1. Bruno Julliard, président de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France)

Bruno Julliard, président de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France)

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« Nous avions appelé à voter Royal, mais nous serons des interlocuteurs du gouvernement afin de soutenir les réformes justes ou de jouer un rôle de contre-pouvoir. »

Bruno Julliard« Nous sommes plutôt déçus par le résultat de l’élection, même si, bien sûr, nous le respectons. Il est hors de question que nous appelions à la tenue d'assemblées générales ou à des mouvements de contestations. Mais sur le fond, nous ne regrettons en rien notre appel à voter contre Sarkozy, car nous sommes plutôt inquiets des réformes qui pourraient être menées par son gouvernement. Et il semble que nous ayons été plutôt suivi par les étudiants qui ont voté en majorité pour Royal. Mais à partir d'aujourd'hui, nous serons des interlocuteurs du gouvernement, afin de soutenir les réformes que nous trouverons justes ou de pouvoir jouer un rôle de contre-pouvoir. »

La réforme de l'université. « Il est urgent de lutter contre l'échec massif en premier cycle, mais aussi de moderniser notre université pour qu'elle puisse faire face à la compétition mondiale. Mais cette réforme ne doit pas aller de pair avec un affaiblissement du service public de l'enseignement supérieur. »

Des négociations avec le gouvernement. « Ce serait irresponsable de la part du gouvernement de vouloir passer en force une réforme. De notre côté, nous ne ferons pas de l'anti-sarkozysme primaire. Mais certains thèmes restent, de notre point de vue, non-négociables comme la sélection à l'entrée des universités et l'augmentation des frais de scolarité. Sur d'autres thèmes comme l'autonomie des universités, nous sommes prêts à de larges consensus. »

La réorganisation globale des cursus. « Chaque étudiant doit pouvoir décrocher une qualification. Pour ce faire, il faut à la fois augmenter le nombre de places dans les filières professionnalisantes et réformer les premiers cycles pour les rendre pluridisciplinaires. Il est irréaliste de prôner à la fois l'hyperspécialisation des parcours et de demander aux gens d'être flexibles et adaptables durant toute leur vie professionnelle. »

Une jeunesse clivée ? « Aujourd'hui, il existe à la fois une fracture générationnelle, et une fracture au sein même de la jeunesse. Il est urgent d'apporter une réponse aux jeunes des quartiers qui sont les premières victimes des discriminations. C'est une exigence sociale pour éviter un regain de violence. »

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Sommaire du dossier
Retour au dossier Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante Thiébaut Weber , président de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) Bruno Julliard, président de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) Olivier Vial, délégué national de l’UNI (Union nationale interuniversitaire) Floréal Mangin, présidente de l'UNL (Union nationale des lycéens)