Les écoles parfois contraintes de prolonger les conventions de stage

Par Camille Stromboni, publié le 09 Decembre 2009
4 min

Ils ont fait une (très) bonne école de commerce et pourtant… ils prolongent leur stage de fin d’études. Une démarche souvent pragmatique sur un marché de l’emploi qui ne répond pas à leurs attentes et une tendance qu’accompagnent, faute de mieux, les établissements.

Défenseur des droits des stagiaires depuis quelques années, Génération Précaire s’oppose vigoureusement à cette nouvelle tendance chez les jeunes diplômés des grandes écoles de commerce. "Quand les stages se multiplient après le diplôme, in fine, c’est forcément des emplois juniors qui disparaissent. C’est un effet global qui aboutit à un système bancal", estime Guillaume, l’un des porte-parole du collectif. Outre les entreprises, il pointe du doigt la responsabilité des écoles. "Elles doivent se poser la question avant de prolonger un stage pour un jeune qui est déjà stagiaire dans une entreprise depuis 6 mois. La théorie du stage, c’est qu’au bout de quelques mois, l’entreprise voit si la personne fait l’affaire."

Confrontées directement au marché du travail en crise pour leurs jeunes diplômés, les écoles de management doivent s’adapter de manière pragmatique à cette nouvelle nécessité du stage prolongé. "Notre première responsabilité est de trouver les meilleures solutions pour que nos diplômés obtiennent un emploi", estime ainsi Olivier Oger, directeur de l’EDHEC Lille.

"Le stage, c’est mieux qu’aucune activité"


L’école de commerce lilloise a décidé pour la première fois de prolonger les conventions de stages de certains de ses jeunes diplômés 2009, à condition qu’un poste soit prévu derrière. Elle peut en effet signer des conventions jusqu’en février 2010, date où se réunissent les derniers jurys de mémoire. "Il faut tout faire pour que les jeunes diplômés ne restent pas sur le carreau. Le stage, c’est mieux qu’aucune activité", ajoute le directeur.

Les situations typiques auxquelles il est confronté ? Un jeune diplômé termine son stage de fin d’études. Il devait être recruté mais l’entreprise n’a plus le budget et le service dans lequel il travaille souhaite le garder. "Nous pouvons lui donner 2 mois de stage supplémentaires. D’ici là, le budget sera peut-être libéré", justifie Olivier Oger.

"Une demande que l’on ne voyait pas avant"


Première Business School française, HEC est également confrontée à cette volonté des étudiants de prolonger leur stage. "A la demande de certains étudiants qui n’avaient pas encore rempli toutes leurs obligations pour être diplômés [notamment la validation du mémoire], nous avons accepté, exceptionnellement, de prolonger leur stage jusqu’en décembre. C’est une demande que l’on ne voyait pas avant", explique Bérengère Tagès, directrice des relations avec les entreprises d’HEC. Sur la promotion 2009 de 500 étudiants, cela concerne une cinquantaine de jeunes.

Une prolongation "exceptionnelle" ?


A la tête de Rouen business school, Arnaud Langlois-Meurinne estime quant à lui que prolonger les stages ne rend pas service à l’étudiant. "Cela signifie soit qu’il n’existe pas vraiment d’emploi à la clé, soit que l’entreprise n’est pas assez satisfaite pour l’embaucher. Mieux vaut donc la mettre devant ses responsabilités tout de suite", estime le directeur de l’école rouennaise. Lui constate d’ailleurs une baisse du nombre de stagiaires en fin d’études (stage facultatif) en 2009. Ils étaient 130 l’année dernière, contre 115 cette année, sur un effectif de 350 jeunes.

Il n’empêche… L’établissement a tout de même ouvert un dispositif d’accompagnement exceptionnel pour la section finance de marché. Les jeunes de cette filière ont ainsi pu choisir de faire un stage de 12 mois, contre seulement 6 mois autorisés auparavant.

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