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Ce qu’on raconte au psy reste-t-il secret ?

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Vous souffrez de stress, de problèmes personnels, de troubles du comportement alimentaire, vous vous sentez dans un état dépressif… Bref, vous n’allez pas bien et vous vous posez beaucoup de questions quant à l’opportunité d’aller voir un “psy”. À quel spécialiste vous adresser ? En quoi peut-il vous aider ? La consultation est-elle payante ? Va-t-il en parler aux parents ou aux professeurs ? Voici de quoi vous éclairer.

Révéler que l’on va mal, que l'on ne veut plus aller en cours ou qu’il y a de gros problèmes familiaux chez soi est loin d’être facile. Surtout, beaucoup se demandent quelles conséquences cela pourrait avoir si les professeurs ou les parents étaient mis au courant. Rassurez-vous, les “psys” sont tenus à une certaine confidentialité.

“Je ne répète rien, sauf accord du patient ou danger imminent”

Lors du premier rendez-vous, Patrice Huerre, psychiatre et psychanalyste, n’oublie jamais de préciser l’exception à la règle du “secret” aux jeunes patients qu’il reçoit dans son cabinet parisien. “Même si leurs parents sont informés du suivi, ce qui est dit est confidentiel. Je ne répète rien, sauf avec l’accord du patient et après en avoir préalablement parlé avec lui. Seule exception : quand il y a un danger imminent”, précise le psychiatre.
Dans le cadre de la protection des mineurs (*), la loi lui impose en effet, comme à chaque citoyen, de révéler une telle situation (violence sexuelle ou physique par exemple). Il a le devoir de le signaler au procureur de la République. Si vous êtes majeur mais jugé “vulnérable” en raison de votre âge ou d’une incapacité psychique ou physique, la procédure est la même. En revanche, si votre âge ou votre état de santé vous permet de vous défendre vous-même, le psychiatre doit avoir votre accord pour lever le secret médical et suivre cette procédure.

Cas particulier d’une personne en danger

Si le danger imminent concerne un membre de votre famille ou un proche, le professionnel recevant votre témoignage saisit alors les services territoriaux de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) – placés sous la compétence du président du conseil général – pour une “information préoccupante”. Mais vous pouvez aussi les saisir vous-même : vous en trouverez les coordonnées sur le site Internet de votre conseil général ; votre médecin traitant, l’assistant de service social ou le psychologue de votre lycée peuvent également vous les préciser.
Par ailleurs, sachez que le 119, numéro vert (appel gratuit) est un service national d’accueil téléphonique proposant une écoute permanente et recueillant des informations sur les situations d’urgence signalées concernant des enfants maltraités ou supposés l’être.

(1) L’article 434-3 du Code pénal oblige quiconque, ayant connaissance de privations ou de mauvais traitements ou d’atteintes sexuelles infligés à un mineur de 15 ans, ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, à en informer les autorités judiciaires ou administratives.
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Isabelle Maradan
Avril 2011

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