Associations étudiantes : fonctionner malgré la crise

Par Oriane Raffin, publié le 02 Avril 2021
4 min

Depuis plus d'un an, Covid et protocoles sanitaires pèsent sur ces figures centrales de la vie des campus qui ont dû se réinventer.

Avec des campus pour beaucoup fermés depuis septembre, les associations étudiantes, figures centrales des lieux, sont elles aussi confrontées aux conséquences de la crise sanitaire. "Nous avons constaté surtout un impact sur les temps forts comme celui de la rentrée étudiante, qui représente l’occasion de faire des journées d’accueil ou des campagnes d’adhésion", explique Paul Mayaux, président de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). Suite logique, l'organisation a noté une baisse du nombre d'adhésions dans certaines structures. Notamment celles qui agissent pour la dynamisation de la vie des campus.

Avec une année essentiellement à distance, pas facile, côté étudiant, de trouver son asso, ni même de débuter un engagement. "C’est sûr que les L1 ont moins d’engouement qu’avant autour de ce qui va concerner les associations étudiantes", déplore Paul Mayaux.

"Les petites associations de campus ont été particulièrement touchées, précise Loris Birkemeyer, président d’Animafac, réseau d’associations étudiantes. Elles ont moins de bénévoles et celles dont les responsables sont partis ont eu plus de mal à trouver des gens pour prendre la suite".

En termes de financements aussi, celles dépendant de projets ont souffert davantage que les autres. "Mais on constate qu’elles sont très résilientes et ont su faire face et adapter leurs activités", tempère Loris Birkemeyer.

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Une mobilisation à distance

Événements à distance, actions de solidarité ou de soutien psychologique : les organisations ont réussi à exploiter les possibilités actuelles et répondre aux besoins du public étudiant. Andreas Kaplan, directeur du campus parisien de l’ESCP note d’ailleurs que "les étudiants impliqués dans des associations ont un profil un peu différent que d’habitude". Moins d’accros aux soirées, sports et festivités, plus de personnes souhaitant se rendre utiles.

Selon une enquête IPSOS pour la FAGE réalisée l’été dernier, 80% des étudiants interrogés ont estimé que la crise leur aura donné envie de s’engager. 36% d’entre eux ont franchi le pas.

"Certains n’ont pas envie de rester seuls dans leur chambre de bonne", ajoute également Andreas Kaplan. "Les étudiants, et surtout les internationaux, ont apprécié de pouvoir participer à cette vie étudiante, même différente des autres années", complète Gwenaëlle Delahaie, coordinatrice de la vie associative de Rennes School of Business. Elle constate une forte motivation parmi les élèves.

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"Beaucoup de choses peuvent s’apprendre sur le tas"

Au sein de l’école de commerce rennaise, les étudiants de première année ont une obligation de participer et obtiennent des crédits ECTS pour leur engagement. L’établissement n’a pas eu à adapter le mode de notation : les structures ont toutes pu agir. Et même si l'événement n’a pas (encore) abouti, le travail en amont a pu être réalisé, avec l’objectif qu’il se tienne à la rentrée prochaine. Reste la question du transfert de compétences, d’année en année, pour la pérennisation des projets et des structures.

À Rennes SB, les "troisième année" accompagnent les "première", ce qui garantit une continuité pour l’an prochain. À l’ESCP, le bureau des étudiants (BDE) a, par exemple, créé des binômes dans la durée pour accompagner les nouveaux membres du bureau. "Beaucoup de choses peuvent s’apprendre sur le tas, modère Loris Birkemeyer, d’Animafac. On ne se fait pas de souci sur la capacité des gens à découvrir par eux-mêmes. Et on sera là pour les accompagner avec notre réseau local".

Reste à surmonter la frustration du distanciel… car, déplore Andreas Kaplan, "ce n’est évidemment pas le même esprit de vivre la vie associative en présentiel".

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