Des étudiants non boursiers protestent contre la fin des repas à un euro

Par Amélie Petitdemange, publié le 22 Juillet 2021
4 min

Les étudiants non boursiers ne bénéficieront plus des repas à un euro au Crous à partir de la rentrée 2021, a annoncé la ministre de l’Enseignement supérieur. Une décision contestée par l'Unef mais aussi par des étudiants non boursiers signataires d'une pétition.

Le repas à un euro dans les Crous ne sera plus ouvert à tous les étudiants à partir de la rentrée 2021, a annoncé la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, lors d’une conférence de presse le vendredi 9 juillet 2021. Le plateau repas coûtera donc à nouveau 3,30 euros pour les étudiants non boursiers, sauf exceptions.

Ce tarif spécial, lancée en 2019 pour les boursiers, avait été élargi à tous les étudiants en janvier 2021 à cause de la crise sanitaire. Il a permis de servir onze millions de repas dans les restaurants universitaires du Crous depuis janvier.

"Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire"

"C’est inadmissible de revenir sur cette mesure. Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire et sociale", regrette Mélanie Luce, présidente du syndicat étudiant Unef. "L’exception concerne les étudiants en grande précarité qui font une demande spécifique auprès d’une assistante sociale. Cela concerne très peu d’étudiants et c’est un dispositif qui existait déjà", souligne la jeune femme, qui dénonce un "effet d’annonce".

"C’est la seule aide qui concernait l’intégralité des étudiants, les non boursiers n’ont eu aucun soutien durant cette crise. Ça ne suffisait pas à sortir tous les étudiants précarité mais c’était bénéfique. Cette mesure doit rester en place les prochaines années", plaide Mélanie Luce.

"Les Crous n’en peuvent plus"

L’arrêt du repas à un euro pour tous a été voté en conseil d’administration du Cnous, lundi 12 juillet. "C’est une des seules instances où les syndicats étudiants ont une place suffisante pour faire rejeter des mesures. Mais de nombreux acteurs, comme la Fage et la CFDT, se sont abstenus", explique Mélanie Luce.

Anniela Lamnaouar, vice-présidente en charge des affaires sociales de la Fage, défend un "avis pragmatique". "Les Crous n’en peuvent plus et ils n’ont pas assez de personnel. Ils ont conscience de la précarité étudiante mais n’ont pas les moyens de lutter. Si cette mesure continue, ils vont couler", assure-t-elle.

La Fage plaide pour "une vraie réforme du système de bourses et des aides sociales". Pour le syndicat étudiant, le système actuel est "inapproprié et excluant". Elle demande aussi un "investissement massif dans le réseau des œuvres, dans le taux d'emploi des personnels des Crous, dans les lieux de restauration et pour le déploiement de conventionnements sur les sites délocalisés".

Près de 12.500 étudiants signataires d’une pétition

De leur côté, des étudiants se mobilisent à travers une pétition lancée la semaine dernière. "Le repas à un euro n’a pas suffi à répondre à mes difficultés, mais il m’a permis d’avoir accès à un repas équilibré à bas coût et donc de faire quelques économies. Je n’aurais même plus cela à la rentrée. Je n’ai qu’une solution : me salarier, quitte à échouer", explique Imane, l’étudiante qui a lancé cette pétition.

"Je ne suis pas la seule, nous sommes 73% d’étudiants à ne pas avoir accès aux bourses. Pourtant, près d’un étudiant sur deux se salarie. Nous sommes donc bien loin des 73% d’étudiants aisés, n’ayant pas besoin de soutien de l’État", poursuit-elle.

À ce jour, sa pétition a recueilli près de 12.500 signatures. Un engagement marqué alors que les étudiants sont en vacances, souligne Mélanie Luce. L’élue veut croire que "le gouvernement peut revenir sur sa décision avant la rentrée".

Articles les plus lus

A la Une bourses et prêts étudiants

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !