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Santé étudiante : ce qui vous est remboursé (ou non) par la Sécurité sociale

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Certaines pilules contraceptives sont remboursées par la Sécurité sociale, d'autres pas. // © Patrick ALLARD/REA
Certaines pilules contraceptives sont remboursées par la Sécurité sociale, d'autres pas. // © Patrick ALLARD/REA

Consultation chez le médecin, médicaments, contraception… et désormais les préservatifs. Dans de nombreux cas, la Sécurité sociale prend en charge une partie des frais de santé des étudiants. Revue de détail.

À la rentrée 2018, le régime de Sécurité sociale étudiant a été bouleversé. Dorénavant, les nouveaux étudiants restent affiliés au régime de leurs parents. Il en sera de même pour tous les étudiants à partir du 1er septembre 2019. Une situation qui ne change en rien les taux de remboursement de vos soins médicaux. Petit tour d’horizon.

La consultation chez le médecin

Le remboursement d’une consultation chez un généraliste s’élève à 70 % du tarif conventionnel, soit 16,50 €. Si le cabinet pratique des dépassements d’honoraires, en fixant lui-même ses tarifs (conventionné en secteur 2), la prise en charge reste malgré tout de 16,50 €. C’est également le cas lorsque le médecin intervient en dehors de ses horaires d’ouverture. L’assurance maladie ne prend pas en charge l’augmentation du prix de la consultation.

Lire aussi : Fini la Sécurité sociale étudiante, place à une "contribution" de 90 euros

La consultation d'un spécialiste (dermatologue, gynécologue, cardiologue, ophtalmologue, ORL…) peut également être remboursée à hauteur de 70 %, mais calculée sur des bases allant de 23 à 51 €. Si vous n'avez pas désigné un médecin traitant, vous serez encore moins bien remboursé. Sauf pour vos visites chez l’ophtalmologue, le gynécologue, le psychiatre (ou neuropsychiatre pour les 16–25 ans), ou le stomatologue (sauf pour des actes chirurgicaux lourds).

La contraception

Les pilules (y compris d’urgence), implants et stérilets sont remboursables à 65 %, pour les majeures. Les patchs contraceptifs, les préservatifs féminins et certaines pilules ne sont pas pris en charge.

À partir du 10 décembre 2018, les préservatifs seront pris en charge à 60 % par la Sécurité sociale sur ordonnance, comme l’a annoncé la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le 27 novembre. Mais seule la marque Eden est concernée. La prescription pourra être attribuée aux hommes comme aux femmes. Ainsi, pour une boîte de six préservatifs (1,30 €), la Sécurité sociale remboursera 0,78 €. Les mutuelles pourront choisir de rembourser ou non les 40 % restants.

Toutefois, les préservatifs masculins sont déjà délivrés gratuitement dans les centres de planification et d’éducation familiale et les centres de dépistage.

Les médicaments et la vaccination

Le remboursement n'est pas automatique. Les médicaments le sont seulement s’ils ont été prescrits par votre médecin. Pour les vaccins, le fonctionnement est le même, mais seuls 16 d'entre eux sont concernés. Leur liste est fixée par arrêté ministériel. Elle comprend les vaccins obligatoires, comme le tétanos ou la poliomyélite, et ceux recommandés, comme l’hépatite B ou la rougeole.

Attention : les vaccins obligatoires pour se rendre dans certains pays (contre la fièvre jaune, le choléra…) ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie.

Les lentilles et les lunettes

Les lunettes (monture et verres), comme les lentilles, sont prises charge par l’assurance maladie à un taux de 60 %… mais sur des bases allant de 2,29 à 24,54 € !

La consultation chez un kinésithérapeute ou un ostéopathe

Les consultations chez un masseur-kinésithérapeute peuvent être remboursées à hauteur de 60 % par la Sécurité sociale, mais doivent avoir été prescrites par votre médecin traitant. Celles de l’ostéopathe ne sont pas prises en charge.

Lire aussi : Sécurité sociale : comment ça marche pour les étudiants ?

L'hospitalisation

Une hospitalisation est remboursée à 80 % au sein d’un hôpital ou d’une clinique conventionnée. Mais certains frais restent à votre charge comme le forfait journalier (20 €) ou les suppléments pour le confort (chambre individuelle, télévision…).

L'IVG (interruption volontaire de grossesse)

Elle est remboursée intégralement. Quelle que soit la méthode (médicamenteuse ou instrumentale), l’IVG est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale. Dans certains cas, la patiente peut même être dispensée d’avancer les frais médicaux.

Vous soigner sans vous ruiner

– Si la Sécurité sociale rembourse la majorité des frais de santé (de 60 à 80 %), il est conseillé de souscrire une complémentaire santé pour éviter d’avoir à sortir votre porte-monnaie. Cette mutuelle est généralement rattachée à celle des parents.
– Si vous voulez consulter gratuitement, vous pouvez vous rendre dans les centres de planning familial ou dans les centres de soins universitaires qui prennent en charge 100 % des frais médicaux des étudiants. De nombreuses universités disposent aussi d’un SUMPS (service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé) pour faire des bilans médicaux, des vaccins ou des dépistages.
– Pour effectuer des dépistages des maladies sexuellement transmissibles, des hépatites virales ou du VIH, vous pouvez vous rendre dans des centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CEGIDD).