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Coaching

Mémoire, rapport de stage : les relations avec le tuteur

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Pour le mémoire comme pour le rapport de stage, la fréquence et le contenu des rendez-vous entre l’étudiant et le professeur varient énormément. Comment faire pour que tout se passe bien ? Et que faire si ça se passe mal ? Les conseils de Myriam Greuter, extraits de Bien rédiger son mémoire ou son rapport de stage, publié aux éditions l’Etudiant.


D'une entrevue par semaine à aucune en quatorze mois dans le cas de Louis, étudiant en lettres modernes (« Un record ! »), des comptes rendus réguliers à l'autonomie totale, les relations entre élève et professeur varient selon la filière, l'époque de l'année, l'établissement et bien sûr l'enseignant et l'étudiant eux-mêmes.

Pour le rapport de stage, une visite du tuteur enseignant est souhaitable, mais pas toujours possible. Pour le mémoire, « il n'est pas recommandé d'arriver avec son travail fini », précise Françoise, enseignante au CELSA (École des hautes études en sciences de l'information et de la communication).


Entretenir de bonnes relations avec son tuteur

L'idéal, selon Mariane, professeur de littérature française : six entrevues en un an. Encore une fois, tout cela reste très personnel. On peut cependant dégager quelques règles générales.

Les professeurs très maternants sont rares : le mémoire et le rapport de stage sont des exercices solitaires. Les enseignants sont là pour réorienter la réflexion, non pour la mener à votre place. Comme l'explique Sébastien, étudiant en philosophie : « Le professeur doit guider et circonscrire l'analyse, non pas en donner le contenu. » Il ne faut donc pas s'attendre à une présence constante du tuteur.

L'étudiant est obligé de faire preuve d'autonomie et d'initiative : c'est même l'un des grands mérites pédagogiques du rapport et du mémoire. Plus il manifestera ce genre de qualités, plus le tuteur sera prêt à lui prodiguer son aide.

• Dans les moments critiques, le besoin de conseils ou d'encouragements est toutefois légitime. L'étudiant est en droit de réclamer un encadrement pour les étapes importantes de son travail : choix du sujet ou du stage, plan, première partie... De même dans les moments de passage à vide (mais pas à tout bout de champ, encore une fois).

• De manière générale, les entrevues avec le tuteur enseignant seront rares. Raison de plus pour les préparer : apportez des documents attestant de la tournure que prend votre travail (plan ou ébauches de rédaction), et prenez la précaution de noter noir sur blanc vos questions. Cela vous évitera d'en oublier et vous permettra de séparer les vrais problèmes des angoisses vagues (dont vous avez cependant le droit de parler à votre tuteur !).

De même, notez soigneusement au fur et à mesure tous les conseils que votre enseignant vous donne. Si vous n'êtes pas sûr d'avoir bien compris, faites-le répéter : il vaut mieux avoir l'air bête cinq minutes plutôt que de rentrer chez soi avec des informations parcellaires ou incompréhensibles, bref, inutilisables.

• Si votre tuteur n'est pas en mesure de vous corrigerau cours de l'année, demandez à un proche de contrôler l'avancement de votre travail.


Et si ça se passe mal ?

Les rapports avec votre directeur de recherche ou l'entreprise dans laquelle vous effectuez votre stage peuvent ne pas se dérouler comme prévu. Dans ce cas, rien ne sert de paniquer, il existe des solutions de repli.

fleche-rouge En cas de difficultés avec le professeur responsable

« Ma directrice de recherche était la spécialiste incontestée du thème de mon mémoire. Malheureusement, elle était aussi épouvantablement dogmatique : seule comptait sa vision des choses. Manque de chance, je n'avais pas les mêmes idées, et je comptais bien mener une recherche personnelle sur ce sujet qui me tenait très à cœur », raconte Sébastien, étudiant en master de philosophie. Résultat : après une lettre de mise au point, très mal accueillie par sa tutrice, Sébastien a trouvé un autre directeur de mémoire au mois de mai. Ce changement a été purement formel : le nouveau tuteur n'étant pas spécialiste du sujet, Sébastien a en fait conduit sa recherche dans une solitude totale.

Le changement d'enseignant constitue donc la dernière solution, quand la situation est vraiment désespérée.

fleche-rouge Parlez-en

De manière générale, si vous constatez des divergences avec votre enseignant, la première chose à faire est évidemment d'aller lui parler rapidement : pour réclamer plus de suivi, ou pour réexpliquer et justifier vos idées sur votre sujet de recherche.

N'oubliez pas que la majorité des professeurs assurent une permanence hebdomadaire régulière, en général deux heures par semaine. Les horaires sont affichés. Le cas échéant, vous pouvez aussi chercher à parler avec votre directeur de recherche à la sortie du séminaire qu'il anime. Mais encore une fois, évitez de le harceler !

fleche-rouge Trouvez un consensus

Essayez de trouver un consensus : si vous vous plaignez du peu d'encadrement, rappelez-vous d'abord que vous devez absolument faire preuve d'autonomie. Vérifiez bien que vous ne sollicitez pas trop votre tuteur, que son aide ou ses encouragements vous sont, au moment présent, vraiment vitaux. N'en doutez pas, plus vous manifesterez de courage, d'initiative, de persévérance, « d'acharnement, même » comme le dit Louis, plus la sollicitude de votre tuteur sera grande.

Si votre directeur joue l'Arlésienne au moment où vous avez cruellement besoin de lui, trouvez d'autres moyens : envoyez-lui un e-mail ou déposez dans son casier une note écrite résumant votre embarras, avec votre numéro de téléphone. Lors d'une explication orale, « restez modeste et respectueux », recommande Mariane.

Si le désaccord est irrémédiable, vous pouvez aussi jouer la carte du pragmatisme : « En cas de grande crise, adoptez le point de vue du prof : c'est lui qui notera le travail d'un an ! » conclut Louis, étudiant en lettres modernes.

fleche-rouge Changez de tuteur

Le chef des travaux ou le professeur principal peuvent également servir d'arbitre, surtout si l'équipe des professeurs est réduite (BTS, DUT) : « On arrive toujours à gérer des divergences si l'on amène des arguments », affirme Michel, professeur en BTS technico-commercial. En dernier recours, l'étudiant peut changer de tuteur : la procédure n'est cependant pas toujours très aisée, et le relais peut ne pas fonctionner, comme dans le cas de Sébastien, qui a dû accepter d'être ensuite livré à lui-même.

fleche-rouge En cas de difficultés avec l'entreprise

« Durant son stage, une de nos étudiantes s'est trouvée complètement mise à l'écart : le grand chef était toujours absent et ses collègues ne lui faisaient pas confiance. Le problème est qu'elle n'a osé en parler à aucun de ses deux tuteurs », soupire le responsable des stages d'un IUT.

Ne pas prendre le premier stage venu est bien la meilleure garantie contre les abus. Ceux-ci sont malheureusement assez fréquents : raison de plus pour faire l'effort de se renseigner sur la politique des stages de l'entreprise avant de se décider. « Le mieux est encore de demander au responsable de définir la mission par écrit, comme une sorte d'engagement de sa part », explique Corinne, professeur en DUT techniques de commercialisation.

fleche-rouge Demandez à votre enseignant de vous rendre visite

Si le problème persiste, contactez votre tuteur enseignant : il parviendra certainement à mettre au point les modalités de votre stage avec le tuteur de l'entreprise. Il peut en fait jouer un rôle de médiateur pour améliorer les relations, l'encadrement et les tâches, quitte à vous faire adopter un nouveau projet de stage. En dernier recours, vous pouvez éventuellement arrêter le stage et demander à changer d'entreprise.

Dans tous les cas, il est exclu de ne pas prévenir de son départ : il serait très mal vu par exemple de ne plus venir du jour au lendemain, sans un mot d'explication. « Il n'est cependant pas facile de trouver un autre stage "à la volée", prévient Patrice, enseignant en DUT génie civil. Par chance, les cas sont rares. »

fleche-rouge Proposez votre aide

En dehors des éventuelles visites du tuteur enseignant, si vos relations avec l'entreprise se détériorent sensiblement, prenez votre courage à deux mains et parlez-en à votre maître de stage : cela vaut mieux que de passer deux mois abandonné dans votre coin, à n'accomplir que des tâches ingrates. Proposez votre aide dans un domaine qui vous intéresse, et dites-vous bien que votre demande est légitime.

Rapport de stage : la complémentarité de deux tuteurs

 

Comme le dit Patrick, enseignant en DUT techniques de commercialisation à Sarcelles, « la complémentarité des deux tuteurs s'explique d'elle-même devant la dualité des tâches à remplir : le rapport de stage d'une part, la réalisation professionnelle d'autre part ».

En clair, les étudiants ont deux tuteurs, l'un enseignant, l'autre professionnel, parce qu'on leur demande deux travaux différents : d'abord, une mission dans l'entreprise, ensuite un rapport. Le stage en lui-même a un but professionnel ; l'objectif de l'entreprise est d'ordre économique. Le rapport, quant à lui, a pour fonction d'analyser une expérience ; son but est d'ordre pédagogique.

Concrètement, le tuteur entreprise aide et encadre l'étudiant sur place, il veille au bon déroulement du stage : en un mot, il assure la formation du stagiaire. Le tuteur enseignant peut lui aussi être amené à aider l'étudiant si celui-ci est bloqué, s'il ne trouve pas la réponse dans l'entreprise, mais il est surtout là pour le guider dans la rédaction de son rapport de stage. Il veille à ce que les exigences du diplôme soient bien respectées. « En cas de conflit, ajoute Yves, professeur en IUT, l'enseignant peut également avoir un rôle de contrôle et de médiation. »



DRPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Bien rédiger son mémoire ou son rapport de stage", par Myriam Greuter.

Pour aller plus loin : Mémoire, rapport de stage : les contraintes et les bons côtés / Mémoire, rapport de stage : la rédaction, un acte de communication / Mémoire, rapport de stage : la rédaction, un enjeu affectif / Mémoire, rapport de stage : l’épreuve de la soutenance