autorité, car elle sera nécessairement remise en cause. D’autre part, il faut avoir une confiance absolue dans les autres car les jeunes vous déçoivent souvent au début. Lorsque vous construisez quelque chose avec eux et qu’ils ne vont pas au bout ou qu’ils sabotent carrément le projet, il faut être capable de rebondir et de reconstruire. Pour cela, il faut déjà avoir vécu ce genre de déconvenue avec un autre public, afin de pouvoir faire la part des choses."

Cette expérience lui a beaucoup appris sur lui-même et l’a amené à faire évoluer sa manière d’encadrer : "Au début je travaillais avec d’autres animateurs qui étaient plutôt durs. Ils se faisaient respecter physiquement s’il le fallait. Ce que je ne faisais jamais. J’avais l’impression d’avoir construit une relation privilégiée avec les jeunes. Un jour, j’étais seul avec un certain nombre d’entre eux et ils ont commencé à s’agiter et à jeter des trucs par la fenêtre. C’était dangereux, ils pouvaient se faire mal et blesser les passants. Je n’ai pas réussi à les calmer. Ils ne m’écoutaient pas. J’ai donc découvert qu’il fallait parfois savoir faire peur et ne pas nécessairement être aimé pour bien faire son travail…"
Sommaire du dossier
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