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Enquête

Audit et conseil : une tradition de cooptation

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Vous venez d’être embauché grâce à un ancien camarade de formation qui a recommandé votre CV à son employeur ? Félicitations, vous avez été coopté ! Votre “copain d’avant” a même sûrement reçu une prime pour ce service rendu à l’entreprise. Enquête sur ce phénomène qui devient un mode de recrutement à part entière.

La cooptation est ancrée dans les habitudes de recrutement des sociétés d’audit et de conseil (informatique, management, ressources humaines, télécommunications…). Elles ont en commun la particularité de recruter en masse, notamment des jeunes diplômés, et d’avoir un turnover élevé.

“La cooptation est partie intégrante de notre recrutement et prend toute son importance quand le marché de l’emploi est plus tendu, explique Isabelle Grevez, directrice du recrutement de PwC. D’ailleurs, nous entrons dans une phase de redécollage très net des recrutements, et nos collaborateurs vont bientôt recevoir une animation amusante sur leur portable pour leur rappeler les règles de la cooptation.” En 2011, Isabelle Grevez espère que la cooptation représentera 15 à 20 % des recrutements de personnes expérimentées (un an d’expérience et plus).

Un canal de recrutement complémentaire


Chez Sogeti, filiale de Capgemini, la cooptation représente également près de 15 % des recrutements. “C’est un canal en plus des sites d’emploi et des réseaux sociaux”, déclare Sofia Belhaddad, chargée de recrutement.

Soirées cooptation. Une fois par semestre, Sogeti organise une soirée cooptation. “Nous communiquons à ce sujet sur les réseaux sociaux et nous envoyons un mailing aux collaborateurs, pour les inciter à inscrire leurs proches. La rencontre prend la forme d’un cocktail, de 18 heures à 20 heures, et nous pouvons parler avec les candidats autour d’un verre, de façon informelle. Pour la dernière soirée, nous avons eu 23 inscrits pour la BU (Business Unit) finance que je représente, 17 sont venus et 6 ont été embauchés”, se réjouit Sofia Belhaddad.

Une pratique formalisée. Dans ces entreprises où la cooptation est encouragée, cette forme de recrutement est aussi institutionnalisée. “Un collaborateur qui souhaite nous recommander une de ses connaissances doit nous envoyer son CV et remplir une fiche de cooptation en répondant à trois questions : Pourquoi est-ce que vous le cooptez ? Comment l’avez-vous rencontré ? Sur quel poste le projetez-vous ? Pendant le processus de recrutement, nous le tenons informé pour l’impliquer jusqu’au bout”, explique la DRH de Keyrus, Rebecca Meimoun.

Et dans les autres secteurs ?


Hors de l’audit et du conseil, la cooptation n’est pas une pratique très répandue. Elle peut même être plutôt découragée dans certaines grandes entreprises. Point de vue d’une attachée de presse d’un groupe énergétique : “Nous recevons déjà beaucoup de candidatures, parmi lesquelles certaines sont excellentes, nous n’avons donc pas besoin de recruter par cooptation. Bien sûr, il n’est pas interdit de faire passer un CV, mais nous demandons toujours aux personnes qui nous sont recommandées de postuler également sur notre site Internet.”

Dans certains secteurs, si l’effet réseau peut fonctionner, les procédures de cooptation sont moins huilées. Thibault Marque, diplômé de l’EFAP en 2005, peut en témoigner : “J’ai croisé par hasard un ancien de l’école qui travaillait chez France 2 et il m’a proposé de passer mon CV aux ressources humaines. Après un ou deux entretiens, j’ai été embauché et j’ai alors enchaîné des contrats un peu précaires pendant deux ans. Mon copain avait déjà fait entrer quelqu’un de l’EFAP avant moi. Mais il n’a jamais reçu de récompense !”
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