Elections et citoyenneté : les étudiants aussi prennent la parole

Par Pauline Bluteau, publié le 09 Mars 2020
6 min

Année électorale oblige, les associations étudiantes en ont profité pour organiser différents événements sur le thème de la démocratie et de la citoyenneté. Objectif : informer les étudiants et faire naître la discussion autour des élections municipales.

"Record d’abstention chez les jeunes." Cette phrase revient à chaque élection. Les 18–25 ans ne votent pas et ont tendance à se désintéresser de la vie politique. Pourtant, l’année dernière lors des élections européennes, ils ont cassé les préjugés. À la surprise générale, l’abstention des jeunes a reculé de 14 points par rapport à 2014.

Qu’en sera-t-il cette année, en vue des élections municipales (15 et 22 mars) ? Dans les universités, les associations étudiantes organisent des événements pour informer les jeunes sur leurs devoirs de citoyens. Des initiatives qui commencent, doucement, à porter leurs fruits.

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Sensibiliser les étudiants aux enjeux de la démocratie

Le 4 février dernier, plus de 600 étudiants se sont rassemblés à l’université de Nantes pour parler écologie en compagnie de cinq candidates aux élections municipales. Quelques jours plus tard, le 13 février, les étudiants de l’université Clermont-Auvergne ont eux aussi fait le déplacement pour débattre sur l’avenir de la jeunesse. "Interpeller les candidats, c’est réussir à faire entrer la politique au sein de l’université", explique Paco Bellouche, organisateur et étudiant en première année d’administration économique et sociale à l’université clermontoise.

"Il y a un vrai travail d’organisation en amont qui commence dès le mois de novembre, raconte Antoine Perfettini, président de l’association des étudiants en sciences politiques au sein de l’université de Nantes. Ce qui nous a pris du temps, c’est d’éplucher le programme de chacune des candidates pour pouvoir leur poser les bonnes questions lors du débat."

De leur côté, à l’université Paris-Est Créteil, une trentaine d’étudiants ont formé le collectif Parlons démocratie. Au-delà des élections, les étudiants veulent encourager leurs camarades à intervenir sur les questions de citoyenneté et de démocratie. "Tous les jours des décisions sont prises sans qu’on demande l’avis des principaux concernés, estime Victor Manciet, en charge de la communication du collectif. Aujourd’hui, nous voulons être entendus, ne plus rester sur le banc de touche."

 À l'université de Nantes, les étudiants ont pu débattre avec des candidates aux municipales parmi lesquelles était présente la maire sortante, Johanna Rolland.
À l'université de Nantes, les étudiants ont pu débattre avec des candidates aux municipales parmi lesquelles était présente la maire sortante, Johanna Rolland. // © Vincent Fourdin

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Vie étudiante et écologie au cœur des débats

Pendant deux jours, les 18 et 19 février derniers, les étudiants de l’université Paris-Est Créteil ont donc défini les principaux enjeux sur lesquels ils aimeraient travailler. "La participation estudiantine à la vie sur le campus, le développement durable et l’égalité hommes/femmes sont souvent revenus", juge Victor Manciet.

C’est d’ailleurs sur la thématique de l’écologie que l’association nantaise a aussi axé le débat. Un choix qui ne doit rien au hasard, comme le confirme Antoine Perfettini : "Cela permettait de parler d’un sujet qui touche particulièrement les jeunes, mais c’est aussi un domaine très vaste qui nous permet d’aborder les questions de mobilité, de mode de consommation et d’urbanisme".

Même raisonnement à l’université de Clermont-Ferrand, où quatre thématiques ont pu être abordées en seulement deux heures, par les candidats aux élections municipales : l’écologie, la précarité étudiante, la culture et l’intervention de la ville au sein des institutions universitaires et du CROUS.

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Un désintérêt pour la politique bien ancré

Mais ces initiatives ne sont pas toujours suffisantes pour attirer les étudiants. "On a aussi dû faire des campagnes d’information avec l’UNEF (union nationale des étudiants de France) au sujet des élections municipales pour expliquer comment se déroule l’élection, qui se présente, comment faire une procuration ou comment s’inscrire sur les listes électorales", précise Paco Bellouche. "C’est d’autant plus important que les étudiants ne votent pas forcément là où ils étudient. Il faut donc faire passer le message", renchérit le président de l’association nantaise.

À l’université Paris-Est Créteil, le collectif organise également des conférences, des théâtres-forums et des cinés-débats autour de la citoyenneté et de la démocratie. "C’est difficile pour les étudiants de s’emparer de ces questions. On se demande quelle est notre légitimité. C’est pour cela qu’il faut aller plus loin que la sensibilisation et inciter les étudiants à participer plus activement", ajoute Victor Manciet. Pour le collectif, la prochaine étape est de recueillir les différentes contributions des étudiants pour lancer une consultation et, à terme, un projet concret au sein de l’université.

"Les étudiants ont tendance à se sentir exclus de la vie politique et ne voient donc pas l’intérêt de participer. C’est donc par ces différents biais qu’on peut, à notre échelle, faire bouger les choses", insiste l’étudiant clermontois.

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