1. Alcool et tabac : où commence la dépendance ?

Alcool et tabac : où commence la dépendance ?

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Si boire un verre en soirée ou s’en griller une de temps en temps n’est pas nocif, une consommation plus régulière doit vous alerter. Avez-vous atteint le seuil de dangerosité ? Voici de quoi vous éclairer.

Les mesures visant à limiter l’alcoolisme et la dépendance au tabac chez les jeunes se durcissent d’année en année. Un projet de loi a été adopté en 2009 afin d’interdire la vente d’alcool et de cigarettes aux mineurs. Mais les campagnes de prévention ont beau se succéder, les réalités demeurent : 7 étudiants sur 10 consomment de l’alcool pour faire la fête ; plus d’un étudiant sur 10 boit pour rechercher l’ivresse et pratique le "binge drinking" (appelé parfois "défonce" ou "biture express") (1).

De la consommation festive à la dépendance
Néanmoins, ce n’est pas parce que l’on boit un petit verre de temps en temps que l’on va devenir alcoolique. En fait, tout dépend de votre vulnérabilité, ainsi que du contexte de votre consommation et de sa fréquence.

Les étudiants ont souvent une consommation irrégulière. Ils boivent entre copains lors de soirées ou de sorties le week-end. Pas de fête réussie sans alcool pour certains : 1, 2, 3, 4 verres et plus. Si l’on n’y prend pas garde, cette consommation conviviale peut virer à l’excès. Pour les plus fragiles, elle devient un moyen de "défonce" pour faire oublier les soucis.

Pour l'OMS, plus de 21 verres par semaine : attention, danger !
Alors, comment détecter que l’on glisse d’un usage festif à une consommation abusive ? Quels sont les dangers occasionnés par ces excès répétés ? Les résultats de l’enquête santé 2011 de la SMEREP sont plutôt rassurants, puisqu’ils montrent qu’un étudiant sur 5 ne consomme jamais d’alcool.
 
Pour autant, il ne s’agit pas d’oublier que 15% des étudiants buvant de l’alcool consomment 4 verres ou plus au moins 1 fois par semaine. De plus, selon le test standardisé Audit (Alcohol Use Disorders Test), qui a vocation à repérer des comportements présentant un risque de dépendance ou étant le signal d’une dépendance installée ou en voie de l’être, 4 % des jeunes ont des problèmes graves, proportion qui augmente jusqu’à 22 ans et qui fléchit ensuite.

L’Organisation mondiale de la santé a défini des critères très clairs qui permettent de se repérer dans. Pour l'OMS, le seuil de danger est atteint à partir de “4 verres standards” consommés dans la même soirée ou de 21 verres par semaine pour un garçon et 14 pour une fille. Un verre standard comprend de 8 à 10 g d’alcool pur. Cela correspond à 3 cl de whisky, à 10 cl de vin, à 25 cl de bière à 5°.

Géraldine Dauvergne et Marie-Anne Nourry

Juillet 2012
 
(1) “La Santé des étudiants 2011”, 3e enquête nationale de LMDE (la Mutuelle des étudiants) et de l’EPSE (Expertise et prévention pour la santé des étudiants).
 

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Sommaire du dossier
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