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Témoignage

Jobs d'été, jobs étudiants : saisonniers à Saint-Tropez

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Clémence, Benjamin, Maud-Solène et Xavier, quatre étudiants, passent l’été à Saint-Tropez… pour travailler. Rythmes fous, gros pourboires, problèmes de logement : ils racontent leur quotidien au pays des stars.

Intense. Tel sera l’été de Maud-Solène, 20 ans. Cette étudiante en deuxième année de droit à Bordeaux est commis de salle au restaurant le Papagayo, sur le port de Saint-Tropez, depuis le 1er août 2008 et pour un mois au moins. "J’assiste le chef de rang pour que son service soit fluide. Je mets en place les tables, je débarrasse, j’apporte les boissons, etc.". La jeune Bordelaise travaille de 9 heures à 17 heures. Mais sa journée ne finit pas là… "A 18 heures, j’enchaîne avec un deuxième boulot au Pirata Beach jusqu’à 2 ou 3 heures du matin. J’y fais des extras en tant que serveuse qui me rapportent 80 € la soirée". Ereintant… "Au début, on zone. On n’a qu’une envie, c’est de se coucher. Mais petit à petit, on prend le coup, on ne sent plus la fatigue. Personnellement, je n’ai recours à aucun dopant. Mais je sais que certains se surmènent et finissent par se droguer pour tenir. Ici, il faut se fixer des limites".

Grosse demande des patrons


Maud-Solène ne se plaint pas. "Au moins, je ne suis pas enfermée dans un bureau. Et puis je gagne pas mal... A Saint-Tropez, le minimum, c’est 2000 € en moyenne par mois. En dessous, cela ne vaut pas le coup, c’est bidon. Pour ma part, en plus de mon salaire fixe, je touche 150 € de pourboire par jour. Travailler ainsi suffit à financer mon année. Je n’ai pas besoin de reprendre ensuite un job à mi-temps".
Selon l’étudiante, le manque de bras dans l’hôtellerie-restauration se fait sentir à Saint-Trop’. "Les gens tournent de maison en maison car ils ne tiennent pas le rythme ou trouvent un endroit où se faire plus d’argent. Les patrons sont donc très demandeurs. Le Papagayo, c’est le premier endroit où je suis venue quand je suis arrivée en juillet. Je me suis reposée deux jours et j’ai été embauchée. Pour les extras, on peut trouver dans la journée pour le soir même. Il suffit de se lancer".

A Saint-Trop’, on n’improvise pas ses sorties


Finalement, le vrai problème ne serait pas de trouver du travail mais un logement… "C’est super cher… Moi, j’ai de la chance d’habiter chez un copain. Mais une copine paie 800 € par mois pour 20 m2. Il faut revenir, année après année, pour trouver de mieux en mieux".
Autre point noir pour Maud-Solène : "Ici, je me sens comme une "paysanne". Je vois plein de filles habillées en Gucci et je me dis que je ne peux pas sortir avec mes fringues de Bordeaux. A Saint-Tropez, on n’improvise pas sa soirée, on la prépare". De toute façon, la jeune fille n’a pas vraiment le temps de profiter de la vie du village. "Quand je ne travaille pas, je dors !" Et les stars ? "Je les vois seulement dans les magazines people".

Le Papagayo, résidence du Port, 83390 Saint-Tropez. Tél. 04.94.79.29.50. 

Sommaire du dossier
Jobs d'été, jobs étudiants : Benjamin, plagiste au Club 55 Jobs d'été, jobs étudiants : Clémence, gardienne au musée de l’Annonciade Jobs d'été, jobs étudiants : Xavier, vendeur de glaces chez Barbarac