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Décryptage

Emploi : le secteur des énergies a le vent en poupe

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Le secteur de l'éolien a créé 2.600 emplois en France en 2018. Les projets de parcs éoliens en mer se multiplient comme à Fécamp, Saint-Brieuc ou Saint-Nazaire. // © plainpicture/Cultura/Mischa Keijser
Le secteur de l'éolien a créé 2.600 emplois en France en 2018. Les projets de parcs éoliens en mer se multiplient comme à Fécamp, Saint-Brieuc ou Saint-Nazaire. // © plainpicture/Cultura/Mischa Keijser

Dans le secteur de l'énergie, le nucléaire et les industries fossiles fournissent encore la majeure partie des emplois. Mais les énergies renouvelables, comme l'éolien, sont en pleine croissance. Décryptage.

Doucement, mais sûrement… Le "bouquet énergétique" de la France se compose encore de 40 % de nucléaire, 29 % de pétrole, 16 % de gaz et 4 % de charbon, selon les derniers chiffres du ministère de la Transition écologique et solidaire. Les énergies renouvelables (biomasse, hydraulique, éolien…), bien qu'en progrès, ne représentent que 11 % de la consommation d'énergie. Mais la France s'est fixé comme objectif d'atteindre 23 % dès 2020.

De fait, le secteur des énergies se transforme pour répondre aux défis de la transition énergétique : réduction des émissions de gaz carbonique, amélioration de l'efficacité énergétique, développement d'énergies moins polluantes… Les besoins en personnels qualifiés sont donc importants.

Le nucléaire recrute encore beaucoup

75 % de la production d’électricité en France est toujours d’origine nucléaire. L'objectif de la récente PPE (programmation pluriannuelle de l'énergie) du gouvernement est de faire baisser cette part à 50 % d'ici 2035. Quatorze réacteurs seront fermés d'ici là, à commencer par ceux de Fessenheim en 2020. Pourtant, les entreprises de la filière nucléaire (grandes entreprises, PME ou bureaux d’études) prévoient de créer 16.000 emplois d’ici cette même année.

Les besoins les plus importants portent sur des postes de techniciens en mécanique, logistique ou encore informatique industrielle. Framatome, par exemple, compte recruter 2.500 personnes en trois ans pour ses métiers techniques. "Les recrutements de jeunes diplômés, ou avec une première expérience, représenteront 35 % de ces embauches", précise Pascal Garay, le directeur emploi de Framatome France. Idem chez Orano (ex-Areva) qui prévoit de recruter 1.500 personnes sur trois ans, dont 40 % de débutants à des postes de techniciens (60 %) et d’ingénieurs (40 %).

Les énergies fossiles ne sont pas mortes

Malgré l’essor des énergies renouvelables et les efforts réalisés en matière d’efficacité énergétique, les énergies fossiles représentent encore 81 % de la consommation d’énergie mondiale. Soit le même pourcentage qu’il y a 30 ans, selon les experts de l’AIE (Agence internationale de l’énergie). Gaz et pétrole ne sont pas menacés de disparition à court et moyen terme.

D'ici 2028, la programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit de réduire de 35 % la consommation d'énergies fossiles. Néanmoins, l'industrie pétrolière – qui emploie près de 200.000 personnes en France – fournira encore de nombreux emplois, malgré une image dégradée auprès des jeunes générations.

Un groupe pétrolier comme Total recrute 3.000 personnes par an rien qu’en France, ainsi que plus de 1.500 jeunes en alternance. Géologues, géophysiciens, ingénieurs de forage ou en installations pétrolières mais aussi techniciens… Les recrutements sur les métiers techniques vont donc se poursuivre.

L'éolien : l’emploi décolle

"L’éolien crée quatre emplois par jour en France", assure Pierre Bourdier, chargé de mission à France énergie éolienne, l’association professionnelle du secteur. L'éolien connaît une croissance à deux chiffres chaque année. Il a créé 1.600 emplois en 2017 et encore 2.600 en 2018.

Les parcs éoliens se développent sur terre mais aussi en mer, au large des côtes françaises. À Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Brieuc ou encore Saint-Nazaire, les projets de parcs offshore fleurissent. Parmi les métiers phares du secteur : le chef de projet éolien, l'ingénieur de structures, le chef de chantier ou encore le technicien de maintenance.

Parmi les formations spécialisées de haut niveau pour intégrer ce secteur, on peut citer le mastère spécialisé d'Arts-et-Métiers ParisTech EXPPER (expert en projets et productions énergie renouvelable) ou celui de l'Ensta (énergies marines renouvelables). Des formations courtes, parfois délivrées en interne par les entreprises elles-mêmes, permettent de devenir technicien. Le fabricant d'éoliennes Enercon, par exemple, forme en quelques semaines à l'installation des mâts d'éoliennes et à leur montage.


D'autres énergies renouvelables pourvoyeuses d’emploi

Selon l’ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), les emplois directs liés aux énergies renouvelables représentent déjà 79.000 postes. Les énergies marines, le solaire photovoltaïque et thermodynamique ou la production d'unités de biogaz vont continuer de se développer et de créer des emplois. Ceux-ci se trouvent principalement dans l’installation (25 à 30 %), la maintenance-exploitation (35 à 40 %) et dans la fabrication-assemblage des équipements (15 %).

C'est l’énergie hydroélectrique qui reste la première source d’énergie renouvelable en France : avec ses centrales et ses barrages, elle emploie un peu plus de 12.000 personnes. Le principal employeur reste EDF qui exploite 433 centrales hydrauliques.