Inscriptions fictives à l’université : Emma, inscrite à Paris 12 pour faire un stage de juriste

Par Camille Stromboni et Emmanuel Vaillant, publié le 24 Novembre 2011
2 min

S’inscrire à l’université uniquement pour obtenir une convention de stage, c’était possible jusqu’en 2010, année charnière de mise en place du décret interdisant les stages hors cursus. Et aujourd’hui ? Le phénomène des "étudiants fantômes" est en perte de vitesse, sans pour autant disparaitre. Témoignages.

"Manque d’expérience !" Telle est la rengaine des recruteurs à laquelle Emma, 26 ans, a dû faire face en sortant de son master 2 de droit des affaires à Paris 12. "J’avais fait 3 stages de 3 mois, mais ils étaient systématiquement perçus comme de la simple observation, et donc insuffisants".

Décidée à se "construire un CV", cette jeune diplômée abandonne alors la recherche d’emploi pour une recherche de stage. Pour obtenir une convention de stage, elle s’inscrit à la rentrée 2010 auprès de son université en année de préparation au concours du barreau… sans aucune intention de devenir avocate.

"Cette année préparatoire compte 4 fois plus d’inscrits que de candidats au barreau, assure-t-elle. Aucune assiduité n’est exigée. L’administration de la fac se doute bien que ces inscriptions servent à décrocher des conventions. Ils savent les difficultés à trouver un premier poste, et que les stages aident à cela…"

Sa convention en poche, Emma a effectivement décroché un stage de 6 mois en tant que juriste dans une PME - "Un vrai travail de juriste m’était demandé, payé 400 € par mois !". Mais la jeune femme ne regrette pas et s’inscrit à nouveau à la fac à la rentrée suivante… juste avant d’être embauchée en CDD pour 6 mois, puis en CDI, dans sa spécialité du droit des affaires. Avec l’expérience en plus !

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