Conditions de vie étudiante en 2020 : une progression stoppée par la pandémie

Par Maïa Casimir-Favrot, publié le 12 Février 2021
4 min

Alors que les étudiants manifestent de plus en plus leur mal-être, l’Observatoire de la vie étudiante publie deux enquêtes : une sur les conditions de vie des étudiants et l'autre sur la vie d’étudiant confiné en janvier 2021. Leurs conclusions ne laissent aucun doute sur les difficultés rencontrées par ces derniers.

La crise sanitaire met clairement à mal les conditions de vie des étudiants. En effet, dans sa première enquête sur ce sujet, l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) montre que le niveau de satisfaction générale des étudiants était en hausse en 2020 par rapport à 2016 (64% contre 60%), mais sans surprise, le confinement l'a écornée.

Des difficultés pour suivre les cours à distance

En effet, l’enquête "La vie d’étudiant confiné" montre que seuls 39% des étudiants ont jugé la formation qui leur a été dispensée durant le confinement satisfaisante, soit une baisse de 25 points.

En cause, la difficulté de suivre des cours à distance et l'indisponibilité des administrations souvent dépassées par la crise. L'usage du numérique, devenu indispensable, a aussi été un frein pour les étudiants devant parfois partager un ordinateur familial. Cependant, c'est surtout la solitude qui a représenté un véritable obstacle, moins pour ceux confinés avec leur famille ou amis mais pesante pour les étudiants étrangers ou confinés seuls.

Par ailleurs, l’enquête révèle que 25% des étudiants ont trouvé les conditions du premier confinement insatisfaisantes. Cela concerne particulièrement les relations avec les enseignants. Alors que dans l’enquête "Conditions de vie", plus de la moitié des étudiants se disent satisfaits de la disponibilité et des qualités pédagogiques des enseignants, ils ne sont que 43% à l’être des contacts avec les enseignants durant le confinement en raison des cours en distanciel.

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Des conséquences psychologiques et financières

Les conséquences du confinement et de l'ambiance anxiogène liée à la crise ont aussi été psychologiques. En effet, même si le nombre global d'étudiants présentant des signes de détresse psychologique reste sensiblement le même qu'avant le confinement (30%), chez les populations plus fragiles (35% des étudiantes, 34% des boursiers et 42% des étrangers), les symptômes comme la nervosité, l'épuisement ou l'angoisse se sont accrus.

De plus, le contexte sanitaire a poussé une partie des jeunes à renoncer à des examens ou soins médicaux par peur de faire circuler le virus.

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La crise a également fait resurgir des difficultés financières qui s'étaient pourtant amoindries au cours des années. En 2020, 40% des étudiants exerçaient une activité rémunérée hors stage. Or, à la suite des mesures sanitaires, 36% ont dû l'interrompre, occasionnant une perte de revenu de 274€ en moyenne. Parmi eux, 37% n'ont pas pu reprendre d'activité dans le mois qui a suivi et 13% ont repris avec des horaires réduits.

Ainsi, 56% des étudiants ont déclaré avoir des difficultés financières au point de ne pas suffisamment se nourrir. 38% de ceux ayant déclaré des difficultés financières peinent à payer leur loyer. Ce sont majoritairement les étudiants indépendants de l'aide familiale ou issus de classes sociales modestes.

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La pandémie de Covid-19 a donc eu un impact lourd sur la vie étudiante en France, creusant des difficultés déjà observées dans les enquêtes précédentes mais qui commençaient pourtant à se résorber.

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