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Reportage

Loi Travail : Rennes 2 fermée, les partiels maintenus, les contrôles continus annulés

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Bloquée, l'université Rennes 2 sera finalement fermée sur décision de son président jusqu'au 9 avril, premier jour des vacances de printemps. // © Guillaume Le Néouanic
Bloquée, l'université Rennes 2 sera finalement fermée sur décision de son président jusqu'au 9 avril, premier jour des vacances de printemps. // © Guillaume Le Néouanic

Perturbée depuis trois semaines par le mouvement étudiant contre la loi Travail, l'université Rennes 2 a finalement été fermée jeudi 7 avril 2016, et ce jusqu'aux vacances de printemps. Si les partiels devraient bien avoir lieu fin avril, des examens ont dû être annulés. Sur place, les avis des étudiants sont partagés...

Jeudi 7 avril 2016, les étudiants de l’université Rennes 2 ont trouvé portes closes sur les campus de Villejean et de La Harpe. Tôt le matin, toutes les entrées des bâtiments avaient été barricadées par des opposants à la loi Travail. Voté en assemblée générale la veille, le blocage de la fac a poussé le président, Olivier David, à fermer l’université jusqu’au samedi 9 avril, premier jour des vacances de printemps. "Nous avons eu un contact permanent avec les représentants étudiants, ce qui nous a permis de maintenir un fonctionnement normal de l’université. Mais le dialogue a été rompu en début de semaine. Je n’avais pas d’autre choix que de fermer, pour des raisons de sécurité", a fait savoir Olivier David.

Contrôles annulés, partiels maintenus

Mobilisée depuis 1 mois contre le projet de loi, l’assemblée générale étudiante a souvent mis au vote le blocage du campus. Mais en dehors des journées nationales de mobilisation, les cours ont toujours pu être assurés. "Le problème se pose surtout pour les cours du jeudi après-midi, qui ont été plusieurs fois perturbés", concède le président.

9 des 12 semaines que compte le semestre n’ont cependant subi aucune perturbation, ce qui laisse l’espoir à la direction de rattraper les cours au retour des vacances. Notamment les épreuves en contrôle continu qui ont été annulées. "Il y aura sans doute un peu de tension mais nous ferons notre possible pour que ce soit le moins pénalisant possible pour les étudiants", a assuré Olivier David. La direction de l’université a également fait savoir que les partiels, qui doivent commencer le 21 avril, ne sont – pour l’heure – pas affectés, rejetant l’idée d’un "semestre blanc". Si le mouvement se poursuit, à Rennes comme ailleurs, la question va pourtant se reposer.

Échanges "pro et anti" blocage

Sur le campus, le blocage ne fait pas que des heureux. De très nombreux étudiants ont critiqué l’initiative, ce qui a parfois donné lieu à des échanges tendus sur les réseaux sociaux entre “pro et anti”.

"Nous ne faisons pas ça pour pénaliser qui que ce soit. Les décisions sont prises et votées en assemblée générale", se défend un étudiant favorable au blocage. Le président de l’université acquiesce. "Je ne cautionne pas ce qu'il se passe. Mais l’AG est le lieu où se prennent toutes les décisions. Tous les étudiants sont libres d’y participer."

Guitares, feu de camp et banderoles

Dans la matinée, une occupation du campus de Villejean a commencé. Installés dehors, les opposants à la loi El Khomri ont façonné un petit village. Quelques guitares, un petit feu et des banderoles prêtes pour la nouvelle manifestation de samedi ont redonné à l’université de sciences sociales son image de Rennes 2 la Rouge. Il y a 10 ans, l’établissement avait déjà fait parler de lui, en lançant le mouvement de blocage des facs françaises contre le CPE (contrat première embauche). La réputation de l’université, qui accueille aujourd’hui 24.000 étudiants, avait été un temps ternie par cet épisode social qui avait duré des mois. À la veille des vacances, la direction croise les doigts pour que cela ne se reproduise pas.