1. Chat spécial "Étudiants en situation de handicap : l'alternance, un tremplin vers l'emploi"

Chat spécial "Étudiants en situation de handicap : l'alternance, un tremplin vers l'emploi"

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Lorsqu’on est étudiant et en situation de handicap, l'alternance peut être une véritable solution pour découvrir le monde de l’entreprise tout en poursuivant un cycle d’apprentissage. En partenariat avec CED et son site Hanploi.com, l’Etudiant vous a proposé un Chat Vidéo en direct, le mercredi 8 janvier, à 17h30, pendant lequel vous avez pu poser toutes vos questions, auxquelles Quentin Treuillard, Community manager, et Mélanie Duval, chargée des relations Ecoles / Enseignement Supérieur au sein de CED ont répondu. Découvrez leurs réponses en vidéo ou en lisant le texte ci-dessous.


En visionnant la vidéo, vous apprendrez notamment comment CED peut accompagner les étudiants dans la recherche des entreprises qui proposent des opportunités en alternance.
Vous saurez tout ce qu’il y a à savoir concernant la recherche d'emploi pour les jeunes en situation de handicap : vers qui se tourner ? Comment se présenter aux recruteurs, et aborder la question du handicap dans toutes les étapes de sa recherche d'emploi, du CV à l’entretien final.

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Découvrez également, à l’occasion de ce Chat Vidéo, le dernier réseau social professionnel, lancé par CED, www.udiversal.com. Nouveau réseau social dédié à la diversité, uDiversal est une réelle opportunité pour tous les étudiants de valoriser leurs profils auprès des entreprises de manière différentiante.

Vous pouvez dès à present vous rendre sur les sites de CED pour en savoir plus : www.hanploi.com et www.udiversal.com



L'intégralité du chat


Bonjour et bienvenue dans une nouvelle édition des chats vidéo de letudiant.fr. Aujourd’hui, nous sommes là pour répondre à vos questions avec nos experts sur la thématique « études, emploi et handicap ». Etudier et travailler, ce sont deux sujets qui font déjà l'objet de nombreuses questions pour tous. Comment y accéder, et une fois intégré, comment réussir ? Vous imaginez bien que pour une personne en situation de handicap, ces problématiques s'avèrent encore plus présentes. L’Etudiant vous propose donc aujourd'hui un rendez-vous spécial avec CED (conseil emploi développement) et hanploi.com pour vous informer sur les possibilités offertes à chacun de poursuivre ses études et de trouver sa place dans le monde de l'emploi. Pour cela nous accueillons sur notre plateau Mélanie Duval et Quentin Treuillard, qui vont répondre aux questions des internautes de letudiant.fr.

On va aujourd’hui parler de ces entreprises qui font des démarches, et qu'on appelle des entreprises engagées. Mélanie et Quentin vont répondre à vos questions, vous les internautes de letudiant.fr.

Je peux consulter ici les questions qui nous arrivent en direct, donc n'hésitez pas. Pour cela, deux moyens : vous allez sur la page d'accueil de letudiant.fr et vous allez voir une fenêtre de discussion sur laquelle vous pouvez envoyer vos questions en direct. Le deuxième moyen, c'est, si vous avez un compte Twitter, de nous les envoyer @letudiant. On essaye de répondre à un maximum de questions, et d’y répondre précisément. On est là, profitez-en, vous êtes anonymes derrière votre écran, et c’est important de pouvoir poser ses questions anonymement. Merci à vous deux d’être là.  

 

Mélanie Duval : Bonjour, je travaille sur le programme « Hanploi and School », un programme financé par des entreprises et à destination des établissements d'enseignement supérieur (c’est-à-dire les universités et les écoles), dans lesquels on vient former les référents handicap, qui sont soit des personnels administratifs, soit des enseignants. On vient aussi sensibiliser les étudiants sur la thématique du handicap.

 

Quentin Treuillard : Bonjour, je suis community manager au sein de CED, une structure qui accompagne les entreprises dans leur politique handicap en proposant des services et des produits tel le programme « Hanploi and School » par exemple, ou comme notre jobboard hanploi.com au sein duquel il y a énormément d'offres d'emploi dédiées pour les personnes en situation de handicap, qui peuvent répondre directement auprès de nos partenaires en postulant avec leur CV et leur lettre de motivation pour toucher des recruteurs au sein d’entreprises engagées via la mission handicap.

 

Je vais me permettre de vous poser la première question : CED, c’est quoi ? Quels sont ses objectifs ?

 

QT : CED, c’est une structure associative qui a vocation à créer la rencontre entre les recruteurs et les candidats en situation de handicap, à travers des produits et des services (hanploi.com pour le jobboard) et à travers notre service de formation, « Hanploi and School » pour l'enseignement supérieur, mais également des formations auprès des managers de l'entreprise pour sensibiliser, pour former à l’intégration d’une personne en situation de handicap au sein de leur entreprise.

 

Donc informer puis former, pour qu'on puisse ensuite transmettre l’information et sensibiliser au quotidien, voici votre mission et vous avez plusieurs outils. Vous avez notamment sorti un nouveau réseau social sur la diversité (udiversal.com), on en parlera en détail tout à l'heure. Mélanie, je sais que vous êtes sur les relations entre les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises. Comment est-ce que ça se concrétise au quotidien ?

 

MD : Ce qui est important de voir, c’est que des entreprises s'engagent désormais dans des programmes à destination de l'enseignement supérieur, qui est une nouvelle manière pour elles de voir leurs relations écoles, c'est-à-dire qu’elles recrutent depuis toujours des jeunes diplômés, des stagiaires, des apprentis, mais là c'est vraiment l’idée d'intégrer la question du handicap dans la question des relations écoles. Cela nous permet, ensuite, de faire bénéficier les universités, les écoles et les étudiants de programmes de sensibilisation que les entreprises font elles-mêmes, en interne. Ce sont souvent les mêmes problématiques dans les entreprises et dans les universités.

 

On s’intéresse un petit peu plus tôt au problème pour pouvoir former les personnes concernées. Vous  voyez, études et travail vont de pair, c'est pourquoi nous avons choisi de vous présenter aujourd'hui particulièrement le thème de l'alternance pour vous proposer les solutions qui se présentent à toute personne en situation de handicap. En alternance, vous êtes formé dans un établissement d'enseignement supérieur et en même temps vous travaillez dans une entreprise. Cette émission peut donc vous intéresser à plusieurs titres : si vous êtes directement concerné, si vous êtes en situation de handicap, si vous connaissez une personne dans ce cas, si vous êtes à la tête d'un établissement d'enseignement supérieur, si vous gérez une entreprise, ou même si voulez aider, si voulez vous renseigner… tout le monde est concerné par ce sujet. Posez vos questions sur les études, sur l'entreprise, sur les aides… Les thèmes que nous allons aborder dans un petit instant. On commence tout de suite avec une première session de questions que vous nous avez envoyées sur letudiant.fr auxquelles répondent Mélanie Duval et Quentin Treuillard de CED et hanploi.com.

La première question nous vient de Julie : « Quelles études et métiers sont réservés aux handicaps moteurs ? »

 

MD : Ce qui est très important, c'est de voir qu’aucunes études et aucun métiers ne sont réservés à certains types de handicap au contraire interdits à certains types de handicaps, qu’ils soient moteurs, sensoriels, psychiques… La loi de 2005 qui a été mise en place nous montre vraiment que toutes les formations et tous les emplois doivent être, par principe, ouverts à tous.

 

En fait, on inverse la question. Il ne s’agit pas d’études ou d’emplois réservés ou interdits, mais autorisés à tout le monde, et auxquels il faut s’adapter.

 

MD : Exactement. Ceci étant, il ne faut pas non plus se mettre soi-même en difficulté et bien regarder qu’il n’y ait pas de contre-indication, médicale notamment, au suivi de certaines études ou à l'intégration dans certains types d'emplois ou dans certains environnements de travail. La question qu'on doit se poser, c’est « mes études aujourd'hui, comment je les fais et comment on les aménage pour que je puisse les suivre ? » Dans l’emploi, c'est vraiment sur un poste de travail précis, dans un environnement de travail précis. Il n’y a donc pas à poser cette question d’emplois réservés ou interdits.

 

On peut donc partir, comme tout étudiant, de ses envies. Il faut d'abord savoir ce qu'on a envie de faire comme métier puis se renseigner, notamment du côté des entreprises, pour savoir si elles proposent quelque chose d'adapté, que ce soit des structures d'accueil, des managers formés pour cela… C’est le métier au quotidien.

 

QT : L’idée, c’est comme tout un chacun, de créer son projet professionnel pour ensuite peut-être anticiper un peu plus, mais accéder à des postes qui nous intéressent.

 

Les études vont être un moyen pour accéder au métier, et comme vous dites, on a réfléchi en amont donc on connaît déjà les problèmes que l’on peut rencontrer et on va essayer d’abattre tous ces problèmes les uns après les autres.

 

MD : Ce qui est également important, c’est de se rendre compte de toutes les innovations technologique, toutes les avancées techniques qui peuvent intervenir rendent possibles beaucoup de choses qu'on pensait complètement impossibles. Il vaut mieux se laisser guider par ses envies, sans pour autant se mettre en difficulté. De nombreuses solutions existent déjà, dont on n'a pas forcément connaissance.

 

Avez-vous des exemples sur le quotidien d’un travailleur ?

 

MD : Il y a des exemples de paraplégiques qui sont conducteurs poids lourds, des exemples de métiers très physiques qui sont occupés par des handicaps moteurs lourds, qui sont complétés par des machines. L’idée, c’est d'adapter les moyens de production et les objectifs de production en fonction du handicap de la personne, par rapport à ses capacités, pour mettre tout le monde à égale chance par rapport au travail.

 

Une autre question, de Bichette : « Comment savoir quels métiers sont ouverts aux jeunes ayant un handicap ? Y a-t-il une démarche spéciale ? » Est-ce qu’on prend le problème différemment quand on connaît le handicap ?

 

MD : Effectivement, il y a des démarches spéciales parce qu'il y a des acteurs spéciaux que vous pouvez solliciter au titre de votre handicap et qui peuvent vous conseiller. Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que même si on a apparemment  le même type de handicap qu’une autre personne, chacun a sa personnalité, ses capacités, et on ne peut pas appliquer des grandes solutions sur tout le monde, on risque de se tromper. Il faut aller voir les acteurs dédiés qui sont votre référent handicap dans l’université, dans l'école, ou le chargé de mission handicap dans l'entreprise (et il y en a de plus en plus) ou la médecine préventive de l’université, ou la médecine du travail, etc. Il y a toujours des acteurs qui peuvent aider les étudiants ou les salariés à définir leurs besoins d'aménagement. C’est le point clé. Il y a également un travail fait notamment par l’Onisep, qui travaille beaucoup sur des outils pour aider les jeunes dans leur orientation professionnelle.

 

On n'est pas tout seul, il faut le savoir. Sylvia pose une question : « Est-ce désavantageux, sur un CV, de préciser que l’on a un handicap ? » Quentin, vous côtoyez au quotidien de nombreuses entreprises. Quel est leur point de vue sur ce sujet ?

 

QT : Cela va dépendre des entreprises. Il y a des entreprises engagées, dont les managers sont sensibilisés, et dans ce cas-là, sur un CV, cela ne posera aucun problème, puisqu’il n’y aura aucune discrimination à l’embauche.

Il n’y a pas de règles. Il faut déjà se renseigner auprès de l'entreprise pour savoir si elle a une mission handicap. Si oui, se rapprocher de la mission handicap, en parler, si on postule directement, oui effectivement on peut l’indiquer, mais ce n’est pas un critère qu’il faut forcément mettre en avant. Le CV sert à mettre en avant ses compétences, son expérience, et je pense que le handicap arrive pour un aménagement de poste, une fois qu'on a passé la première sélection, que notre CV a été vu. Donc on l'aborde en entretien, mais en tant qu’aménagement de poste et pas en tant que handicap. On relativise.

 

MD : Sachez que pour certains recruteurs professionnels, cela peut être un moyen d'expliquer d'éventuels trous dans un CV ou des études qui dureront peut être plus longtemps. On sait que des aménagements d’études au titre du handicap peuvent être possibles. On peut faire son année en deux ans sans que ce soit interprété, du côté de l’entreprise, comme un manque de sérieux ou d’implication dans les études. Il s’agit juste d’une adaptation du temps de la formation. Le handicap peut être un registre explicatif pour le recruteur qui va justifier des trous, des contre-indications médicales, des besoins d'aménagement, etc. Le conseil que je donne en général aux étudiants, dans le cadre du programme « Hanploi and School » notamment, c'est que cette démarche est personnelle, volontaire, confidentielle. C’est quelque chose qui nous appartient. Et surtout, au même titre qu'on adapte un CV en fonction de l'offre, on peut y indiquer ou non son handicap. Je mets la mention « handicapé », «  RQTH » (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) ou je signale mon handicap sur un CV que j’envoie à un recruteur « mission handicap » ou que je poste sur hanploi.com, mais peut-être que je ne le mets pas, ou que je réfléchis si je le mets ou pas, pour une autre entreprise dans laquelle je postule.

 

QT : Sur hanploi.com, ce sont des offres dédiées, donc la question d’indiquer ou pas son handicap ne se pose pas, puisqu’on travaille avec des partenaires qui sont déjà engagés. Mais si on cherche en dehors de ce réseau ou si on envoie un CV en candidature spontanée, on peut alors se poser la question.

 

On continue avec une autre question, celle de Lol : « Y a-t-il des lois pour les handicapés pour que je trouve un stage  plus vite ? » En d’autres termes, est-ce qu’on peut être avantagé ?

 

MD : Je ne pense pas qu’on puisse être avantagé par le handicap. Ce qu’il est important de préciser à une entreprise, dans le cadre d’un stage, c’est que le stage d’une personne handicapée peut rentrer dans la comptabilisation du quota de 6% de travailleurs handicapés.

 

Rappelons effectivement que chaque entreprise s’engage, même si elle ne peut pas toujours le réaliser, à prendre 6% de travailleurs reconnus comme handicapés au quotidien. Or, ce taux n’est pas toujours rempli.

 

MD : à l’heure qu’il est, seule la moitié des entreprises de France a déjà atteint ces 6%. L’autre moitié peut être amenée à faire appel notamment à CED, à hanploi.com etc., pour trouver les candidatures, et vous, si vous utilisez ces voies dédiées pour postuler en stage, cela peut déjà peut-être vous aider. Maintenant, ce qui est compliqué dans le cadre des stages, notamment en cours, c’est d'anticiper. Il faut le faire au maximum, parce que si vous n’anticipez pas assez, l'entreprise n'aura pas le temps de mettre en place les aménagements dont vous aurez peut-être besoin. Mais cela rentre dans l'obligation d'emploi des entreprises, donc on peut aussi bénéficier des mêmes droits que pour un travail salarié.

 

On continue avec la question de Benoît : « J’ai un chien-guide pour malvoyant. Est-ce que les écoles vont accepter le chien au quotidien dans leur établissement facilement ? »

 

MD : Il faut savoir que les mentalités sont en train d'évoluer. On est de plus en plus amenés à interpréter le chien guide pour ce qu'il est, c'est-à-dire pas du tout un animal de compagnie mais bien ce qu'on appelle une aide animale qui nous permet d’avoir plus d'autonomie dans notre vie de tous les jours, et donc dans nos études et dans notre travail. De plus en plus, les entreprises et les écoles ouvrent leurs portes sans problème aux chiens guides. Néanmoins, il est toujours bien d’aller en parler d'abord au référent handicap, de le prévenir, souvent d’expliquer les choses. Quoi qu’il en soit, il y a aussi des écoles et des entreprises qui s'engagent auprès de l'association Handi'chiens notamment, financièrement et en terme de bénévolat, pour la formation de ces chiens. Il y a donc aussi des endroits très sensibilisés.

 

Donc il faut au maximum informer, si on est concerné d'abord en tant qu'individu, puis informer son établissement qui pourra lui-même le dire à ses autres étudiants ou qui pourra monter un programme par rapport à ça, des structures d'accueil possibles. Donc on n’hésite pas. Sandie nous demande à quel moment parler de son handicap. On a déjà un peu abordé cette question tout à l’heure en parlant du CV. CV, lettre de motivation, premier entretien, deuxième entretien, quand parler de son handicap ?

 

QT : Je pense que c’est plutôt à la fin du premier entretien. Et, une fois encore, on ne parle pas du handicap mais d'un aménagement de poste dont on aurait besoin pour effectuer la mission. Pour pouvoir préparer l'entreprise à nous accueillir, à mettre les moyens en place. Parce que ce n’est pas au postulant de prendre à sa charge un aménagement de poste, c'est à l’entreprise.

 

MD : Ce qu’il est important, c’est d’éviter le plus possible d'aborder le sujet du handicap sous des termes médicaux, parce que vous allez être à face à des recruteurs, à des enseignants-chercheurs, à des collègues, des managers qui ne vont rien comprendre, et qui vont peut-être l’interpréter de manière erronée. Ils vont faire le lien avec d’autres personnes qu’ils ont rencontrées, alors que votre situation n’est peut-être pas du tout la même. Ce qui est important, c'est vraiment, comme l’a dit Quentin, de l'aborder en terme d'aménagement, de besoins d'aménagement. On décide si on en parle ou pas (on n’est pas toujours obligé). On peut décider que dans un entretien, c'est trop risqué d'en parler et qu'on n'en parlera que lorsqu’on sera pris, en tout cas il faut éviter d'en parler en début d'entretien. Il faut vraiment insister sur les compétences (c’est l’objet de l’entretien, de vérifier, de valider chaque savoir-faire). Ensuite, sachez que vous avez plusieurs acteurs auxquels vous pouvez vous adresser. Ce ne sera pas forcément le recruteur à qui vous aurez envie de vous confier, ça peut être la médecine du travail (il est vraiment conseillé de ne pas leur mentir), le chargé de mission handicap s’il y en a un, le manager… vous avez tout une palette d’intervenants, d'acteur dans l'entreprise, auxquels vous pouvez décider d’en parler ou pas. Mais toujours en terme d’aménagement.

 

Et justement, cette question de Chris, qui a un petit problème d'acouphènes et d’hyperacousie, en revanche il n’est pas reconnu comme handicapé. Il se demande s’il doit aborder le sujet avec les employeurs, vu que lui n'a pas un statut particulier, et que donc peut-être, il n’y aura pas d'aménagement de travail (reconnu par la loi, en tout cas).

 

QT : Je pense que là, c’est vraiment au cas par cas, en fonction du recruteur. Même s'il n'est pas reconnu, cela n'empêche pas le recruteur d'adapter son poste en fonction de ses acouphènes. Cela dépend des besoins pour le poste, et des aménagements que cela suppose. Et c’est une question de transparence vis-à-vis de l’entreprise, selon les besoins de l’entreprise.

 

MD : Il y a deux types d’acteurs. C'est que le médecin qui va décider s'il y a des contre-indications médicales ou des limitations, ou des aménagements à apporter  en fonction des acouphènes par rapport au poste. Et ensuite l'entreprise mettra en place ou pas, selon son degré d'engagement, les accords qu'elle a signés avec ses syndicats (en gros, cela dépend de celui qui paye). Mais c'est le médecin qui va décider des limitations, et peut-être que cela pourrait être reconnu comme un handicap par la suite, mais cela va dépendre du poste : s’il n'y a aucune incidence, on n’aborde pas le sujet.

 

En revanche, si ça peut intervenir sur le travail et la qualité du travail, il faut le mentionner, trouver la solution ensemble. Ce n’est pas à vous de trouver la solution mais aux personnes qui sont autour de vous. J'espère que cela va aider Chris qui nous posait cette question. Abordons le nouveau réseau social que vous avez lancé il y a deux mois uDiversal. Kadija nous demande si sur le web, il y a des outils pour l’aider. Je pense que celui-ci est parfait.

 

QT : Tout à fait. Pour aider un étudiant en général à trouver du travail, il y a aujourd'hui énormément d’outils : des jobboard (hanploi.com pour des personnes en situation d'handicap), les réseaux sociaux professionnels, dont uDiversal, un réseau social professionnel de la diversité (ce qui est beaucoup plus large que le handicap) qui a vocation à réunir des experts du handicap et de la diversité et à créer la rencontre entre ces acteurs et un plus large public qui souhaite se renseigner sur le handicap dans l’enseignement supérieur, sur l'alternance, mais pas uniquement dans le handicap.

 

Donc on favorise les échanges non plus uniquement entre personnes qui peuvent connaître ce sujet au quotidien mais on renseigne également ceux qui aimeraient avoir des informations, on les sensibilise, et même ceux qui ne connaissent pas ce handicap peuvent apporter quelque chose.

 

QT : Bien sûr. L’idée, c’est de cartographier un petit peu tous les acteurs parce qu’aujourd'hui on s'aperçoit que, en tout cas dans le handicap, il a beaucoup d’acteurs qui travaillent un petit peu chacun de leur côté. Et l'idée, c'était de réunir tous ces acteurs pour échanger ensemble sur les bonnes pratiques, sur les différentes thématiques et ainsi créer de l'information. Ainsi, un utilisateur qui s'inscrit a accès à cette information, qu'il soit expert ou non du handicap, mais au moins il y a une richesse de contenu qui fait qu'on est une source d'informations assez importante.

 

Vous pouvez nous présenter uDiversal, comment ça se présente du côté pratique. uDiversal, c’est d’universalité de la diversité ?

 

QT : Exactement. C’est l’univers des compétences. On a voulu axer ce réseau sur la mise en avant des compétences d’un profil. On s'inscrit en tant qu'utilisateur (en tant que personne, pour créer un réseau professionnel). On a un profil où on peut mettre ses compétences, son expérience, sa formation en avant. On peut échanger de l'information en fonction de si on est en poste ou pas, de ses centres d'intérêt professionnels. Vous avez les entreprises qui sont présente, notamment nos fondateurs le Crédit agricole et Thales qui ont leur page entreprise et qui communiquent sur leurs politique handicap, diversité et sur leurs actions en général au sein du groupe. Cela permet aussi de donner la visibilité à l'entreprise. Et si la mission handicap communique elle aussi sur ces actions, cela permet aussi de montrer l'engagement de l'entreprise et vous avez des groupes de discussion, des groupes thématiques sur l'alternance par exemple, l’accessibilité, la diversité, l'enseignement supérieur… Les écoles peuvent participer. On a décidé de réunir des experts, donc on se fait accompagner notamment par Unirh, Passerelle ESC, Google, etc. (qui mettent leur expertise au service d’uDiversal) pour essayer, grâce à un comité scientifique qui se réunit de manière physique (on essaie de répondre aux besoins des entreprises), de diffuser un maximum d'informations sur ces métiers, sur ces actions, et pouvoir échanger, à terme aussi, les bonnes pratiques pour que finalement tout le monde se rencontre et qu’on fasse évoluer les choses ensemble.

 

L’avantage, c’est que non seulement on n’est plus seul dans son coin, on échange des bonnes pratiques, on échange des conseils, et c’est répertorié par un corps d'experts qui guide tout cela dans le bon sens.

 

QT : Et en plus, on a le côté « réseau social professionnel ». On peut être amené à contacter un recruteur plus directement parce que ce recruteur est actif, donc on l’a identifié, on va prendre son email, on va envoyer une candidature peut-être spontanée tout en sachant qu’il est engagé, donc il y a des chances qu’on ait des réponses si notre candidature est en adéquation avec la session de recrutement (car ce sont des postes spécifiques). Il y a vraiment une dynamique de réseau professionnel.

 

Concrètement, si moi aujourd'hui je m'inscris sur uDiversal, qu'est-ce que je peux apporter et qu'est-ce que je peux récupérer comme information ?

 

QT : Vous pouvez diffuser l’information de letudiant.fr dans différentes actions, sur le chat, relayer l'information, l’heure, informer les gens qui ne l’étaient pas et peut-être faire découvrir le chat en direct aux personnes qui ne seraient pas forcément allées sur letudiant.fr rechercher l’information. Tout le monde est gagnant. Cela vous fait aussi de la visibilité sur le réseau. Ensuite, en tant que journaliste, vous pouvez tout à fait diffuser de l'information en fonction de votre métier.

 

Donc c’est pour tout particulier, c'est-à-dire que si je suis dans mon quartier et que je cherche une association à aider, je vais pouvoir rentrer en contact avec elle, même si elle n’a pas forcément des moyens de communication poussés.

 

QT : Et qu'elle soit à 100m ou à 100km, je vais pouvoir l'aider, et peut-être au quotidien échanger avec des gens, donner de l’information, créer de l’échange et de la proximité au sein d'un espace virtuel qui, finalement, est bien concret puisqu’il y a des profils et des personnes bien réelles derrière. L’objectif d’uDiversal, c’est d’échanger ensemble avec de l’information d'experts en fonction des compétences de chacun.

 

Qui peut s'inscrire sur uDiversal ?

 

QT : Tout le monde. Il n’y a pas de sélection, de présélection. Et c'est gratuit. Cela permet aussi de faire de la veille sur des sujets qui nous concernent.

 

Si vous n'avez pas encore été sur le site uDiversal.com, visitez-le dès maintenant et inscrivez-vous.

 

QT : L’inscription est assez simple. Il y a juste le nom, le prénom, l’email, le mot de passe et puis on est inscrit directement.

 

Et si vous avez une question pendant que vous êtes en train de vous inscrire, vous pouvez la poser là, en direct pendant le chat. Profitez-en !

On poursuit notre série de questions-réponses des internautes. Faisons le point sur les différents coups de pouce possibles dans vos démarches avec plusieurs questions qui abordent ce sujet, notamment celle de Mike qui demande s’il a le droit de se faire aider d'un valide pendant son entretien, que ce soit d’embauche ou dans une école. Est-ce qu’on a le droit d'avoir quelqu'un avec soi ?

 

MD : Au titre du handicap, j’aurais envie de dire que oui, et c'est ce qu'on appelle après, dans les entreprises, les aides humaines. Pour ceux qui ont un handicap depuis plus longtemps, cela s’appelle les AVS dans l'éducation nationale. Mais cela tend à se réduire : l’AVS à l'éducation nationale vous accompagne souvent toute la journée. A l'université, on apprend l'autonomie, et c'est indispensable pour se débrouiller ensuite dans les entreprises. Donc les aides humaines ne sont pas des personnes qui vont nécessairement être avec vous toute la journée. Mais pour des instants précis, dans le cadre de réunions ou pour un entretien d'embauche, cela peut tout à fait pour se justifier, selon le handicap. Est-ce qu'on a vraiment nécessairement besoin de cette personne pour échanger ? On sait qu'il a des personnes après des IMC (des accidents cérébraux) qui peuvent parler, s’exprimer mais quand on n'a pas l'habitude de les écouter, on comprend difficilement ce qu'elles disent. Dans ce cas, cela pourrait se justifier, pour un entretien, de venir avec une aide, tout en précisant que c'est par rapport au handicap. On ne vient pas avec notre père ou notre mère à l’entretien. Il faut quelqu’un de professionnel, qui a les compétences pour aider et qui a l’habitude de nous aider.

 

Mama pose cette question : « Peut-on se faire aider dans les transports entreprise-école si on est en alternance ? Y a-t-il des moyens mis en œuvre pour cela ? »

 

MD : C’est une question très intéressante, car l’université ou l’école ne s’occupe pas, en général, de vos transports domicile- université ou domicile-école. Ce n’est pas dans son périmètre. En revanche, l’entreprise s’occupe des trajets domicile-travail, cela fait vraiment partie notamment des aménagements qu'elle doit proposer aux personnes handicapées si celles-ci en ont besoin. Elles s’y engagent quand elles font une action handicap. Ce sont des aménagements comme d’autres (exemple : un bureau plus haut, un écran plus grand…). Il peut s’agir, par exemple, de bricoler votre voiture personnelle (à la charge de l'entreprise) pour que vous puissiez vous en servir malgré votre handicap. Cela peut être de vous proposer des transports adaptés (un système de taxis adapté…). Il y a plein de choses qui existent pour s'occuper de la question des transports. Mais si vous êtes en alternance, il faut essayer de négocier. Parce que les trajets vers l'école ne rentrent pas nécessairement dans cette définition-là. En revanche, l'entreprise, si elle vous a pris en alternance, qu’elle est en train de vous former et que ça se passe bien, a tout intérêt à ce que vous puissiez (et ça fait partie de votre contrat) suivre votre formation de manière adéquate. Donc il faut essayer de convaincre la mission handicap de l'entreprise, travailler avec le référent handicap de l’université etc. pour que ça puisse se mettre en place.

 

Donc les jours où l’on est en établissement, peut-être que la solution proposée dans l'entreprise pourrait se mettre en place sur un autre parcours que celui qui vous emmène à l'établissement. Une autre question : Mounia voudrait connaître quelques noms d'associations auprès desquelles se renseigner.

 

QT : Il y a la FEDEEH (qui est une fédération d'associations étudiantes), Arpejeh et Tremplin, qui sont des associations qui accompagnent à l’insertion professionnelle, et l’ADAPT, à travers son réseau des réussites. Toutes ces associations, tous ces renseignements, on les trouve sur hanploi.com et sur les sites des associations.

 

Ces associations, que peuvent-elles m’apporter au quotidien, si je suis étudiant ?

 

MD : La FéDéEH propose un réseau (appelé « réseau social », mais ce n’est pas sur Internet). Il y a notamment trois réunions de ce réseau par an qui s'appellent les rencontres nationales, qui se déroulent sur des week-end à Paris mais le déplacement est pris en charge, tout est très bien organisé, et sur ces rencontres nationales, vous avez la possibilité d'assister à différents ateliers, dont des ateliers sur l'insertion professionnelle dans lesquels j'interviens, et dans lesquelles Tremplin et Arpejeh, les autres associations qui travaillent à l'accompagnement des jeunes étudiants handicapés, participent aussi bien sûr. Il y a aussi les entreprises qui sont là pour répondre à vos questions. On fait des forums de simulation d'entretien, de l’aide autour des outils (lettres de motivation etc.), autour de la manière de parler de son handicap. La FEDEEH est vraiment un moyen de se sentir beaucoup moins seul avec son handicap, d'échanger avec des jeunes étudiants ou des jeunes diplômés (qui ont donc déjà réussi et qui peuvent beaucoup aider).

 

On a une notion de parrainage : ceux qui ont déjà connu ces épreuves vont aller les raconter à ceux qui les appréhendent encore.

 

MD : Dans la terminologie de la FEDEEH, cette association s'appelle la pairémulation, l'émulation par les pairs : avec ses collègues, ses camarades qui ont rencontré des difficultés similaires mais peut-être pour des raisons tout à fait différentes, on s'entraide.

 

Et quand on est jeune étudiant et qu'on arrive sur ces forums, on a le droit d'avoir presque un tête à tête, ou plusieurs personnes qui peut vous aider. On n'est pas 25 avec un référent, on a on a un peu de temps finalement ?

 

MD : Oui. C’est un système d'ateliers, donc l’intérêt, c’est aussi les échanges entre les personnes par rapport à la problématique posée. Mais sur le forum « simulation d'entretien », on a deux fois un quart d'heure face à un recruteur ou à une personne d’une association qui vous donne des conseils, qui corrige vos défauts si vous n’êtes pas à l'aise, et qui met en avant vos qualités. Après, pour des accompagnements plus individuels, ça serait peut-être plus Tremplin et Arpejeh qui font ce travail là, qui font aussi le lien avec les entreprises et après pour du recrutement … tous les outils dont on a parlé en passant par hanploi.com et uDiversal.

 

J’imagine qu’il y a des plus petites structures qui sont peut-être moins connues mais qui font un boulot aussi bien.

 

MD : Et au niveau local aussi, c’est très important. Là, ce sont des associations qui sont au niveau national, mais vous avez aussi au niveau local des associations Handi-sup, soit des associations dédiées dans votre université, dans votre école, soit qui sont en dehors de l'école mais qui peuvent faire le lien avec les entreprises. Il est très important d'avoir les deux, l’aspect national et l’aspect local.

 

J'espère qu'on va encore, avec ces réponses, rassurer nos internautes, c’est en tout cas l'objectif du jour. A la fin de ce chat, vous serez rassurés sur tout, et notamment sur les questions de l'entreprise, puisque près de deux millions de personnes soit 5% de la population, connaît un handicap, et les entreprises sont, du fait de leurs obligations de recruter du personnel en situation de handicap, en recherche de personnel. Nombreuses sont celles qui lancent des initiatives d'accompagnement et de recrutement. Quentin, vous pouvez confirmer qu’au quotidien il y a beaucoup d’œuvres mises en place et qu'on n'est pas forcément au courant de doutes, qu’il faut se renseigner en allant sur vos sites.

 

QT : Tout à fait. Sur hanploi.com, vous avez déjà la liste des entreprises handi-engagées qui travaillent avec nous. De plus en plus, elles sont sensibilisées parce qu'elles sont contraintes par le cadre légal d’atteindre ces 6%.

 

Jade, justement, se demande si ces entreprises qui recrutent des personnes handicapées ne sont pas plutôt des petites structures.

 

QT : Pas forcément. La preuve en est : nous travaillons avec des grandes entreprises, souvent du CAC40 (le Crédit agricole, Thales, le CNP…), qui ont plusieurs milliers d'employés et avec une mission handicap (parfois rattachées à la diversité) qui gère les candidature et les offres.

 

L’objectif, c’est de mettre en place quelque chose d'égalitaire, des solutions pour que quelqu'un qui connaît le handicap puisse avoir autant de chances qu’une personne qui n’en a pas. Ziz a une question assez pratique côté entreprise, et qui même temps joue sur le financement. Peut-il obliger patron à installer du matériel pour l'aider à travailler (comme un fauteuil, en tout cas apparemment pour lui c’est le cas) ou est-ce qu'il va devoir le payer ?

 

QT : L'adaptation du poste est à la charge de l'entreprise, cela fait vraiment partie d'un plan puisque cela comprend aussi les transports (l'entreprise est contrainte de prendre en charge l'amélioration du poste, de la sortie du domicile de la personne au travail jusqu'à ce qu'elle rentre chez elle). Un outil de travail adapté fait partie d'un plan global d'adaptation.

 

Simon nous dit qu’il entend que le chômage est deux fois plus important chez les personnes handicapées que dans la moyenne nationale. Alors comment faire ? Est-ce qu’il y a quelque chose à mettre en avant pour régler ça, est-ce qu’il y a des solutions ?

 

QT : Nous vivons un temps de crise. Le chômage est élevé, c’est un fait. Il est plus élevé chez les personnes en situation de handicap, parce qu'il reste peut-être encore beaucoup de discrimination à l’embauche. Il y a peut-être aussi un manque d'adéquation entre les compétences recherchées et les formations des personnes. Il faut peut-être que les entreprises et les établissements d'enseignement supérieur se rapprochent pour proposer des formations en amont qui soient en adéquation avec les postes vacants qui demandent des compétences particulières que finalement les personnes n’ont pas car elles n’ont pas les bonnes formations.

 

MD : C’est un travail au quotidien, et c’est tout l’intérêt du programme « Hanploi and School ». 80% des personnes qui sont déclarés aujourd'hui en situation de handicap n’ont pas le bac. Donc quand on regarde les chiffres du chômage, c'est vrai que ça peut faire peur, et de toute façon le chiffre du chômage des jeunes fait peur. Mais ça touche principalement des personnes qui n'ont pas le bac donc qui ne sont pas dans l'enseignement supérieur. Vous, si vous êtes en situation de handicap et que vous êtes en train de faire des études supérieures, même si c'est un bac+2 c'est très bien, vous allez être recherché parce que vous répondrez à une attente.

 

Il y a une valorisation de ce qu'on est puisque c’est malheureusement souvent le contexte qui fait qu’on peut difficilement aller jusqu'au bac quand on connaît un handicap. Mais à partir du monde où on a passé cette épreuve, on a vraiment un parcours attendu par les entreprises, une valorisation puisque ils ont un quota à remplir mais surtout parce que ce sont des compétences qui vont être recherchées particulièrement.

 

MD : Exactement. Et quoi qu'il arrive, qu'on soit handicapé ou pas, plus on est diplômé moins on est au chômage. Quentin a raison, ça peut aussi créer beaucoup d'attentes par rapport à des profils de personnes handicapées diplômées – où en passe de l’être pendant qu’ils sont étudiants – parce que vous êtes peu nombreux.

 

Vous avez toutes vos chances, profitez-en. Amandine réagit sur ce 6% de personnel handicapé que se doivent d’embaucher les entreprises. Est-ce qu'elle doit le mettre en avant dans une lettre de motivation, est-ce qu’elle doit dire « comme vous devez engager 6% de personnel… » ?

 

QT : Je ne pense pas que ça ait sa place dans la lettre de motivation, qui est outil qui permet de mettre en avant ses compétences, sa motivation personnelle, son expérience et montrer en quoi son profil est en adéquation avec l’offre à laquelle on répond. Je ne pense pas qu'on puisse insister là-dessus. L'employeur ou le recruteur ne serait pas forcément réceptif. Il pourrait considérer ça comme une attaque, une menace, un chantage, ce qui n’est pas positif dans cette situation.

 

Cela ne va pas mettre votre candidature en avant. Restons cordiaux. Une autre question sur l’entreprise : « On parle beaucoup de forums de recrutement. Où puis-je les trouver ? »

 

QT : Sur notre site internet, on a un agenda avec les différents forums auxquels on participe. Vous avez également des sites dédiés comme letudiant.fr, qui répertorie les forums et les salons. Et si vous tapez dans Google « salons de recrutement », il y a forcément des listes.

 

Qu’il soit virtuel ou près de chez vous, l’idée c'est de se renseigner au quotidien.

 

QT : On peut aussi se renseigner auprès des associations (la FEDEEH, l’ADAPT, qui relaient leurs actions).

 

MD : Il y a de plus en plus de forums qui ne sont pas nécessairement dédiés au thème du handicap ou réservés aux personnes handicapées qui vont accueillir un espace handicap dans leur forum. Là, vous pourrez rencontrer des recruteurs handi-engagés qui sont ouverts à cette question du handicap.

 

QT : Ce sont les missions handicap qui sont présentes, et cela permet d’identifier les entreprises qui ont une mission handicap.

 

C’est ceux qui sont engagés qui vont discuter sur le marché du travail «  classique ». Cela permet d’ouvrir la vision de tout le monde, ce qui est plutôt positif.

 

MD : Et vous avez aussi, sur le même principe, sur les forums emploi et entreprises des écoles et des universités, un système de handicafé, organisé soit par la FEDEEH soit par l’ADAPT, et qui permet (ce qui est différent d’un format classique d'un forum de recrutement) de susciter la rencontre, d’échanger. Il y a une dizaine de tables avec une dizaine d'intervenants (en général le CED est présent) et les recruteurs ou les associations. On est sur un forum entreprises de l’école et de l’université, mais dans un espace de ce forum, l’handicafé. Cela vous permet de poser des questions très directement aux recruteurs, de les rencontrer, de donner votre CV bien sûr et de prendre des conseils.

 

Finalement on a moins d’enjeu parce que c'est un cadre un peu plus sympathique, différent.

Vous avez abordé justement cette question d'établissement. On retrouve aussi des initiatives dans les établissements. On va aborder la question des études : l'alternance est un moyen de concilier l'emploi et les études. On va s'intéresser à ce que les écoles et les universités peuvent vous apporter au quotidien, avec notamment cette question d'Irina : « Comment savoir si une université possède des structures d'accueil spécifiques aux handicapés ? »

 

MD : Bonne nouvelle, toutes les universités ont une structure d'accueil et d'accompagnement des étudiants handicapés. Vous pouvez retrouver les noms des personnes qui travaillent pour ces structures sur un site internet du ministère qui t'appelle Handi U. Egalement dans les écoles, de plus en plus d'écoles ont nommé des référents handicap qui s'occupent de cette question. Ils ne sont pas toujours aussi faciles à trouver que les structures d'accueil et d'accompagnement des universités. Cela peut être une personne du service scolarité, du service relations entreprises, du service vie étudiante dans les écoles, qui a aussi la casquette de référent handicap et qui va se charger d'aménager vos études et de vous permettre d’être diplômé.

 

Et à chaque fois, c’est quelqu'un d’informé et de formé, qui peut transmettre l'information et qui est en contact avec les associations, les entreprises ?

 

MD : Tout à fait, en tout cas c'est ce qu'on essaye de leur dire dans les formations qu'on leur propose (on forme les référents handicap qui en ont besoin ou qui viennent de prendre leur poste). Effectivement, ce travail en réseau ne peut pas se substituer aux autres acteurs de l'école et l'université. Parler du handicap en termes de besoins d'aménagement et pas médicalisé etc. Répétons-le, il ne faut pas en parler en terme médical mais en termes d’adaptations à mettre en place au fur et à mesure de ce dont je vais avoir besoin pour vraiment réussir mes études.

Toutes les universités ont une structure d’accompagnement qu’il faut solliciter, le plus en amont possible. Anticipez, même bien avant d’avoir votre bac. Allez-y maintenant. Si on est dans le cas d'un handicap lourd et si on a des craintes par rapport à l'université, qui est un lieu dans lequel on demande beaucoup d'autonomie à tout le monde, anticipez le plus possible, allez voir le référent handicap dès maintenant, demandez-lui un rendez-vous, il sera ravi de vous accompagner avant même l'intégration.

 

Jean-Baptiste voudrait savoir quelles sont les formations qui acceptent des étudiants situation de handicap.

 

MD : Rappelons le principe : toutes les formations et tous les emplois sont ouverts à tous, donc aussi aux personnes handicapées. Il ne faut pas se mettre de barrière, sauf s'il y a contre-indication médicale. Si vous avez besoin d'être accompagné, si vous avez besoin d'aménagements de compensation de votre handicap pour mener à bien vos études, il faut trouver une personne dans l'université ou dans l'école qui va vous aider avec vos compensations. Dans les universités, c'est vraiment bien identifié et organisé, mais dans les écoles on y arrive. Et même s'il n’y a pas de référent, il faut vraiment le faire quand même, parce que c'est grâce à vous qu’on peut faire bouger les choses aussi. Ne vous censurez pas. Il y aura forcément des personnes qui se sentiront concernées. Il y aura des personnes qui seront là pour vous aider.

 

Tristan se demande si l'alternance et la meilleure manière de s'intégrer en entreprise, quand on suit des études.

 

QT : L’alternance est déjà un premier pas vers le monde de l’entreprise. Et c'est l'entreprise qui vous forme, donc elle a tout intérêt à vous embaucher dans la foulée, et pour une personne en situation de handicap, il y a cette connaissance d’adaptation de postes dont elle aura besoin, donc ça peut être un bon levier pour être embauché. Plutôt que d’aller postuler pour un stage ou un contrat, on peut passer par l'alternance, car en plus on a la formation en parallèle. Après, c'est aussi intéressant parce qu’en alternance, on vous forme. C’est l’occasion d’être formé, d’avoir une première expérience puis de construire petit à petit sa carrière ou sa reconversion. C’est un levier intéressant.

 

Et si on n'est pas très scolaire, c’est un moyen d’entrer rapidement dans le monde du travail. Vive l’alternance ! Michel voudrait organiser des actions autour du handicap au sein de son école avec des amis pour sensibiliser les étudiants. A qui peut-il s'adresser ?

 

MD : Vous pouvez déjà faire appel à moi. C’est quelque chose qu'on propose et que d’autres associations proposent, sous d'autres formats également. J’anime dans les écoles et les universités, que ça soit à la demande des étudiants ou à la demande d'un référent handicap, des conférences-débats de sensibilisation. C’est un premier contact avec la thématique qui nous permet d’aborder le thème de la non-discrimination en général, la question d'égalité des chances, tout ce dont on a parlé, les compensations, comment les entreprises comprennent ce sujet et s’organisent avec la loi etc. En général, cela permet d’avoir un premier événement pour une association étudiante dédiée au handicap ou à l’égalité des chances qui est en train de se créer, ou pour des étudiants qui sont actifs dans un BDE ou dans un autre type d'associations plus globales, pas nécessairement dédiées mais qui voudraient faire une action sur le handicap.

 

Et puis peut-être utiliser uDiversal pour cela. On peut créer des événements, des groupes.

 

QT :  Oui, on peut créer des groupes de discussion sur des thématiques pour échanger, pour poser des questions, donc si vous avez des questions après ce chat, vous pouvez les poser sur uDiversal, des experts vous répondent ou d'autres témoignages vous permettent d'avoir des réponses.

 

MD : Et il y a des groupes sur l'enseignement supérieur (« Hanploi and School » par exemple) dans lesquels on peut échanger, sur lesquels les étudiants et les référents handicap sont inscrits.

 

Donc si d’autres étudiants dans d'autres établissements ont peut-être déjà eu des initiatives, ils peuvent vous donner leurs conseils. Alors n'hésitez pas.

Prenons une question à laquelle on a déjà plus ou moins répondu, mais qui revient,  donc c'est qu'on peut encore y répondre : « Est-il préférable dans un CV de mentionner son handicap, et en entretien, comment aborder ces difficultés ?

 

QT : Comme on le disait, sur le CV, tout dépend de l'entreprise et du poste. De toute façon si on veut répondre à une offre, on se renseigne sur l'entreprise pour savoir si elle est handi-engagée. Si vous répondez directement sur hanploi.com, vous n’avez pas forcément besoin de le préciser (ce ne sera pas un critère de sélection, tout comme j’espère que nulle part c’est un critère de sélection). Dans l’entretien, c’est important de ne le mentionner qu’à la fin parce que ce n’est pas quelque chose à mettre en avant : ce qu’on cherche, ce sont des compétences. Or, c'est juste une amélioration du cadre dans lequel va évoluer la personne. On peut donc, à la fin de l'entretien, l’aborder, sachant qu’il y a d’autres acteurs au sein de l'entreprise (la mission handicap, des référents handicap) avec qui vous pouvez échanger sur le fait de devoir adapter le poste ou non, et ce n’est pas forcément avec le recruteur qu’il faut en débattre. C'est vraiment au cas par cas. Je pense qu'il faut d’abord bien se renseigner sur l'entreprise.

 

MD : Et la seule chose qui peut intéresser le recruteur, c’est de savoir s’il y a des choses du poste que vous ne pourrez pas faire à cause de votre handicap ou que vous ne pourrez faire que si on vous fournit tel ou tel aménagement ou compensation. C’est la seule chose qui peut intéresser un recruteur.

 

D’accord. La dernière question avant de nous quitter : uDiversal intéresse beaucoup de monde. Jacques nous demande comment s'inscrire sur uDiversal. Est-ce gratuit ?

 

QT : uDiversal, c’est gratuit. L'inscription est très simple, on n'a pas besoin d’aller valider un email. C'est vraiment le nom, le prénom, l'adresse email, le mot de passe, la confirmation du mot de passe et vous êtes inscrit directement. Vous arrivez sur un fil d'actualité et vous pouvez aller remplir votre profil pour optimiser votre image sur le réseau, mettre en avant vos compétences et puis explorer les pages entreprises des groupes pour vous renseigner sur l'entreprise dans laquelle vous voulez travailler éventuellement.

 

J’espère qu'on a été complets sur uDiversal qui, vous voyez, motive déjà beaucoup de monde et où tout le monde peut aller. Vous pouvez prendre de l'information, en donner, échanger. Je voudrais, à chacun, vous demander un dernier conseil pour ceux qui nous regardent et qui auraient encore quelques inquiétudes au bout de ce chat. Mélanie, qu’est-ce que vous pouvez conseiller ?

 

MD : Mon dernier conseil, c’est de retenir que déclarer son handicap c'est une démarche volontaire, confidentielle, qu’on fait quand on se sent à l'aise de le faire dans l'entreprise, mais qui vous permet vraiment de ne pas être pris pour quelqu'un d'incompétent alors que vous auriez peut-être des limitations à cause de votre handicap qui peuvent être facilement compensées. Quand on est jeune diplômé, quand on est étudiant, on a beaucoup de mal à se rendre compte de la manière dont on peut compenser son handicap. Dans les entreprises, vous avez souvent des gens spécialisés (le médecin du travail, le chargé de mission handicap) à qui vous pouvez référer pour mettre en place ces compensations. C’est la même chose dans les universités et dans les écoles avec le référent.

 

On se renseigne, on s’informe, on informe, on partage l’information, c'est ce qui va permettre d'avancer et surtout sans complexes, puisque c'est finalement cette peur de départ qu'il faut retirer de ne pas savoir comment le gérer avec des personnes qu'on ne connaît pas encore. On abat tout ça et on prend confiance. Et pour vous, Quentin ?

 

QT : Ce serait vraiment d’optimiser la visibilité sur le web, parce que ce sont les nouveaux outils : mettre en avant les compétences, parce qu’un recruteur cherche une personne avec des compétences précises. Vous pouvez utiliser nos outils : hanploi.com parce qu’on a des offres d'emploi en alternance, donc ça vous permet aussi de voir les postes qui sont à pourvoir, de vous renseigner sur l’entreprise qui recrute ; et puis uDiversal qui permet de centraliser l'information et d’avoir ainsi accès à cette information plutôt que d'aller chercher sur différents sites. On essaie vraiment de centraliser les experts et c’est à vous aussi de partager des témoignages, des questionnements, des interrogations qui feront évoluer les mentalités et les choses. On a tout à apprendre les uns des autres sur le handicap et la diversité.

 

Je rappelle les adresses de ces sites : Hanploi.com et uDiversal.com. Et vous, au quotidien pour vos missions du CED, n'hésitez pas à prends plus d'informations sur ces sites. Merci à vous deux, Mélanie Duval et Quentin Treuillard, d’avoir répondu à ces questions. Merci à tous ceux qui ont rendu cette émission possible, que ce soit techniquement, présentement en étant sur ce plateau, ou même vous derrière votre écran avec vos questions. Ce chat est désormais terminé, merci de nous avoir suivis.

N’oubliez pas, le meilleur est à venir et les jeunes ont de l'avenir !

Au revoir !


hanploi-CED hanploi_com UDiversal


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