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Témoignage

Biodiversité : avec leurs associations écolos, ces étudiants voient la vie en vert

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Développement durable : et si vous créiez un potager en plein coeur de votre campus, dans votre école ou votre université ? // © ULI SEIT/The New York Times-REDUX-REA
Développement durable : et si vous créiez un potager en plein coeur de votre campus, dans votre école ou votre université ? // © ULI SEIT/The New York Times-REDUX-REA

Moins connues que les associations sportives ou culturelles, les associations écolos ne sont pourtant pas en reste sur les campus. Leurs missions : l'observation, la sensibilisation, la préservation de la nature. L’Etudiant a rencontré trois assocs qui se bougent pour la biodiversité.

Depuis quelques mois, inspirés par la jeune Suédoise Greta Thunberg, les étudiants organisent régulièrement des grèves pour le climat appelées "Fridays for future". En attendant de pouvoir faire bouger les choses, certains ont décidé de s’engager pour l’écologie et le développement durable au sein d’associations étudiantes.

C’est le cas de Guillaume, ancien étudiant en écologie. Ce chargé d’enseignement à l’université de Montpellier a créé en 2011 un dispositif pour inventorier la faune et la flore. Mais aussi d’Alex, en master 2 biodiversité, écologie et évolution à l’université de Bordeaux qui s’occupe de l’association L’Astragale et la Fourmi, ou encore de Bastien, en 2e année à l’École supérieure du commerce et du développement à Lyon qui préside l’association René Sens. Ces associations sont l’occasion de sensibiliser les étudiants à la biodiversité au sein même de leur campus.

Observer la nature sur son campus, c’est possible

"Avec deux autres étudiants, on est parti d’un constat : la nature en ville est dévalorisée. Elle est considérée comme impure, on ne la regarde même pas. Or, elle est bien présente", raconte Guillaume. En 2011, au sein de l’association du groupe naturaliste de l’université de Montpellier, l’étudiant décide de créer le dispositif Inventaire Fac’, qui permet de répertorier la faune et la flore présentes sur son campus. "C’est un parti pris. On trouvait intéressant de voir comment la nature s’adapte à nous."

Quelques années plus tard, des étudiants participent toujours à cette action, mais cette fois dans plusieurs campus français. Plantes, insectes, oiseaux… Rien ne doit échapper à leur vigilance. Même si la démarche n’est pas aussi assidue qu’elle devrait l’être, pour Guillaume, il s’agit d’un bon début pour sensibiliser les autres étudiants.

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Un avis partagé par Alex et Bastien. Sorties dans des parcs, conférences, jardin partagé, AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), tri des déchets, ruches, nichoirs… Au sein de leurs associations, les deux étudiants multiplient les activités sur leur campus. À Lyon, les membres de l’association René Sens ont même été formés à l’apiculture. Ils gèrent désormais leur ruche de manière autonome et vendent leur propre miel.

Dans le parc du Haut-Carré à Bordeaux, des étudiants s’occupent quant à eux des orchidées pour les recenser, les identifier et informer les passants. "Ce sont des espèces en danger qui poussent exclusivement sur un terrain stable d’où la nécessité de faire de la prévention", explique Alex.

Un engagement parfois contraignant

Mais rien ne se passe toujours comme prévu. C’est d’ailleurs toute la difficulté des associations étudiantes qui doivent sans arrêt renouveler leurs équipes tout en poursuivant leurs actions dans une perspective de développement durable. "On manque parfois de temps, souligne Guillaume. Pour bien faire et être sûr de traiter correctement les données, il faudrait réaliser un inventaire toutes les semaines pendant deux heures, mais c’est très contraignant."

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Le soutien de l’administration est aussi essentiel pour les associations. Or, pas toujours évident de les convaincre. "Il faut les amener à se poser des questions, à déconstruire les préjugés et à mettre les gens en action", poursuit Guillaume. "Il a fallu plusieurs années pour convaincre notre campus, la mairie de Talence et le CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) de développer notre propre jardin, avance Alex, l’étudiant bordelais. Aujourd’hui, cette initiative plaît parce que le but est jugé plus intéressant sur le long terme."

Un intérêt encore à développer

Pour les associations, pas toujours facile non plus de susciter l’intérêt des étudiants. "Notre école est axée sur le commerce. Les étudiants sont peu sensibilisés à la biodiversité. On doit donc trouver des actions concrètes qu’ils pourront réaliser au quotidien pour les intéresser", constate Bastien.

À l’université de Montpellier, Guillaume souhaiterait aller encore plus loin en valorisant l’implication des étudiants dans leur cursus. "On pourrait leur attribuer des crédits, des unités d’enseignement, pour pérenniser le projet." D’après lui, l’association est un bon moyen de développer sa curiosité mais aussi de faire une pause dans son emploi du temps en participant à un projet utile. "On n’a pas besoin d’être très engagé pour faire changer les choses. Chacun, à son échelle, peut avoir un impact sur l’écologie, à nous de nous adapter", conclut Bastien.

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