Budget étudiant : les précautions à prendre avant d'ouvrir un compte dans une néobanque

Par Etienne Gless, publié le 15 Novembre 2022
5 min

Beaucoup de nouveaux acteurs bancaires ou financiers en ligne ciblent les jeunes et les étudiants. Attention avant d'ouvrir un compte : certaines "néobanques" n'offrent pas toute la garantie de récupérer votre argent en cas de faillite. Comment vous y retrouver ? À quoi faut-il faire attention ? L'Etudiant vous explique tout.

PayPal, Nickel, Hello Bank, Lydia, Revolut… Vous connaissez ? Toutes ces "banques" en ligne ciblent les jeunes pour vanter leurs services financiers. Moins chers qu'une banque traditionnelle, ces établissements attirent beaucoup d'étudiants et de jeunes dont les revenus sont souvent modestes.

Si ces "néobanques" concurrencent les établissements bancaires traditionnels sur de nombreux services, attention avant de leur confier votre argent. Vous devez d'abord vous demander si elles sont couvertes par un système de protection des dépôts en cas de faillite ? En clair : pourrez-vous récupérer les sommes laissés sur un compte ou un livret ?

Des garanties différentes des banques traditionnelles

"Certains de ces nouveaux acteurs n’ont pas le statut d'établissement bancaire. Ils n'offrent pas les mêmes garanties de sécurité que les banques", avertit Thierry Dissaux, président du directoire du FGDR (Fonds de garantie des dépôts et de résolution), chargé en France de protéger et d’indemniser les clients en cas de défaillance de leur établissement bancaire ou prestataire de services d’investissements.

De fait, certains de ces acteurs ont déjà mis la clé sous la porte, à l'image de Swoon : cette start-up de paiement en ligne proposait à ses clients une épargne à 3% d'intérêt et a fait faillite en septembre 2021. Ses clients n'ont toujours pas récupéré leurs économies plus d'un an plus tard. L'établissement n'était pas couvert par la garantie des dépôts du FGDR.

Lire aussi

Pour bénéficier de la garantie de dépôt, votre banque doit être agréée par l'Etat

En France, en cas de défaillance de votre banque, vous avez une assurance. "Le FGDR indemnise en moins de sept jours vos dépôts bancaires, c'est-à-dire toutes les sommes déposées sur vos comptes courants, comptes sur livret et plan d'épargne", explique Thierry Dissaux.

Cette garantie de l'État couvre tous les détenteurs de livret A, LLDS (livret de développement durable et solidaire) et LEP (livret d'épargne populaire) pour la totalité de leurs montants jusqu'à un maximum de 100.000 euros par client.

Mais, attention, cette garantie ne s'applique qu'aux structures agréées "établissements bancaires". "Il y a une parfaite correspondance entre un établissement bancaire et la garantie des dépôts. Tous les établissements bancaires agréés sont couverts par nous", précise le président du FGDR.

Or, tous les nouveaux acteurs financiers qui fleurissent sur le web n'ont pas cet agrément. Renseignez-vous bien au moment de souscrire auprès d'un établissement aux tarifs attractifs.

Se repérer dans la jungle de l'offre de services financiers en ligne

Comment s'y retrouver dès lors parmi tous ces acteurs financiers ? Il faut distinguer quatre grandes catégories de neobanques couvertes ou non par un système de protection.

  • Les banques classiques proposant des structures de services en ligne sont couvertes par la garantie des dépôts. À titre d'exemple, vous allez souscrire aux services d’Hello Bank qui est en fait une marque de BNP Paribas à laquelle vous n’accédez qu’en ligne. Dans ce cas, vous êtes dans le cadre des acteurs régulés bénéficiant de la garantie des dépôts.
  • Les banques en lignes agréées établissements bancaires sont couvertes par la garantie des dépôts. Ce sont des banques de plein exercice, à l'instar de Boursorama, qui est une filiale de la Société Générale, Fortuneo, BforBank, Monabanq ou encore Orange Bank.
  • Les banques étrangères qui proposent des services en ligne sont éventuellement couvertes par une garantie d'un autre pays. Elles ne sont pas couvertes par la garantie française des dépôts. Elles le sont éventuellement par un système de garantie des dépôts du pays d'origine. C'était le cas d'ING Direct, établissement bancaire originaire des Pays-Bas, qui a fermé ses activités en France en 2021.
  • Les établissements bancaires non régulés et non agrées ne sont pas couverts par le système de garantie de dépôts. Lydia, par exemple, une application mobile très utilisée par les jeunes, propose depuis peu des cartes de paiement. De son côté, PixPay propose un compte mobile pour jeunes adossé à une carte Mastercard.

Lire aussi

Trois précautions à prendre avant de confier votre argent

Avant d'ouvrir un compte en ligne ou de conclure une transaction avec un service bancaire ou de paiement en ligne, consultez sur son site web les mentions légales et notamment la forme juridique de l'établissement proposant ces services. Vérifiez si l’établissement dispose ou non d’un agrément bancaire. Un établissement de paiement peut disposer d’un agrément en tant qu’établissement de paiement, mais ne pas avoir d'agrément bancaire.

Deuxième précaution : vérifiez en un clic sur le site www.garantiedesdepots.fr à la rubrique "Vérifier la protection de mon établissement". Tapez le nom de l’établissement pour vous assurer qu’il est bien adhérent au FGDR et connaître le ou les mécanismes de garantie dont vous pouvez bénéficier.

Troisième précaution : si vous êtes contacté au téléphone ou en ligne par une personne se revendiquant d’un établissement, bancaire ou non, demandez à rencontrer physiquement la personne au siège ou dans une succursale de l’établissement. Au minimum, vous pouvez rappeler votre contact sur un numéro fixe correspondant aux numéros de ligne générale de l’établissement.

Si l’établissement en question est étranger et n’a pas de présence physique en France, vous risquez d'être victime d'une arnaque de plus en plus répandue : une fois votre argent transféré, vous risquez fort de ne plus le revoir malgré toutes les promesses écrites ou orales.

Articles les plus lus

Contenus supplémentaires

A la Une bourses et prêts étudiants

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !