Les débuts de Pierre, jeune diplômé en jeux vidéo

Par Sophie de Tarlé, publié le 25 Avril 2009
5 min

Fan de jeux vidéo, Pierre Autissier, 25 ans, a désormais peu de temps pour s’adonner à sa passion… en dehors de son travail chez Ubisoft ! "Level artist" pour le deuxième éditeur européen du secteur, il revient sur son parcours, depuis sa sortie de Lisaa, école privée reconnue par le ministère de la Culture. 

Cela fait maintenant deux ans et demi que Pierre travaille dans les studios d’Ubisoft à Montreuil, aux portes de Paris. Cette société française de développement et de distribution de jeux vidéo créée par les cinq frères Guillemot originaires du Morbihan, est devenue en 20 ans le deuxième éditeur européen du secteur. Ses jeux stars, vous les connaissez sans doute : Prince of Persia, Rayman, Les lapins crétins… Ravi de ses fonctions de "level artist", Pierre s’occupe plus particulièrement des décors des jeux. Il partage son bureau avec 150 personnes, tous sur le même plateau. "Cela permet de se parler plus facilement, car le jeu vidéo est d’abord un travail d’équipe », explique ce passionné.

Une formation spécialisée après un bac STI


Comment Pierre en est arrivé là ? Il a fallu d’abord convaincre son père et sa mère, qui travaillaient respectivement dans la finance et les assurances et qui l’auraient plutôt vu sur un créneau a priori plus sérieux, "comme le droit ou la médecine". C’est une fois son bac STI arts appliqués en poche, qu’ils ont finalement ont accepté de financer ses études à Lisaa, une école privée parisienne reconnue par le Ministère de la culture. "Il y avait aussi l’Enjmin (Ecole nationale du jeu et des medias interactifs numériques), mais Lisaa me convenait mieux, car on y fait plus de dessin", explique le jeune homme. Et Pierre adore dessiner : depuis l’âge de 15 ans, il faut du dessin et du modelage dans un atelier.

Face aux recruteurs, c’est book de dessins, rendus en 2D de projets réalisés


Une fois diplômé, le jeune homme doit trouver un stage. "A l’école, je participais à des conférences comme celles données à l’occasion de E.magiciens, le festival européen de la création numérique, ou à des concours organisés par le Cube, un centre de création des Hauts-de-Seine. Cela m’a permis de mieux connaître les entreprises et les métiers du jeu vidéo", raconte t-il. Il envoie alors sa candidature chez Lexis numérique, une agence en conseil et création en communication interactive et multimédia, qui avait une grosse expérience dans les jeux éducatifs et d'énigmes sur pc (click and play). "J’ai répondu à une offre d’emploi parue sur le site de l’AFJV (Agence française pour le jeu vidéo)". Sa candidature retenue, Pierre se présente avec son book de dessins, des rendus en 2D (deux dimensions), ainsi que des projets faits à l’école. Car dans le jeu vidéo, il est important de montrer concrètement ce que l’on sait faire : le CV et la lettre de motivation ne suffisent pas. "J’avais participé à beaucoup de micro-projets pendant ma scolarité. Cela m’a permis de montrer un certain nombre de choses intéressantes… en tout cas suffisantes pour intéresser un recruteur". Il y restera neuf mois.

Une fois le jeu terminé, Pierre doit partir (avant de revenir !)


Chez Lexis Numérique, Pierre travaille notamment sur le jeu Alexandra Ledermann, un autre best seller d’Ubisoft. Il arrive en effet que les éditeurs fassent développer une partie de leurs jeux à des petites sociétés. "J’ai trouvé très enrichissant de faire mes premières armes dans une petite boite. J’ai pu toucher à tout et avoir une vision très large du métier", explique le jeune homme. Après son stage, il passe un entretien chez Ubisoft (enfin !) pour le projet "Red Steel", un jeu de tir où la fiancée du héros se fait kidnapper par des Yakuzas (mafia japonaise). Il y restera un an, mais c’est la loi dans ce métier, une fois le jeu terminé, Pierre doit chercher autre chose. Il rentre alors chez Game Consulting, un sous-traitant parisien, dédiée à l'industrie du jeu vidéo et des nouveaux media. "J’avais envoyé une candidature spontanée, et mes expériences les intéressaient, en particulier celle chez Ubisoft, car l’un de leurs projets correspondait à ce que j’avais déjà fait, et puis j’étais déjà formé aux logiciels". Là, il réalise un "map", c'est-à-dire un niveau de jeux, pour des sociétés plus importantes. "J’ai travaillé par exemple pour la société américaine Epic Games, pour la réalisation du jeu Unreal Tournament 3. C'était un travail long et minutieux car la technologie et les attentes graphiques étaient très poussées. Enfin, il retourne à Ubisoft (cette fois sera la bonne), qui est devenue depuis, sa deuxième maison. Sur quoi travaille t-il exactement ? Chut… c’est un secret ! 

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