Vie étudiante : le coût de la rentrée 2020 en hausse en raison de la crise sanitaire

Par Pauline Bluteau, publié le 17 Août 2020
5 min

D’après les organisations nationales étudiantes, le coût de la vie devrait augmenter d’environ 3,5% pour la rentrée 2020. Une forte hausse due à l’inflation du prix des logements et des transports en commun, mais aussi à de nouveaux postes de dépenses obligatoires provoqués par la crise sanitaire.

Cette année encore, la rentrée va coûter cher aux étudiants. Selon la FAGE (fédération des associations générales étudiantes), les dépenses pourraient s’élever en moyenne à 2.361 euros par étudiant. Car en plus des achats spécifiques à la rentrée, dont le budget peut atteindre 1.178,08 euros en moyenne, vous devrez également ajouter toutes vos dépenses quotidiennes qui, cette année sont en hausse de 5,13% en raison de l’achat de masques chirurgicaux. Un équipement obligatoire pour tous ceux qui se rendront sur leur campus dès septembre prochain.

L’achat de masques : un poste de dépense imprévu

Au total, les étudiants pourraient dépenser en moyenne 230,40 euros en masques pendant leur année universitaire. "Ce poste de dépense vital […] est à notre charge (contrairement aux personnels de l’université) plombant ainsi encore plus le budget des étudiant·e·s", indique l’UNEF (union nationale des étudiants de France) dans son enquête publiée le 17 août.

Si la crise sanitaire amplifie déjà la précarité des étudiants, l’achat de masques ne va faire que la multiplier selon la FAGE. "Les frais de la vie courante, c’est-à-dire les dépenses que doivent assumer les étudiants tout au long d’une année universitaire subissent une augmentation passant de 2,33% à 5,13% en ajoutant l’achat de ces masques", explique la fédération dans son rapport du 17 août. Les associations demandent aux établissements de mettre gratuitement des masques à disposition des étudiants pour limiter ces frais supplémentaires.

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Des dépenses plus importantes à tous les niveaux

Mais ce n’est pas tout. Le prix des loyers continue d’augmenter alors même que le logement reste le premier poste de dépense des étudiants. En moyenne, il faut compter 535,31 euros pour un studio de 20 à 30 m² selon l’UNEF, soit 2,41% de plus qu’en 2019. Parmi les villes qui connaissent les plus fortes augmentations de loyers : Lyon, Créteil, Bordeaux, Brest et Limoges. Et si le prix de l’abonnement aux transports en commun reste stable pour l’année 2020–2021, certaines villes ont tout de même augmenté leurs tarifs. C’est le cas de Brest, Bordeaux, Lille et Lyon.

À cela, il faut ajouter l’augmentation de la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus) qui s’élève à 92 euros (+1,1%) et des complémentaires santé (+3,9% en région) ainsi que toutes les dépenses quotidiennes (alimentation, loisirs, téléphonie…) dont les prix sont indexés sur l’inflation.

Dépenses des étudiants en 2020 Montants en Île-de-France Montants en régions
Loyer et charges 659,84 € 490,84 €
Repas au RU 66 € 66 €
Téléphone et Internet 51,32 € 51,32 €
Transports 105,22 € 101,83 €
Loisirs 80,66 € 74,80 €
Alimentation et dépenses quotidiennes 347,34 € 314,99 €
Masques 31,75 € 31,75 €
Total frais de la vie courante 1.342,07 € 1.131,53 €
Droits d'inscription 170 € 170 €
CVEC 92 € 92 €
Complémentaire santé 321,60 € 325,54 €
Frais d'agence 300 € 243 €
Assurance logement 64 € 65,72 €
Matériel pédagogique 256,15 € 256,15 €
Total frais spécifiques de la rentrée 1.203,75 € 1.152,41 €
Total des frais 2.545,82 € 2.283,94 €

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La FAGE et l’UNEF, pas encore tout à fait satisfaites

Les deux grandes organisations nationales étudiantes reconnaissent tout de même quelques avancées, notamment le gel des loyers des résidences CROUS, l’abaissement à un euro des repas en restaurant universitaire pour les étudiants boursiers et l’augmentation des bourses sur critères sociaux. Mais toutes ces mesures n’ont pas suffi à augmenter le pouvoir d’achat des étudiants. "Seules les dépenses augmentent et non les aides sociales qui elles, sont à budgets constants", estime la FAGE. Quoi qu'il en soit, d’après la fédération, les bourses ne peuvent pas être une "solution durable".

L’UNEF réclame d’ailleurs une transformation complète du système de bourse avec une revalorisation des montants, une augmentation des aides spécifiques d’urgence pour les plus précaires ou encore l’instauration d’un complément financier pour les étudiants ultramarins. Des mesures sont aussi attendues pour les deux associations nationales notamment concernant l’encadrement des loyers et la lutte contre la précarité.

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