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Plan de relance : apprentissage, emploi, écologie, métiers d'avenir... Ce que Jean Castex promet aux jeunes

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Jean Castex, le 3 septembre 2020, présente le plan de relance. // © Etienne Gless
Jean Castex, le 3 septembre 2020, présente le plan de relance. // © Etienne Gless

Écologie, industrie innovante, numérique... Le plan de relance de l'économie annoncé le 3 septembre par Jean Castex va soutenir de nombreux secteurs d'activité en difficulté, mais investir aussi dans des secteurs d'avenir pour créer les emplois de demain, ceux qu'occuperont les jeunes. Découvrez ces activités qui vont être soutenues par l'argent public et vont devoir embaucher dans les mois et les années à venir.

"Avec ce plan, nous soutenons dès à présent ces premières victimes de la crise que sont les jeunes et les demandeurs d'emploi (…) C'est le niveau de qualification qui fait la prospérité et le dynamisme d'une Nation (…). Nous investissons donc massivement dans la formation pour les métiers et les filières de demain : la transformation écologique, l'industrie innovante, le numérique par exemple ", annonce le Premier ministre.

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"Le montant du plan est historique"

Jean Castex a tenu à commencer par parler de la jeunesse, de l'emploi et de la formation en présentant, jeudi 3 septembre, le détail des mesures de son gigantesque plan de relance de l'économie baptisé France Relance. Le montant du plan est historique, souligne le Premier ministre : "100 milliards, c'est près de 4 fois plus que le plan de relance mis en oeuvre pour faire face à la crise financière de 2008. C'est le montant nécessaire pour retrouver dès 2022 le montant de notre richesse d'avant la crise (…) Toutes les mesures annoncées vont aider à préserver des emplois menacés voire permettre d'en créer de nouveaux : la politique économique du gouvernement se veut "contracyclique"".

Comme la relance keynésienne employée pour faire face à la récession de 1929, il s'agit d'investir massivement pour soutenir et créer de l'activité et des emplois.

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L'écologie, le secteur d'avenir le plus soutenu

Si vous souhaitez vous orienter, vous former ou travailler dans le secteur de l'écologie et de l'environnement, c'est le moment ! Financé (40 milliards d'euros) en partie par l'Union européenne, le plan de relance budgète près d'un tiers de son montant (30 milliards d'euros) en faveur de l'écologie et de la biodiversité. Au menu des mesures pour lutter contre les "passoires thermiques" à travers la rénovation énergétique des bâtiments, des logements privés, des locaux de TPE-PME : les entreprises du BTP vont avoir du pain sur la planche dans les deux années à venir.

Beaucoup d'argent (1,2 milliard d'euros) va être distribué à l'industrie pour avoir des usines plus propres, c'est ce qu'on appelle la décarbonation de l'industrie. De l'argent va également être investi pour encourager l'économie circulaire et les circuits courts. L’agriculture aussi va être soutenue pour faire sa révolution verte : 400 millions d'euros par exemple seront consacrés à l'accélération du développement de l'agriculture biologique, aux circuits courts, aux projets alimentaires territoriaux ou à la modernisation des technologies agricoles et à la lutte contre l’artificialisation des sols.

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Infrastructures et transports plus verts : 55.000 emplois attendus

Le plan de relance va consacrer 1,2 milliard d'euros pour développer le vélo, le métro, le tramway, le bus et autres transports en commun du quotidien. Là encore, cela générera des emplois pour la réalisation des travaux, estimés par le gouvernement à 55.000 équivalents temps plein.
Les pouvoirs publics vont également encourager le secteur ferroviaire notamment pour offrir une alternative au transport routier tant pour les voyageurs que les marchandises : moderniser le réseau national, recréer des petites lignes pour améliorer la desserte du territoire, rouvrir des trains de nuit, moderniser les gares et améliorer la qualité de l'accueil : autant d'activités qui vont créer de l'emploi et pour lesquelles 4,7 milliards d'euros vont être débloqués.

De l'argent servira également à financer des projets de recherche pour développer "l'hydrogène vert", c'est-à-dire une énergie non issu des énergies fossiles : 2 milliards d'euros y seront consacrés dès l'an prochain. De quoi fournir du travail à de nombreux ingénieurs, chercheurs et techniciens.

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Relocaliser la production dans les territoires et innover

Un pays sans usine perd de sa compétitivité. "Et la France a beaucoup perdu en 15 ans", souligne Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, aux côtés du Premier ministre pour l'annonce du plan relance. Un emploi dans l'industrie en génère trois dans les services. Pour l'avoir oublié, la France est aujourd'hui le pays qui a la plus faible base industrielle de tous les pays de l'OCDE. Le plan de relance va donc consacrer 1 milliard d'euros à la localisation ou relocalisation d'activités industrielles en particulier dans 5 secteurs stratégiques : la santé, l'électronique, l'agroalimentaire ainsi que les applications industrielles de la 5G.

11 autres milliards d'euros vont être investis d'ici 2022 pour soutenir l'innovation et les technologies d'avenir à travers un nouveau programme d'investissement d'avenir (PIA), le 4ème : technologies numériques, recherche médicale, énergies décarbonées, agriculture responsable, villes de demain…

Santé, médico-social et culture très soutenus

6 milliards d'euros du plan de relance vont être investis dans le cadre du "Ségur de la santé" : au menu la revalorisation de salaires, la création de postes mais aussi la modernisation des établissements de santé et de leurs outils informatiques.

La culture, un des secteurs qui souffre encore très gravement des mesures sanitaires drastiques prises pour lutter contre le Covid-19, va bénéficier de 2 milliards d'euros de crédits pour ses différentes filières ainsi que pour la rénovation du patrimoine.

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1,6 milliard d'euros pour former les jeunes aux métiers d'avenir

Le plan global de relance comporte un "volet jeunes" de 6,7 milliards d'euros présenté dès la fin du mois de juillet (le plan "1 jeune, 1 solution") et dont L'Etudiant avait détaillé les mesures : prime de 4.000 euros à l'embauche de jeunes en CDI ou CDD de plus de 3 mois, aide à l'embauche en apprentissage ou en contrat de professionnalisation (de 5.000 à 8.000 euros selon l'âge du jeune). Le gouvernement souhaite aussi former les jeunes sans emploi (diplômés ou peu qualifiés) dans des secteurs stratégiques porteurs : 223.000 nouvelles places de formation vont ainsi être financées.

Dans le détail, le gouvernement va financer 100.000 formations qualifiantes via les pactes régionaux d’investissement dans les compétences, 16.000 formations supplémentaires en santé pour les infirmiers et les aide-soignants. 35.000 places de plus seront spécialement dédiées à des jeunes de 16 à 18 ans via l'AFPA (Agence nationale pour la formation des adultes). Pour 300.000 jeunes parmi les plus éloignés de l'emploi, le plan de relance mobilise 1,3 milliard d'euros de plus pour les accompagner vers l'insertion et les empêcher de basculer dans la précarité. "Aides à l'embauche, formations accompagnement, aides financières… nous mobilisons tous les leviers pour trouver une solution adaptée à chaque situation et chaque jeune", explique Elisabeth Borne, la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion.

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