1. Le premier emploi plus difficile et plus long à décrocher pour les jeunes diplômés
Décryptage

Le premier emploi plus difficile et plus long à décrocher pour les jeunes diplômés

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Moins de trois ans après avoir décroché au moins un bac, près de la moitié des jeunes était toujours à la recherche d’un emploi en janvier 2014, selon le 3e "Baromètre de l’humeur des jeunes diplômés" Deloitte/Ifop. Le manque d’expérience professionnelle vient, selon eux, en tête des facteurs nuisant à leur insertion professionnelle. Et ils pointent leur difficulté à trouver des annonces correspondant à leur profil. Résultat? Près de 6 jeunes interrogés sur 10 ont peu ou pas d’espoir d’être embauchés dans les six mois.

Les jeunes ayant le bac ou un diplôme de l'enseignement supérieur s'insèrent plus difficilement. À peine plus de la moitié (51 %) de ceux qui ont décroché leur diplôme depuis moins de trois ans occupe actuellement un poste en entreprise, comme le révèle le troisième "Baromètre de l'humeur des jeunes diplômés" réalisé par le cabinet Deloitte avec l'institut de sondages Ifop en janvier 2014.
Lors des deux précédents baromètres, leur taux d'insertion était stable et un peu plus élevé (55 %) que cette année.
 

27 CV en moyenne pour un emploi
 

Trouver un emploi prend également plus de temps. En moyenne, les jeunes diplômés en quête d'un job en janvier 2014 avaient débuté leurs démarches six mois auparavant, soit sept semaines de plus que les jeunes interrogés il y a un an.
Et l'allongement de la durée de la recherche n'augmente pas pour autant le nombre d'entretiens d'embauche. À ce niveau-là, rien ne bouge : les jeunes diplômés en quête d'emploi en décrochent toujours trois en moyenne.

A contrario, ce qui a considérablement augmenté depuis l'an dernier, c'est le nombre de candidatures avant de décrocher un emploi : 27 CV envoyés en moyenne pour les jeunes en poste en 2014, contre 16 en 2013. En la matière, les filières courtes s'avèrent plus efficaces. Les diplômés de bac+2 n'ont envoyé "que" 16 CV pour décrocher leur poste actuel.
 

Les plus diplômés sont les plus confiants


Dans ce contexte de dégradation du marché de l'emploi et de raréfaction des annonces, les plus diplômés accusent moins le coup. Près de 70 % des titulaires d'un 3e cycle (doctorat) et plus d'un diplômé d'une grande école sur deux croient en leurs chances de décrocher un emploi dans les six mois à venir, contre 37 % des diplômés d'IUT (institut universitaire de technologie).

Il faut dire que seul un quart (24 %) des diplômés des grandes écoles n'était pas encore poste en janvier 2014, moins de trois ans après avoir obtenu leur diplôme. Pour ce qui concerne les titulaires d'un doctorat, leur indice de confiance est d'autant plus étonnant que 50% de ceux qui cherchent toujours un emploi n'ont décroché aucun entretien en plus de 5 mois.
 

Pragmatiques


Dans l'ensemble, c'est le pragmatisme et la sécurité qui l'emportent. Près de deux tiers des jeunes interrogés, en poste ou non, estiment que l'emploi est d'abord un moyen de gagner sa vie. C'est même la priorité affichée pour les trois quarts de ceux qui sont issus d'une filière courte. Une fois en poste, la sécurité prime. Près de 6 jeunes sur 10 souhaitent continuer à travailler dans leur entreprise actuelle, dans laquelle les trois quarts occupent un CDI (contrat à durée indéterminé) et presque toujours un temps plein (88 %).

L'encadrement juridique des contrats figure d'ailleurs sur le podium des principaux arguments que les jeunes attribuent à la France pour leur avenir professionnel, après le dynamisme de leur secteur d'activité et la qualité de vie. Alors que la génération Y est souvent présentée comme plus soucieuse de l'intérêt immédiat de son travail que de sa carrière et plus infidèle à l'entreprise, ce baromètre en dessine un autre visage. Seul un petit quart (24 %) du panel estime que l'emploi est avant tout une source d'épanouissement personnel.
 

Plus du quart des jeunes en quête d'emploi envisage de quitter l'Hexagone
81 % des jeunes diplômés jugent que la France possède encore des atouts pour leur avenir professionnel et un quart en sont convaincus (25 %). Cela n'empêche pas un quart (27 %) de ceux qui recherchent un emploi d'envisager leur avenir professionnel à l'étranger. Une envie que caressent même 45 % des titulaires d'un diplôme universitaire de 3e cycle (doctorat) en quête d'emploi. Parmi les destinations jugées les plus attractives par les jeunes envisageant d'aller voir ailleurs, les pays émergents d'Asie n'apparaissent qu'à la marge. Le Canada occupe la plus haute marche du podium et coiffe les États-Unis, suivis par le Royaume-Uni et l'Australie.

Leurs principales motivations ? Travailler dans un environnement culturel différent, dans un milieu professionnel plus positif, maîtriser une langue étrangère, gagner plus ou encore enrichir leur CV. Si près de la moitié des jeunes souhaitant partir envisagent une expatriation d'une durée de un à cinq ans, ils sont tout de même 28 % à projeter d'y faire toute leur carrière. Cette dernière option est surtout envisagée par les jeunes en recherche d'emploi issus d'un cursus court. Les sortants de grandes écoles ou de cursus longs à l'université considèrent plutôt l'expatriation comme une expérience de courte durée.

A noter que l'envie de départ est nettement moins forte chez les jeunes en poste. Seuls 8% d'entre eux rêvent de partir à l'étranger.