1. Baromètre l'Etudiant 2015 : l’orientation, une source d'angoisse

Baromètre l'Etudiant 2015 : l’orientation, une source d'angoisse

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Peur de se tromper ou d’échouer, l’orientation cause bien des tracas à nombre d’entre vous. 1 jeune sur 2 serait angoissé en y songeant. C'est ce que révèle le premier Baromètre du moral des lycéens et des étudiants mené par l'Etudiant. Et l’inquiétude face à l’avenir croît avec les années d'études. Explications.

L'avenir, source d'angoisse ? À en croire notre étude réalisée à l'été 2015, vous êtes 53 % à le penser. Et moins d'un tiers des quelque 4.200 répondants au Baromètre l'Etudiant se disent "confiant(e)s". Une appréhension qui empêche 1 jeune sur 2 de prendre des décisions d'orientation en toute confiance.

Barometre Rentrée 2015 - Avenir

Précisément, l'orientation est un moment angoissant pour 49 % des interrogés. Vous êtes seulement 17 % à trouver cela enthousiasmant et 12 % excitant, tandis que 15 % se disent déconcertés face à la situation. En témoigne cette lycéenne qui s'est exprimée dans le cadre du Baromètre (lire encadré méthodologie).

Barometre l'Etudiant 2015 - exergue 4

Les parents et les amis plutôt que les conseillers d'orientation

Vers qui vous tournez-vous pour en parler ? Selon notre enquête, d'abord vers votre cercle le plus proche : 78 % d'entre vous ont cité leurs parents comme personnes "ressources" et 76 % leurs amis (plusieurs réponses étaient possibles). Vous vous sentez d'autant plus soutenus par vos parents sur ce sujet épineux quand l'un des deux occupe une fonction de cadre ou une profession intellectuelle. Et ils sont en particulier à l'écoute en cas de problème avec un professeur (67 % des jeunes interrogés le pensent). On est loin des clichés sur les relations conflictuelles entre les ados et leurs parents !

Barometre Rentrée 2015 - Orientation et parents

Les professeurs et les membres de l'administration (CIO, CPE, autres) ne sont sollicités respectivement que par 49 % et 21 % d'entre vous. "Ce n'est pas spécifique à l'orientation, note Béatrice Mabilon-Bonfils, directrice du laboratoire EMA (École mutation apprentissage) de l'université de Cergy-Pontoise. On retrouve ce déficit de dialogue avec l'institution dans tous les moments de la scolarité et des études supérieures. Il manque à l'école un lieu tiers, où toute parole pourrait être entendue sans être jugée." Si ce sont les lycéens et les étudiants les plus enthousiastes sur leur avenir qui en parlent le plus volontiers avec les pros de l'orientation, les autres regrettent de ne pouvoir se tourner vers eux. Comme l'explique cette lycéenne de 17 ans :

L'angoisse augmente après le bac

Cette angoisse de l'orientation tient également au manque d'information dans un système qui vous paraît peu clair, notamment au niveau des études supérieures.

Barometre l'Etudiant 2015 - exergue 6

Les perspectives de la sortie du système scolaire et de l'entrée sur le marché du travail jouent aussi sur cette peur. Cette angoisse de l'orientation augmente en effet avec le niveau d'études. D'après notre baromètre, le nombre d'étudiants angoissés par leur orientation passe de 51 % au niveau bac+1 à 55 % à bac+4, contre 48 % sur la totalité des réponses. "Quel que que soit le sujet, l'adolescent pense à courte vue, analyse la chercheuse Béatrice Mabilon-Bonfils. Si les étudiants se sentent plus angoissés que les lycéens par leur orientation, c'est parce qu'ils approchent de l'entrée sur le marché du travail." L'appréhension monte logiquement chez ceux qui s'apprêtent à en subir les effets.

Barometre l'Etudiant 2015 - exergue 7

« Angoissant », « décourageant »... Dans l'esprit de beaucoup de lycéens et étudiants l'horizon semble bien nuageux. Des craintes légitimes face à la complexité du système d'enseignement supérieur et à un marché de l'emploi difficile. Alors, comment se rassurer ? En gardant par exemple en tête que la grande majorité d'entre vous poursuit ses études dans la filière de son choix : en juin 2015, 8 candidats sur 10 ont obtenu une proposition d'admission dès la première phase d'APB, et parmi eux, 74 % ont obtenu leur premier ou deuxième vœu.
N'oubliez pas non plus que, même en cas d'erreur d'orientation ou d'échec en cours d'études, les passerelles et les possibilités de rebondir existent. D'après une récente enquête pour LinkedIn, près d'un quart des étudiants se sont déjà réorientés et 22 % envisagent de le faire. Se tromper de voie n'a rien d'exceptionnel, ni de définitif !

Méthodologie du Baromètre l'Etudiant
4.256 lycéens et étudiants ont répondu entre le 24 juin et le 9 juillet 2015 à un questionnaire en ligne dans le cadre du Baromètre l'Etudiant du moral des lycéens et des étudiants. Le questionnaire comprenait 24 items (questions à choix multiples + un champ libre de témoignages) sur leur moral, leur vie lycéenne ou étudiante et leur avenir. Merci à eux d'avoir pris le temps de répondre !

Pour aller plus loin
> Lire sur Educpros l'interview de Béatrice Mabilon-Bonfils, directrice du laboratoire EMA (École mutation apprentissage) de l'université de Cergy-Pontoise : "L'orientation doit devenir une matière à part entière."
> Lire sur l'Etudiant Trendy "Baromètre du moral des lycéens et des étudiants : pas d'embrouille sur les réseaux !" 
 

Sommaire du dossier
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