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Y a-t-il encore des jobs d'été pour étudiants ?

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À quelques semaines de l’été, est-il encore possible de décrocher un emploi saisonnier ? Dans quels secteurs, pour quels métiers et à quelles conditions ? Petite plongée auprès des recruteurs pour en ressortir des pistes de jobs et des conseils.

Ici, c’est une banque qui n’embauche plus que des stagiaires en lieu et place des traditionnels emplois étudiants. Là, c’est un groupe qui réserve ses rares emplois d’été aux enfants de ses salariés. Ailleurs, ce sont des hôteliers ou des restaurateurs qui privilégient des saisonniers expérimentés. Ou encore, ce sont des entreprises agricoles qui affichent d’une année sur l’autre le plein de leurs effectifs avec la même main-d’œuvre locale…

Quelques retours de lycéens et d’étudiants font craindre le pire : les jobs d’été qui permettent de se refaire une petite santé financière, de voir venir l’année ou de se payer un extra (voyage, ordinateur..) seraient-ils en voie de disparition ?
 

Pas moins de postes, mais plus de concurrence


À entendre les recruteurs, leurs besoins n’ont pourtant pas diminué. “Nos recrutements sur la période d’été et de rentrée sont stables d’une année sur l’autre”, assure Appoline Lebeault, responsable du marché des jeunes chez BNP Paribas. “Comme à chaque saison, nous proposons environ 3.000 contrats saisonniers”, souligne Sandrine Braun, chargée de recrutement à l’UCPA.

“Il y a toujours autant de places pour des jobs d'été, souligne pour sa part Jean-Marie Attard, vice-président de l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie). Mais attention à ne pas confondre ces jobs avec les emplois de professionnels saisonniers, qui sont évidemment les plus recherchés par les établissements.” En fait, s'il n'y a pas de diminution du volume des jobs d'été, la concurrence est plus rude. “C’est plus difficile, car sur chaque poste, les candidats sont de plus en plus nombreux”, estime Leslie Cordillot, coordinatrice du réseau Infos jeunes de Seine-et-Marne.


Quelques emplois “réservés” aux étudiants


Pour Jérôme Auplat, responsable recrutement de l’association Club Etudiant, qui a reçu 5.000 candidatures pour 450 postes, c’est bien une question de demandes : “Nous avons ressenti les effets de la crise en voyant arriver plus de candidats qui trouvent moins d’offres ailleurs”. Crise oblige, les jobs d’été sont de plus en plus courus, et pas seulement par les étudiants. Les jeunes actifs au chômage visent aussi ces emplois saisonniers.

Reste que le statut d’étudiants est un atout pour certains recruteurs. “Nous recherchons exclusivement des étudiants car ils sont proches de notre public… étudiant”, note par exemple Jérôme Auplat qui recrute des chargés de promotion chargé de proposer des mutuelles sur les campus. “Les jobs d'été vraiment adaptés aux étudiants sont ceux que proposent les établissements saisonniers, notamment dans les zones touristiques sur le littoral français”, précise à son tour Jean-Marie Attard.


Quelques jobs qui restent à saisir d’ici l’été


Sur ce marché très tendu, le timing est évidemment décisif… “Il faut si prendre de plus en plus tôt, c'est-à-dire dès le mois de février”, estime Leslie Cordillot. Trop tard à quelques semaines de l’été ? Non mais le choix est forcément restreint. “À cette période, il reste à miser sur les désistements et sur les activités qui embauchent jusqu’au dernier moment comme l’hôtellerie-restauration et l’animation.

Sandrine Braun, à l’UCPA, le confirme : “Juste avant l’été, les recrutements ne sont pas fermés, car nous n’avons pas encore fait rempli nos centres.” Du côté de l'hôtellerie-restauration, il n'est pas non plus trop tard : “Les établissements en panne de personnel sur des courtes périodes recrutent jusqu'au début juillet”, affirme le représentant de l'UMIH.


Des recruteurs à la recherche de qualifications plus que de diplômes


Question récurrente posé par les candidats : quelles sont les compétences à faire valoir ? Réponse sans surprise : tout dépend du job. “Même si nous avons un quota de postes qui ne requièrent pas le BAFA (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) explique la chargée de recrutement à l’UCPA, ce diplôme est souvent indispensable, et nous recherchons aussi des compétences particulières, comme une qualification en équitation, en voile, en roller…»

Mais l’animation fait ici exception. La plupart des jobs n’exigent pas de diplômes en particulier. “Nous ne cherchons pas un profil type d’étudiants, note Appoline Lebeault pour BNP Paribas. Une expérience en vente est certes un atout, mais nous testons surtout la capacité à s’exprimer et à argumenter.”

Même constat chez Mondial Assistance. “Pour nos postes de chargés d’assistance, nous ne recrutons pas des diplômés mais des jeunes dynamiques, débrouillards, ayant de la maturité pour répondre à l’urgence des situations de nos clients”, explique Sheila Zuurdeeg, responsable du département ressources humaines de l'entreprise. “Présentable, consciencieux, dynamique et volontaire, voilà les qualités que recherche un employeur dans l'hôtellerie-restauration”, résume pour sa part Jean-Marie Attard.


Parfois des formations à la clé


En revanche, une période de formation est souvent imposée. Soucieux d’avoir des étudiants opérationnels, nombre de recruteurs mettent en place des formations pour leurs jeunes recrues : entre 2 à 3 jours chez BNP Paribas et 2 semaines chez Mondial Assistance. “C’est une formation rémunérée qui engage sur un contrat de 2 mois payé environ 1.400 € brut par mois”, précise Sheila Zuurdeeg, chez Mondial Assitance.

En ce qui concerne le salaire, pas de surprise à attendre. Excepté l'animation (comptez par exemple à l'UCPA 31 € par jour en étant nourri logé), pour la plupart des jobs d'été, le SMIC, soit 9 € brut l'heure, est la norme.