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Chat vidéo : "L'alternance, une opportunité pour tous"

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Vous avez tout entendu sur l'alternance, mais vous ne savez pas encore quoi en penser. Et si vous écoutiez ceux qui la vivent au quotidien ?

Nos invités sont venus témoigner et répondre à vos questions lors d'un Chat en vidéo réalisé en partenariat avec Les industries technologiques, diffusé sur letudiant.fr et disponible en Replay ci-dessous.

Les intervenants :

- Emily DUMAIS, apprentie en BAC PRO Maintenance des Équipements Industriels à Reims

- Cyril COLLARD, représentant du pôle formation des industries technologiques de Champagne-Ardenne

- Nathalie MATHY, responsable développement Ressources Humaines de l'établissement VALEO à Reims

Ils ont répondu en direct aux questions des internautes de letudiant.fr, lors d'une émission. Regardez la vidéo ci-dessous.
 

Bonjour. Bienvenue sur letudiant.fr pour un nouveau chat vidéo.

Nous allons, aujourd’hui, parler de l’alternance, une opportunité pour tous. L’alternance, c’est quoi ? Pour vous répondre, en direct, trois invités vont vous répondre, chacun de son point de vue.

Emily DUMAIS, vous êtes apprentie. Vous étiez apprentie. Vous continuez, même. Vous avez, donc, une double expérience dans l’alternance. En BAC PRO Maintenance des Équipements Industriels. Maintenant, en BTS Maintenance Industrielle. Si vous continuez, c’est que ça vous a plu. Vous allez nous raconter tout ça, comment vous avez commencé l’alternance. Pourquoi ça vous a plu. Pourquoi vous continuez. Vous êtes notre témoin privilégié, aujourd’hui.

Nathalie MATHY, responsable développement RH chez VALEO. C’est votre entreprise qui a accueilli Emily. Vous allez nous raconter comment cela se passe du côté de l’entreprise. Quels avantages, aussi.

Cyril COLLARD, responsable du pôle formation en Champagne-Ardenne. C’est là que tout s’est passé. C’est à Reims, pour Emily et pour l’entreprise. Vous avez mis en contact les différentes parties et vous allez nous expliquer comment cela se passe du côté des établissements.

 

Qu’est-ce que l’alternance ?

 

Emily, vous avez été apprentie en BAC PRO. Comment avez-vous entendu parler de l’alternance ?

 

Emily DUMAIS : J’étais déjà dans l’entreprise au moment où j’en ai entendu parler. C’est l’entreprise qui m’a proposé d’intégrer cette formation par le biais de l’alternance.

Pour eux, l’avantage, c’était que vous soyez formée, en plus de ce que vous faisiez, déjà, dans l’entreprise ?

 

ED : Oui.

 

Ils vous l’ont présenté comment ? Sur une rentrée en septembre, classique, comme en formation continue, mais, là, l’idée, c’était que vous alterniez un rythme en entreprise et en tant qu’étudiante.

 

ED : Oui.

 

Nathalie, quel était l’avantage pour vous, l’entreprise, d’avoir quelqu’un qui soit dans l’entreprise, mais qui est, quand même, formé à côté ?

 

Nathalie MATHY : Pour nous, l’intérêt, c’est le développement des compétences de la personne, puisqu’Emily travaillait dans l’entreprise avec un parcours qui n’avait rien à voir, ni avec l’industrie, ni avec ce qu’elle y faisait. Dans la mesure où elle a pu démontrer ses capacités et son potentiel, nous, on a souhaité l’accompagner dans cette démarche pour l’accompagner dans son développement de compétences et, nous aussi, bénéficier du développement de son parcours.

 

C’est gagnant-gagnant, finalement. Ça permet à l’entreprise d’avoir quelqu’un qui a les compétences, mais qui continue à travailler et à connaître les rouages, plutôt que de faire une pause de deux ans pour la formation et de revenir, ensuite, …

 

NM : Tout à fait. Et de perdre le fil, éventuellement, pendant ces deux ans, avec le cœur de métier, car, dans l’entreprise, elle fait son travail.

 

C’est en y étant que l’on apprend.

Cyril, l’avantage, pour un établissement formateur, c’est quoi ? Quand l’étudiant est absent la moitié du temps ? Comment on gère ça ?

 

Cyril COLLARD : Nous, les apprentis étant en alternance, on a, toujours, des apprentis dans notre centre de formation. L’avantage, pour nous, c’est notre raison d’être : un outil de formation des entreprises. On est là pour répondre aux besoins en compétences. C’est ce que l’on fait dans notre quotidien : former les futurs collaborateurs des entreprises. D’où un taux d’insertion important, puisqu’on parle de formation en alternance, mais, derrière, se cache l’idée de recrutement.

 

Emily, quels étaient les avantages, pour vous, concrètement, au quotidien ?

 

ED : Concrètement, c’est de rester, déjà, dans l’entreprise, donc, d’acquérir de l’expérience professionnelle, d’avoir un salaire tout en développant ses compétences dans différents domaines et, en plus, d’avoir un diplôme, dans la finalité.

 

Question de Myriam : « On commence par chercher l’entreprise ou on commence par cherche l’école ? ».

Emily, vous étiez, déjà, en entreprise, mais on aurait pu imaginer que vous étiez en formation et être intéressée pour, déjà, travailler en parallèle.

Cyril, c’est, peut-être, le genre de profils que vous avez, au quotidien ?

 

CC : On a les deux profils : des personnes qui viennent simplement s’inscrire : « J’ai une entreprise ; je m’inscris. ». Par contre, nous, étant outil de formation des entreprises, les entreprises nous communiquent leurs offres.

 

Elles viennent déjà avec des demandes ?

 

CC : On a un besoin. Nous, après, on communique auprès des différents publics (scolaires, non-scolaires, demandeurs d’emploi, etc.) et on met en relation les jeunes avec les entreprises pour faire ce que l’on appelle des mariages.

 

Nathalie, ça arrive, souvent, qu’une entreprise ait des besoins de personnes en formation et qu’elle s’adresse à des établissements ?

 

NM : Oui, tout à fait. Chaque année, on a un volant de recrutement de nouveaux apprentis qui viennent à la suite des précédents. On a une bonne capacité d’accueil de ces personnes en formation. Pour nous, l’intérêt est d’avoir des personnes nouvelles en formation, qui viennent apporter leur diversité de parcours, leur créativité. On a cette capacité de les accompagner, de les tuteurer tout au long de leur parcours dans l’entreprise.

 

Quelles qualités faut-il avoir pour être en alternance ?

 

Emily, l’alternance, c’est être à la fois salarié et étudiant. Il y a, peut-être, des difficultés à gérer les deux au quotidien. Pour vous, quelle était la principale difficulté de ce rythme en alternance ?

 

ED : D’une part, de se replonger dans l’univers étudiant.

 

Reprendre les cours…

 

ED : On a des devoirs à faire à la maison, des rapports de stages à faire, pour valider notre examen. Tout au long des deux ans, on va construire ce dossier-là.

 

Quand on est 15 jours en entreprise et qu’après on va à l’école, qu’on se dit : « Il faut reprendre les cahiers, les fiches, les cours… » et, surtout, le soir, travailler ses révisions, alors que, au travail, on fait ses heures de travail. C’est ce qui est difficile à accorder ?

 

ED : C’est ce qui est un peu difficile, mais je pense qu’avec de la volonté et de l’organisation, tout est possible, après.

 

Justement, vous vous organisez comment ? Vous révisez un peu pendant que vous travaillez, aussi ? Il faut étaler, un petit peu, le travail ?

 

ED : Oui, il ne faut surtout pas se décrocher de l’aspect étudiant, quand on est dans l’entreprise.

 

Parce qu’on peut avoir de l’échec, aussi. À la fin, il y a un diplôme. Il faut le réussir. Quel regard ont les établissements là-dessus ?

 

CC : Le degré d’exigence, en alternance, est exactement le même que par voie continue, car c’est un diplôme de l’Éducation nationale, donc ce sont les mêmes contraintes. Il ne faut surtout pas décrocher de la formation, quand l’apprenti est en entreprise. Ça demande du travail régulier, à la maison, etc., mais il ne faut pas revenir en entreprise, revenir en CFA, en s’étant complètement vidé la tête… Ce sont les mêmes diplômes, mais le rythme de l’alternance est un peu plus soutenu, car, la moitié du temps, l’apprenti est en entreprise.

 

Question de Michaël : « Comment gérer la quantité de travail ? ». Est-ce que les entreprises sont, un petit peu, sympathiques avec leurs salariés étudiants ? Est-ce qu’elles leur disent, des fois : « Ok. Ne force pas trop. » ou, au contraire : l’entreprise a des besoins. Il faut, aussi, écouter ça.

 

NM : L’exigence, elle est, aussi, dans l’entreprise, qui a des besoins. Un contrat est passé, au démarrage de la formation. Il est certain que les périodes en entreprise doivent rester le lieu du travail de l’entreprise. Les personnes en alternance ou en apprentissage sont accompagnées, dans l’entreprise, par un tuteur. C’est une situation qui est connue, qui est partagée, aussi, dans les équipes. Il est évident que l’entreprise est, aussi, à leur côté, pour les soutenir. Mais, dans l’entreprise,  le travail qui est à produire, c’est celui de l’entreprise.

 

CC : L’assimilation des savoirs professionnels est plus aisée en alternance, car il y a une mise en application concrète en entreprise, aussitôt.

 

Emilie, vous avez eu recours à ce tuteur, dans votre entreprise ? Vous étiez en rapport avec lui, quand vous aviez un coup de mou… ou tout s’est, toujours, bien passé ?

 

ED : Oui, tout à fait. J’ai un tuteur. Je sais que je peux m’appuyer sur lui, si j’ai des difficultés techniques. Dès le départ, il m’a dit : « Si tu as besoin, je serai là pour t’épauler et pour t’aiguiller. » et il l’a très bien fait lors de mon rapport de stage pour mon BAC PRO.

 

Comment cela s’est-il passé ? Il a eu un regard sur comment il fallait s’exprimer ?

 

ED : Il a eu le regard professionnel qu’il me manquait, sur mon rapport. Donc, il a pu m’aiguiller, me guider… en sachant que lui savait ce que les gens allaient attendre de ce rapport-là. Il a pu, vraiment, m’aider.

 

Il a un point de vue qui est plus ouvert. Donc, encore une fois, le côté gagnant-gagnant, même s’il y a deux rythmes difficiles à gérer, il y a, toujours, quelqu’un pour aider ; on n’est pas tout seul et on n’est pas perdu.

 

CC : Le centre de formation et l’entreprise travaillent en étroite collaboration avec un suivi de l’alternance. Ce ne sont pas deux vies. On accompagne les tuteurs dans leur fonction et il y a un suivi rigoureux au niveau de l’alternance.

 

Vous aussi, vous discutez ensemble. Ce n’est pas chacun de son côté.

 

CC : En permanence.

 

Vous êtes tout le temps là pour l’étudiant salarié.

Emily, qu’est-ce qui vous a le plus plu dans cette gestion des rythmes ou dans cette découverte d’une entreprise en même temps que vous appreniez ? Que retenez-vous de l’alternance au bout de ces deux ans ?

 

ED : Personnellement, je retiens l’autonomie, au sein de l’entreprise. Cela nous permet d’appliquer, directement, sur le terrain ce que l’on apprend en cours et de constater, par nous-mêmes, que oui, si j’applique cette méthode-là, c’est efficace, alors que, sans le savoir, j’aurais fait autrement, dans une autre situation.

 

Le rythme entreprise/formation

 

Comment s’organise le rythme entreprise/formation ? Il y a plusieurs modèles. Cyril, vous le confirmez. On peut être soit 2 jours en entreprise/3 jours en cours ; 3 semaines/2 semaines… Tout est proposé.

Emily, pour vous, ça se concrétisait comment ? Quel était le rythme ?

 

ED : 2 semaines d’entreprise/2 semaines d’école.

 

Emily, vous étiez dans la même ville : Reims.

Question : « L’entreprise nous est imposée ou on la choisit ? ». C’est important, car si l’on va être dans un rythme de 1 an, 2 ans et que l’on est dans quelque chose où la formation plait, mais, l’entreprise, moins, comment on s’en sort ? Donc, finalement, on a une grande liberté ?

 

CC : J’ai utilisé, volontairement, le terme de « mariage », tout à l’heure. L’apprenti choisit son entreprise ; l’entreprise choisit son apprenti. Le but, c’est de faire un bout de chemin ensemble.

 

L’idée, c’est que ce soit profitable à tout le monde. Ce n’est pas une entreprise qui demande et la formation va suivre. Ce n’est pas : on va inscrire 30 élèves, car il le faut… Il faut que, vraiment, tout le monde s’y retrouve, car il y a des objectifs, à la fin. Un diplôme, une efficacité en entreprise, Cyril, pour vous, une réussite sur certains taux aux examens. Comment on organise tout ça ? Le rythme ? Vous vous mettez d’accord, sur les alternants, en disant : « Il sera 2 semaines chez nous/2 semaines là-bas…, 2 jours, 3 jours… ? ».

 

NM : C’est structuré à l’avance en fonction des formations.

 

CC : Voilà. En fonction des contraintes métiers. Le centre de formation propose une alternance à l’entreprise. Pour les métiers de la maintenance, on est parti du principe que 15 jours en CFA/15 jours en entreprise semblait pertinent. Pour une formation commerciale, un rythme 1 semaine/1 semaine semble plus pertinent. Tout cela est connu d’avance par un calendrier. Tout est prévu. Tout est carré.

 

Par exemple, l’entreprise a besoin, vraiment, d’avoir 15 jours minimum la personne à disposition. Que moins, ce ne serait peut-être pas assez pour finir une mission…

 

CC : Oui, par rapport aux missions et pour être en immersion totale dans l’entreprise. 15 jours nous a semblé être pertinent pour l’entreprise et pour les apprentis.

 

Emily, vous aviez quelles responsabilités, quand vous étiez en entreprise ? Est-ce qu’on s’occupe de vous ? Est-ce qu’on se dit : « Comme on ne la voit que 15 jours dans le mois, on ne va pas trop s’en occuper. » ? Comment cela se passe ?

 

ED : Non, pas du tout. Au contraire. Quand j’arrive, j’ai un ordre de mission, donc, je sais ce que je vais faire. J’ai aussi accès à la formation de mon tuteur.

 

C’est lui qui dirige…

 

ED : Voilà. De ce que lui a prévu. Du fait d’être absente pendant 15 jours, ça complique, parfois, la communication. Je vais voir mon tuteur. Il m’explique : « Voilà. On va mettre ça en place. Il faut que tu partes de là pour arriver là. ». Donc, j’ai ma petite mission, pour mes 15 jours. Bien souvent, ça se passe comme ça. Après, à moi de lui donner les résultats obtenus à la fin de ces 15 jours.

 

Sur les 15 jours ou ça peut être sur du plus long terme, un travail découpé ?

 

ED : Ça peut être sur du beaucoup plus long terme, comme sur une année complète ou sur 2 jours, selon les missions. C’est divers.

 

Finalement, c’est la multiplication des missions…

 

CC : Le tuteur prend connaissance du travail qui a été fait en centre de formation, toujours, dans cette optique de mettre en application ce qui a été vu de façon un peu plus théorique en CFA pour le mettre en application. Donc, il y a des documents de liaison, des interfaces, qui permettent au tuteur de savoir ce qu’il a été fait en CFA et au CFA de savoir ce qu’il a été fait en entreprise.

 

L’idée, c’est de pouvoir dire : ce mois-ci, on va travailler sur cette thématique. À l’entreprise de dire : à la fin du mois, l’apprenti est formé sur ce point. Et on évolue petit à petit ?

 

NM : Ça peut…. C’est, aussi, en fonction des projets qui sont d’actualité dans l’entreprise, sur une machine particulière, un projet concernant la sécurité, le renforcement d’un élément de sécurité sur la machine… C’est dans ce contexte-là que vont être mises en pratique les connaissances que l’apprenti va avoir acquises à l’école.

 

C’est important, pour le pôle formation, d’avoir ce retour immédiat de l’entreprise ?

 

CC : Bien sûr. C’est important et c’est primordial. Déjà, pour savoir si l’on fait bien notre travail et, surtout, pour l’apprenti, savoir s’il a bien acquis les compétences qui sont demandées par le référentiel. En alternance, on a un double référentiel. On a un référentiel Éducation nationale, qui est, déjà, écrit et gravé dans le marbre, mais on a, aussi, le référentiel entreprise, avec des besoins spécifiques et le centre de formation s’adapte, aussi, aux besoins spécifiques de l’entreprise, car, on l’a vu tout à l’heure, il y a un retour du CFA avec ce qui doit être mis en application en entreprise, mais l’inverse est possible, aussi. L’entreprise peut avoir certaines exigences, en termes de compétences et, du coup, le centre de formation s’adapte.

 

Question de Stony : « En quoi ça intéresse les entreprises ? ».

Mais, finalement, on vient de le dire : on a un retour immédiat. Quel était l’avantage, pour vous ? De vous voir évoluer, sur chacun des points ? C’est d’avoir une pédagogie et l’entreprise sur laquelle la mettre en place ? Ne pas avoir à attendre 2 ans avant de voir les effets ?

 

ED : Oui, c’est sûr. Et on se voit, rapidement, évoluer.

 

Si ça ne marche pas. Si on voit qu’on est en échec sur un point, comment on peut régler ça ? On en discute entre les différents tuteurs ? Ça se met en place facilement, ça ?

 

CC : On en discute. On a un suivi rigoureux, donc on n’attend pas que le bulletin de notes tombe pour se rendre compte qu’il y a des difficultés. Donc, par rapport à différents outils de suivi, on peut détecter d’éventuelles difficultés et, là, avec l’entreprise, on y travaille. Qu’est-ce qui peut être apporté en entreprise ? Qu’est-ce qui peut être apporté en centre de formation ? Du soutien, de l’accompagnement, une individualisation de la formation, etc. On veut tous la même chose : la réussite de l’apprenti.

 

On travaille sur de petits effectifs. On est rarement sur des classes de 50 que l’on va mettre dans une entreprise. Il y a, vraiment, un rapport détaillé à l’étudiant salarié, finalement. Comment gérez-vous tous ces interlocuteurs ? Au bout d’un moment, j’imagine que ça se multiplie… C’est une perte ou un gain de temps ?

 

NM : L’interlocuteur-clé, dans l’entreprise, au-delà de ma fonction Ressources Humaines, ce sont les tuteurs, qui sont responsables. On peut dire que c’est le « chef » de l’apprenti, quand il est dans l’entreprise. Il est tuteur, car il va l’accompagner dans sa formation, mais il dirige, aussi, son travail. C’est à lui que l’apprenti rend des comptes sur le travail qu’il fait. Dans l’entreprise, en fonction de là où sont les apprentis, il va y avoir différents tuteurs, différents interlocuteurs. Finalement, on est plus nombreux que nous trois, autour de la table, pour…

 

Pour gérer tout ça au quotidien. On voit un peu mieux le rythme. Vous étiez essoufflée, au bout de ces 2 ans de formation ? Vous étiez équilibrée, car on a des études, mais on a, aussi, du boulot ? Comment cela se passait ?

 

ED : Ça s’est, plutôt, bien équilibré, du fait, déjà, d’avoir un tuteur sur qui se reposer. À l’école, ce ne sont pas des enseignants, comme dans l’Éducation nationale, ce sont des formateurs, des gens qui ont, déjà, eu, eux-mêmes, leur expérience en entreprise. Donc on n’a pas du tout le même rapport avec nos formateurs sur ce point-là. Ils sont, là, aussi, pour nous aider à surmonter les petites baisses de morale que l’on peut avoir, parfois…

 

Ils savent ce que c’est. Ils viennent de différentes entreprises et ils viennent vous enseigner un point, en particulier. Ils se succèdent. À la limite, si on n’aime pas le prof, c’est mieux : on le verra une ou deux semaines et on passe à un autre…

Le statut. Il est un particulier, car, premier avantage, vous gagnez de l’argent en étant étudiant.

 

Le statut en alternance

 

La grande question que l’on se pose : on est salarié ou on est étudiant ?

 

NM : Dans l’entreprise, on est salarié.

 

CC : Pour le centre de formation, on est salarié.

 

ED : Moi, je suis salariée.

 

Alors, il y a des avantages, des inconvénients. Premier avantage : il y a un peu d’argent qui tombe à la fin du mois. Ça, c’est bien.

En revanche, les règles de l’entreprise s’appliquent, même, quand vous êtes en cours. Si vous êtes absente, en cours, si vous vous levez trop tard, si vous n’êtes pas là, sans justification, que se passe-t-il ?

 

ED : On doit rendre des comptes et à l’école et à l’entreprise, car, avant tout, on est salarié d’une entreprise. Donc, si l’on n’est pas venu parce qu’on est malade, il faut ramener un arrêt maladie. Ce n’est plus le mot des parents… On est, vraiment, responsable de nous-mêmes et de nos actes.

 

Ça responsabilise. Vous avez senti que, par rapport à une autre formation, vous êtes impliqué tout de suite et que l’on grandit beaucoup plus vite, finalement ? Ce statut particulier d’alternant vous a apporté quoi ?

 

ED : Oui. Justement, on prend beaucoup en maturité, rapidement. Je pense qu’il n’y a que des avantages à suivre ce genre de formation.

 

« Est-ce que l’alternance est bien vue sur un CV ? », question de Carine.

 

NM : Oui, tout à fait, car c’est une expérience professionnelle. On démarre étudiant dans l’objectif d’avoir un diplôme et, tout au long de cette période, on alterne des périodes en entreprise où l’on fait un travail. À l’issue des deux ans, il n’y a aucun doute que la personne est prête à travailler. Elle sait ce qu’est une entreprise et elle a produit du travail. Nous, on a une lecture du CV comme une authentique expérience professionnelle.

 

« On entend le statut d’apprenti, d’alternant. Quelle est la différence entre l’apprentissage et l’alternance ? », question d’Emmie.

 

NM : L’apprentissage, c’est un mode d’alternance. L’alternance, c’est le sens générique pour dire que l’on fait des études et que l’on a des périodes en entreprise régulières ; pas un semestre d’études et un semestre de stages. On se retrouve, régulièrement, à l’école et en entreprise. Il y a deux modalités différentes : il y a le contrat d’apprentissage, donc, l’apprenti, et le contrat de professionnalisation. Les deux ont des spécificités, mais, le terme générique, c’est l’alternance.

 

C’est une question, notamment, d’âge : en-dessous de 26 ans, on peut être apprenti, au-dessus, on sera, plutôt, en professionnalisation. Ça s’adresse à des publics différents.

 

NM : Oui. De formation.

 

Pour vous, Emily, c’était l’apprentissage. Comment s’est défini le contrat ? Le contrat, vous l’avez signé avec qui ? On signe deux contrats ? On signe un contrat ? Comment cela se passe ?

 

ED : On signe trois contrats. Moi, je ne l’ai signé qu’à l’entreprise, après, …

 

CC : C’est un contrat en trois exemplaires, mais ça reste un contrat entre le salarié, l’apprenti, et l’entreprise, sur lequel est désigné un centre de formation.

 

C’est comme si on n’avait pas forcément besoin d’être à l’école, mais on y est, quand même, un peu.

« À quel salaire peut-on prétendre pendant son alternance ? », demande Maryline.

 

NM : Il y a des grilles, selon l’âge, selon le niveau d’études, l’année d’études. C’est un pourcentage du SMIC ou des minimas conventionnels. C’est particulier à chaque secteur, à chaque entreprise.

 

C’est évolutif. Il y a des grilles auxquelles on peut se référer ?

 

NM : Sur internet.

 

CC : En fonction des branches d’activité, les salaires peuvent être variables.

 

Quelles sont les obligations et les responsabilités, quand on est étudiant salarié ? Est-ce qu’on doit rendre le devoir tel jour, à telle heure ? Est-ce qu’on doit être présent à 8 heures au travail, quand il le faut ? Emily, quels sont les avantages ? Parce que vous avez des contraintes, mais vous avez aimé… Pourquoi faites-vous une deuxième formation en alternance ?

 

ED : D’une part, on est salarié, donc, on est payé. Comme on est payé par une entreprise, on fournit un travail à cette entreprise, donc, on a, aussi, le droit aux congés payés. Ça fait partie des avantages. Il faut, aussi, être ponctuel. Il ne s’agit pas d’arriver un quart d’heure après, parce que… Une fois, deux fois, ça passe, mais bon, il ne faut pas en abuser.

 

CC : Autre avantage qui est à noter, qui n’est pas la première priorité pour les jeunes : un apprenti cotise pour sa retraite.

 

Ça, c’est important. C’est-à-dire que l’on est, déjà, considéré un peu comme salarié, que ce sont des années de gagnées par rapport à si l’on avait été en études et que l’on repoussait, un peu, la date… On prendre sa retraite plus tôt…

« Je n’ai toujours pas d’entreprise. Comment faire pour en trouver une ? », demande Marie.

Il y a des contacts entre les établissements et les entreprises. À qui s’adresser quand on est… Là, elle voudrait faire un BTS MUC, mais qui contacte-t-on quand on n’a pas d’entreprise ? Le pôle formation peut-il être un lien ?

 

CC : Déjà, se mettre en relation avec le centre de formation. Chaque centre de formation fonctionne de manière différente, mais, les entreprises connaissant les offres de formation, elles contactent, directement, le centre qui dispense telle ou telle formation pour se renseigner ; si le centre de formation est en contact avec des jeunes. Sinon, beaucoup d’entreprises déposent des offres de contrats en alternance sur les sites traditionnels Pôle emploi…

 

On les trouve partout, sauf qu’elles sont catégorisées comme Alternance, au lieu de Job, CDI et CDD.

« Est-il possible de faire un apprentissage complet en BAC PRO à l’étranger ? », nous demande Samia. Peut-on faire son alternance à l’étranger ou est-ce quelque chose d’assez rare ? Vous avez déjà vu ça ?

 

CC : Non, c’est un cas très particulier. Après, c’est du juridique, mais tout relève du statut du contrat de travail, car il s’agira de signer un contrat de travail avec une entreprise étrangère, donc l’apprenti dépendra de la réglementation du pays de l’entreprise. Ça complique un peu.

 

« Peut-on poursuivre ses études après, plutôt que de travailler, tout de suite, pour la boîte ? », demande Michaël.

 

ED : Oui, tout à fait. C’est mon cas. J’ai commencé par faire le BAC PRO, en maintenance. Cette année, j’ai commencé le BTS.

 

Qui continue, selon ce cursus, dans le même secteur. Pour vous, quel était l’avantage de continuer ? Être encore plus formée sur certains points, peut-être, plus techniques ?

 

ED : Oui.

 

Vous auriez pu retourner en formation initiale, c’est-à-dire, pas d’entreprise ?  Ça aurait été compliqué ? Pourquoi ?

 

ED : Ce serait compliqué, car, si, au départ, le rythme est difficile à prendre, mais, une fois que l’on s’y fait, c’est, plutôt, agréable comme mode de vie. Ça fait une coupure. Ce n’est, jamais, la même chose. C’est sympa.

 

Quand on a goûté à l’alternance, on a envie de poursuivre ?

 

ED : Oui, je le pense.

 

Vous avez le même écho par ceux qui sont passés par l’alternance ?

 

NM : Oui.

 

CC : D’expérience, oui. Ça se fait dans un sens, mais, rarement, dans l’autre. Une fois que l’on a commencé par l’alternance, on bascule, très rarement, en initial, car il y a un rythme auquel on prend goût. Il y a, aussi, une rémunération que l’on perçoit et que l’on ne percevrait plus. Les avantages font que l’on reste en alternance.

 

C’est une bonne passerelle pour accéder, ensuite, à l’emploi ? Nathalie, souvent, une entreprise engage un étudiant qu’elle a formé ? Ça arrive, souvent, le contrat à la suite de cette formation en alternance ?

 

NM : Le « souvent » est relatif. Ça arrive. On a encore eu une belle expérience, cette année, de l’embauche d’un apprenti qui était chez nous, donc, ça arrive encore. Maintenant, il faut être à même de pouvoir être mobile. En ce qui nous concerne, chez VALEO, à Reims, on n’a pas forcément des recrutements à l’issue des contrats d’apprentissage. Maintenant, au sein du groupe, il peut y avoir de belles opportunités, à la fois, en France, car il peut y avoir d’autres contrats ou du travail dans d’autres usines VALEO en France, ou à l’étranger, car nous sommes un groupe international et que l’on a la possibilité d’offrir, aussi, des VIE, qui permettent aux étudiants, aux jeunes, de partir à l’étranger pendant deux ans…

 

Finalement, la formation que l’on a eue, elle est diplômante, qualifiante et, du coup, dans votre entreprise, elle sera aussi bien vue par un pôle que par un autre.

Pour conclure, Emily, si on devait résumer les avantages de l’alternance, de votre point de vue.

 

ED : Premièrement, la rémunération.

 

C’est important. C’était votre première motivation ou pas ? Un peu, quand même ?

 

ED : Oui, il ne faut pas se mentir. L’épaulement du tuteur et de l’entreprise et, aussi, de nos formateurs au sein du pôle formation. Le fait que ce soit en alternance ; que l’on ait une coupure. Ça fait, presque, comme des vacances. Ça change le mode de vie.

 

On est plus en vacances à l’école ou en entreprise ?

 

ED : Non, ce n’est pas l’idée de vacances-vacances…

 

Ça change le rythme.

 

CC : Ça rompt la monotonie.

 

Cyril, vous entendez, souvent, ces avantages-là sur l’alternance ?

 

CC : Oui, et, surtout, le fait d’acquérir une expérience professionnelle. Surtout que, dans l’industrie, globalement, on a un fort taux d’insertion professionnelle. On parle, vraiment, de recrutement, au niveau de l’alternance. Cette expérience professionnelle, sur un CV, fait la différence. Cette expérience est recherchée par les entreprises. En tant qu’entreprise, le premier avantage que l’on voit dans l’alternance, c’est cette expérience.

 

Nathalie, les points positifs ?

 

NM : Ils rejoignent ces aspects-là et le fait d’avoir des personnes formées, directement. On les connaît. On sait d’où elles viennent. On les a formées. Donc, naturellement, tout se passe bien dans la recherche d’un emploi.

 

Belle aventure, si je résume ce que vous me dites. C’est plutôt positif.

J’espère que d’autres feront comme vous, Emily. Pour ça, vous pouvez vous adresser à Cyril, Nathalie ou à tous ceux qui font votre métier, en France, dans d’autres secteurs, dans d’autres entreprises et dans d’autres régions.

Je vous remercie tous les trois d’avoir été avec nous pour nous expliquer ce qu’était l’alternance. À la fin de cette émission, on le sait mieux. Merci Emily. Merci Nathalie. Merci Cyril.