Etudiants et engagés, ces jeunes qui se bougent pour leur ville

Par Gabriel Joly, publié le 18 Septembre 2020
6 min

Pas besoin de faire de la politique son métier pour s’engager au sein de sa ville ! Preuves de l’importance des étudiants pour les mairies, des conseils dédiés aux étudiants ont été mis en place dans certaines grandes villes. Portraits de jeunes étudiants engagés dans et pour leur ville.

Depuis plusieurs années, certaines mairies ou métropoles ont permis la formation de conseils de la jeunesse ou de conseils étudiants. Le but : laisser les jeunes s’exprimer sur des sujets qui les concernent et suggérer des projets pour leurs villes.

L'Etudiant est allé à la rencontre d’Elodie, Saméry et Oumnia, respectivement étudiants à Nancy (54), Montpellier (34) et Toulouse (31). Alors qu’avec la rentrée et les récentes élections municipales leurs mandats dans leurs conseils arrivent à leurs termes, ils reviennent sur leurs expériences.

Lire aussi

L’organisation, clé de la réussite

Même s'ils ne se connaissent pas, nos trois étudiants ont un point commun : avant d'arriver à la tête de leur conseil, leur objectif était avant tout de mettre en place des projets et de pouvoir échanger avec d’autres jeunes. Tout ces raisons ont ainsi poussé Oumnia, 23 ans, à s'engager au Conseil toulousain de la vie étudiante (CTVE) l’année dernière.

Le rôle de la mairie était d’accompagner les membres du CTVE dans l’élaboration de leur projet, raconte l’étudiante en double diplôme à l’INSA et la Toulouse Business School. Ce projet, c’est le Greenpack : un kit de restauration réutilisable dont l’utilisation vise la réduction des déchets sur les campus de Toulouse.

Grâce aux contacts fournis par la mairie, les membres du CTVE ont créé une association autour de ce projet pour le pérenniser au-delà de leur mandat. "C’était à nous de reprendre le flambeau du CTVE", estime Oumnia.

Le Conseil a fait le choix de se focaliser uniquement sur un domaine environnemental. C’est la grande différence avec le Conseil de la vie étudiante du Grand Nancy (CVE) dont Elodie, 24 ans et diplômée d’un master d’orthophonie, est la présidente depuis 2 ans.

Avec les membres du CVE, Elodie a pu aborder plusieurs thématiques : transports, développement durable, accueil des étudiants, question de harcèlement, santé… Des missions nombreuses qui émanaient notamment d'un travail collectif. Concrètement, les autres étudiants membres du Conseil aidés de l’élu métropolitain chargé de la vie étudiante suggéraient leurs idées, qui étaient ensuite débattues en assemblée générale. En tant que présidente, Elodie admet que même si l'activité s'est avérée très prenante, cela ne lui a pas empêché de réussir ses études. Et pour cause, son emploi du temps d'étudiante était entièrement adapté à ses nouvelles fonctions et lui a permis de rendre son travail plus efficace.

Lire aussi

La difficulté de concertation

L’efficacité, c’est justement ce dont le Conseil montpelliérain de la jeunesse (CMJ) a manqué, selon Saméry, 20 ans, qui achevé son mandat à la suite des élections municipales. L'étudiant voulait "voir comment la mairie se saisissait des sujets liés aux jeunes". Après trois ans d'engagement, il semble plutôt déçu.

D'après lui, la principale difficulté a été de réussir à mettre tous les membres du Conseil d’accord. Au total, 100 jeunes ont participé au conseil montpelliérain, c’est trois fois plus qu’à Nancy ou Toulouse. Une diversité qui aurait pu être un atout et qui s’est avéré être un réel frein pour mener les projets. Saméry s'est aussi frotté aux décisions de la mairie, pas toujours favorable aux projets des jeunes. De quoi démotiver plus d'un membre.

Lire aussi

Les bénéfices de cette expérience

Mais bien souvent, c’est dans la difficulté et les échecs que l’on apprend le plus. Participant à ce conseil avec l’objectif de découvrir de l’intérieur le fonctionnement de la collectivité, l’étudiant se réjouit tout de même d’avoir pu rencontrer et côtoyer des jeunes montpelliérains venus de tous horizons.

Les deux étudiantes retirent aussi plusieurs bénéfices. Au cours des échanges qu’elle a pu avoir, Elodie considère qu’elle a gagné en assurance puisqu’il a fallu s’exprimer pour défendre ses idées.

Chez Oumnia, ce sont plutôt les nouvelles compétences acquises grâce aux formations et interventions d’experts organisées par le Conseil qui l’ont marqué. Gestion de trésorerie, recherche de financement, communication : cela lui a donné de l'expérience dans de nombreux domaines.

Lire aussi

Bien que l’expérience de Saméry n’ait pas été aussi positive, il reconnaît que cela collait à ses études de droit public des collectivités territoriales. Il a donc pu se familiariser avec cet univers dans lequel il pourrait s’imaginer un futur.

Contrairement à lui, Elodie et Oumnia n’ont pas développé l’envie de s'engager dans le monde politique. La Nancéenne a conservé son objectif principal : devenir orthophoniste. Quant à Oumnia, cette expérience lui a donné envie s’investir dans le milieu associatif.

Articles les plus lus

Nos sélections d'offres de jobs étudiants

A la Une engagement et vie associative

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !