1. Emploi : opération séduction sur le triathlon Audencia-La Baule pour attirer les étudiants
Reportage

Emploi : opération séduction sur le triathlon Audencia-La Baule pour attirer les étudiants

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Chaque année depuis 32 ans les promotions d'étudiants d'Audencia se succèdent pour organiser le triathlon de La Baule. // © Etienne Gless
Chaque année depuis 32 ans les promotions d'étudiants d'Audencia se succèdent pour organiser le triathlon de La Baule. // © Etienne Gless

En pleine guerre des talents, les forums de recrutement ne suffisent plus. Les entreprises participent de plus en plus à des événements sportifs grand public pour soigner leur image de marque auprès des futurs jeunes diplômés. Reportage sur le 32ème triathlon Audencia La Baule qui se tenait le week-end des 21 et 22 septembre 2019.

C'est le plus grand rassemblement sportif en France organisé par des étudiants ! Le triathlon Audencia La Baule comprend pas moins de dix courses. Il y en a pour tout le monde : athlètes de haut niveau comme Pierre Le Corre (champion d'Europe 2018 de la discipline), ou sportifs du dimanche. Et pour tous les âges, de 8 à 89 ans ! Chaque année, 24 étudiants de l’école de commerce Audencia organisent l’événement sportif qui se tient depuis 32 éditions fin septembre dans la station balnéaire. Du financement à la logistique en passant par les inscriptions ou la remise des récompenses, les étudiants de la business school nantaise s'occupent de tout de A à Z. Également sur le pont les deux jours de la manifestation, plus de 500 bénévoles dont 350 étudiants pour accueillir 7.000 visiteurs et sportifs.

Récompenser les salariés, attirer les futurs diplômés

Chantiers de l'Atlantique, Veolia, Capgemini, EY, Manitou… Les grandes entreprises sont toujours plus nombreuses chaque année à y participer. Pour renforcer la cohésion de groupe des salariés comme pour soigner son image de marque auprès des étudiants : "le triathlon est devenu un événement incontournable pour nos employés", témoigne Nicolas Beaunieux vice- président PMO chez Manitou, le fabricant d'engins de manutention. "200 salariés viennent ici en famille depuis 11 ans sur deux jours". Inscrits dans les courses tri-relais, les collaborateurs participent à un challenge entre services. "Mais nous sommes aussi présents sur le triathlon Audencia-La-Baule pour être visibles auprès d’une population étudiante et véhiculer les valeurs de dynamisme et d'engagement de notre entreprise", explique Nicolas Beaunieux.

Le groupe Manitou recrute sur des métiers où les entreprises se livrent à une véritable guerre des talents : experts en technologies de l'information (IT), commerciaux principalement. Et il n'est pas toujours facile d'attirer à Ancenis (Loire-Atlantique) des jeunes diplômés qui spontanément iront débuter leur carrière dans une grande métropole régionale ou à Paris.

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Les forums de recrutement nécessaires mais pas suffisants

"Dans notre secteur d’activité -les entreprises de services numériques- il y a pléthore d’offres d’emplois pour les jeunes diplômés. Nous devons déployer de plus en plus de moyens pour attirer les jeunes candidats dans notre entreprise et ensuite les fidéliser", explique Delphine Poigny chez Sopra-Steria, entreprise qui participe pour la première fois à l’événement comme partenaire. Sopra Steria (45.000 salariés dans le monde dont 20.000 en France et 1.600 dans la région de Nantes) doit procéder à 3.300 recrutements en CDI cette année dont 80% de jeunes diplômés. Dans un contexte de guerre des talents, l’entreprise utilise bien sûr les outils traditionnels comme la participation aux forums de recrutement organisés par les écoles. "Mais nous devons mener de plus en plus des actions de notoriété sur des événements grand public comme le triathlon Audencia de La Baule pour nous démarquer. Les forums de recrutement ne suffisent plus".

Exister auprès de jeunes diplômés qui ont pléthore de propositions d'emplois

Même souci chez Capgemini France qui prévoit de recruter 4.000 personnes dont 70% de jeunes diplômés en 2019. "Notre présence sur cet événement nous permet d'exister auprès d'une population étudiante qui a le choix entre une pléthore de cabinets. Nous voulons attirer les jeunes diplômés des toutes meilleures écoles", confie Baptiste Chefdeville, chef de projet relations écoles de Capgemini, le géant mondial du conseil en informatique (220.000 salariés dans le monde) a d'énormes besoins en experts du conseil en transformation digitale. Mais il se refuse à jouer la surenchère salariale pour attirer les talents dans des métiers en tension. "Nous préférons nous faire reconnaître comme une entreprise qui apporte de la formation".

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Et de vanter les packages de formations valorisantes aux outils d'Oracle, Salesforce et autres éditeurs de logiciels. "De toute façon quand on recrute 3 à 4.000 personnes, on ne peut pas rivaliser avec une start-up qui pour attirer 3 ou 4 développeurs n'hésitera pas à faire de la surenchère salariale", sourit Baptiste Chefdeville. De fait plus que le salaire ou les missions proposées, le critère numéro un du choix d'une entreprise plutôt qu'une autre pour des jeunes diplômés est l'ambiance de travail qui y règne. Et pour donner l'image d'une entreprise fun, rien de tel que de s'associer à un événement grand public convivial ! En 32 éditions, le triathlon Audencia-La Baule a fait ses preuves !