Les débuts de Marine, jeune diplômée en tourisme

Par Céline Manceau, publié le 02 Juin 2009
6 min

Originaire d’Evreux, Marine a souhaité, après des études parisiennes, retourner dans sa région. Pas facile alors de trouver un travail... Après trois années passées à l’Institut supérieur du tourisme (IST), elle possède un BTS animation et gestion touristiques locales (AGTL) et, pas tout à fait encore, un european bachelor in international tourism management (il lui reste à trouver un stage et rédiger un mémoire pour valider son année). "L’école disposait d’offres d’emplois mais principalement en région parisienne ou à l’étranger. Il a donc fallu que je me débrouille seule", assure la jeune femme aujourd'hui âgée de 24 ans.

Elle voulait revoir sa Normandie


Son rêve de Normande est de décrocher un poste à Center Parcs à Verneuil-sur-Arve dans l’Eure (27). "Je leur ai envoyé au moins quatre candidatures pour un stage pendant mon BTS et mon année de bachelor, mais je n’ai jamais eu de réponse", se souvient Marine.

Candidatures spontanées et intérim. Elle commence alors une recherche active, en juin 2007, en envoyant des candidatures spontanées à des agences de voyages du département et de Rouen (76) dont elle trouve les coordonnées sur le Web. Munie de son CV, elle se rend aussi dans les trois agences d’intérim d’Evreux. "J’ai été déçue, raconte-t-elle. Deux d'entre elles m'ont dit que ce n’était pas la peine de venir, qu’il fallait que je mette mon CV sur Internet." Chez Adecco cependant, elle passe un rapide entretien (10 minutes) avant de repartir chez elle passer un test d’anglais en ligne.

Sur l’autoroute des vacances


Deux semaines plus tard, elle est contactée pour une courte mission. "Pendant trois jours, je devais compter les voitures dans le centre ville pour un projet de déviation. Puis l’agence m’a très vite proposé un CDD de 20 heures par semaine." C’est le Comité régional de tourisme (CRT) de Normandie qui recrute pour juillet et août. Marine devra renseigner les automobilistes de l’A13, sur l’aire de repos de Vironvay, située à environ 35 kilomètres de chez elle.

Entretiens en anglais. Pour décrocher le job, Marine passe un entretien en deux temps. "J’ai d’abord été reçue par deux personnes du CRT qui m’ont posé des questions sur la région que je connais bien, heureusement. Ensuite, j’ai eu un entretien en anglais avec une de leurs collègues britanniques qui m’a demandé, par exemple, quel souvenir typique du coin je conseillerais de rapporter ou ce que je proposerais à une famille anglaise qui vient pour une semaine."

Un coup de fil "test" de Center parcs. Marine s’en sort plutôt bien mais reste "toute étonnée" quand elle apprend être embauchée. Elle débute alors son nouveau travail mais prévoit déjà l'après-contrat en envoyant, début juillet, une nouvelle candidature à Center Parcs… qui lui répond pour la première fois ! "Début août, j’ai eu un coup de fil. J’ai su que mon CV était bien arrivé mais… qu’il n’y avait pas de poste pour moi. Deux jours après, j’ai de nouveau été appelée, mais avec une proposition de poste. Je pense que ce premier contact devait être un test."

Au cœur du bocage


Marine, âgée à l’époque de 22 ans, se rend alors à ce qu’elle considère comme son "premier vrai entretien d’embauche".

Marine à son poste au campingUn entretien destabilisant, mais concluant. "C’était dur, explique-t-elle. La personne en face de moi essayait de me mettre en situation pour me faire réagir face à des réclamations de clients mécontents. Elle voulait sans doute évaluer ma nature plus que mes compétences. J’ai eu le sentiment d’être jugée." Marine doit aussi répondre à des questions plus classiques, telles que : "Quelles sont vos trois qualités et vos trois défauts ?" ou "Comment définiriez-vous la notion d’accueil ?". Elle doit aussi converser un moment en anglais.

Marine à son poste actuel au camping quatre étoiles de Carnac

D’un naturel plutôt réservé, Marine n’est pas à l’aise. "La responsable du recrutement prenait beaucoup de notes et m'a notamment questionnée sur ma capacité à m'intégrer, puisque je n'avais jamais travaillé en équipe."

D'abord un CDD de trois mois. Marine sort de l’entretien très pessimiste. Quand deux jours plus tard, elle apprend qu’elle est prise pour un CDD de trois mois d’hôtesse-réceptionniste, elle n’en revient pas. Elle quitte le CRT le 19 août au soir et débute, dès le lendemain, à Center Parcs.

Cap sur la Bretagne


Le CDD se transforme en CDI, mais... Elle y restera finalement 18 mois pendant lesquels elle appréciera l’ambiance de travail et l’entraide entre les collègues. Mais elle sera aussi confrontée à l’agressivité de certains clients et à des horaires parfois lourds. "Dans le tourisme, il faut savoir s’adapter et être disponible les week-ends, car les contrats sont de 35 heures, mais annualisées." Marine se rend compte aussi que pour évoluer dans l’entreprise, il lui faudra changer de site. Une concession qu’elle n’est pas envie de faire. Dans le même temps, son ami s’apprête à partir en Bretagne. Elle choisit alors de démissionner pour le rejoindre.

... retour (momentané) à la case "Recherche d'emploi". Quand elle quitte Center Parcs, en mars 2009, cela fait déjà plusieurs semaines qu’elle cherche de nouveau du travail. "J’avais mis des critères de recherche sur le site du Pôle emploi [anciennement ANPE] pour recevoir des annonces. Mon choix portait sur toute la Bretagne et les postes d’agent d’accueil, d’accompagnateur de groupes, de secrétariat et puis aussi de commercial. Au départ, je cherchais surtout autour de Saint-Brieuc et je commençais à me décourager, à envisager de reprendre une formation dans n’importe quel domaine, quand mon copain est parti dans le Morbihan."

Un casting pour le camping


Dans cette région très touristique, Marine se dit qu’elle aura plus de chances de trouver un emploi en rapport avec son BTS, axé sur la mise en valeur du patrimoine.

Un entretien du jour au lendemain. Très vite, elle repère une annonce sur le site du Pôle emploi. Le camping quatre étoiles de la Grande Métairie, à Carnac, recrute une personne pour l’accueil. "J’ai répondu par mail et j’ai été convoquée, quatre jours plus tard, pour un entretien dès le lendemain." Un entretien qui la prend un peu au dépourvu. "Je n’avais pas vraiment eu le temps de le préparer et je ne m’attendais à pas à ce qu’on me dise : "Présentez-vous"." Pourtant, le poste étant à pourvoir d'urgence, Marine est embauchée d'emblée.

"Mon travail ressemble beaucoup à celui que j’avais à Center Parcs, mais mon poste est saisonnier : il s’achève le 31 août", précise-t-la jeune femme lucide. Une précarité qui contraint Marine à poursuivre sa recherche d’emploi, via l’ANPE, mais aussi par le biais de "la presse locale avec ou des sites comme comme monster.fr ou sourcea.fr."

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