Léo Tolub, un étudiant qui a à cœur de défendre les droits humains

Par Pauline Bluteau, publié le 23 Novembre 2021
7 min

GÉNÉRATION ENGAGÉE. Depuis qu’il a 16 ans, Léo défend les droits humains au sein de l'ONG Amnesty International. Après avoir fondé son antenne jeune à Sélestat, le lycéen, devenu étudiant en management international, fait désormais partie du conseil d’administration. Il raconte son expérience "inoubliable".

C'est depuis Berlin que Léo Tolub nous donne rendez-vous par téléphone. L'étudiant a débuté un échange Erasmus il y a un peu plus d'un mois dans le cadre de sa licence de management international à l'IAE Gustave Eiffel. Entre les études et son engagement auprès de l'ONG Amnesty International, Léo n'a presque plus une seconde à lui. "J'en profite quand même pour visiter la ville", rassure-t-il.

Pris dans le tourbillon de l'engagement, le jeune homme de 21 ans ne s'attendait pas, cinq ans plus tôt, alors qu'il était tout juste lycéen, à gravir les échelons jusqu'à faire partie du conseil d'administration de cet organisme qui lui tient à cœur.

D'une pétition pour la cantine de l'école à Amnesty

"Tout a commencé il y a cinq ans… déjà, en septembre 2016", commence Léo. Une date qui lui parait désormais très lointaine, tellement d'événements se sont passés depuis. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, l'étudiant a toujours défendu des causes. Son premier souvenir date du CM2 : "J'avais lancé une pétition dans mon école, c'était au sujet de la cantine… J'avais été reçu par les élus de ma ville", s'amuse-t-il.

Mais le déclic a eu lieu au collège, après les attentats du 8 janvier 2015. "Je me souviens d'un cours sur l'engagement, la liberté d'expression. On devait travailler sur une campagne d'Amnesty International. J'ai fait quelques recherches et j'ai été sensible à la défense des droits humains. Je me suis dit que j'avais du temps et que je pouvais m'engager."

Tout s'accélère l'année suivante, au lycée. Lors d'un forum d'associations, Léo rencontre des membres de l'organisme qui le mettent en contact avec une autre lycéenne, intéressée également. Le binôme reprend alors l'antenne jeunes de Sélestat (67) et commence à mener des actions de sensibilisation au sein de leur établissement. "Je pense que seul, je n'aurais jamais eu le courage de monter cette structure mais là, on ne s'est pas posé de questions, on était motivé !"

Léo devient rapidement relais-jeunes en Alsace dans le but de développer les antennes d'Amnesty international pour les moins de 25 ans sur son territoire. "Mon premier moment inoubliable, c'est le concert de Tryo et le lancer de lanternes célestes lors du festival Summer Vibration à Sélestat. On y tenait un stand et je suis allé voir le groupe car je les savais proches de notre cause. Ils ont accepté de nous aider. Sur le moment, je ne me rendais pas compte parce que j'étais dans l'action mais maintenant oui, je me dis que c'était dingue. Je m'en souviendrai toujours", raconte l'étudiant.

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Plusieurs causes à son arc

De 2017 à 2020, Léo continue de jongler entre le lycée, puis son nouveau statut d'étudiant, et Amnesty International. Il entre au conseil national et depuis un an, fait partie du conseil d'administration. "C'était une suite logique. Je voulais porter la voix des jeunes." L'organisme compte 120.000 membres et seulement 13 personnes font partie du conseil d'administration. "J'adore analyser, porter des solutions et, même si je suis le plus jeune, je ne suis jamais seul", précise-t-il.

Environ tous les mois, le conseil se réunit pour prendre de "grandes décisions". Léo a intégré le groupe de travail Ressources. Il y assure le suivi budgétaire. "C'est passionnant parce que je mets en pratique ce que je vois en cours." En parallèle, l'étudiant continue de développer les structures locales et le militantisme. Il s'occupe aussi de la cellule dédiée à la transparence du trafic d'armes. "Cela permet de défendre des situations concrètes et puis je ne connaissais pas si bien ce sujet donc c'est intéressant d'agir auprès des médias, des parlementaires…"

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Étudiant, citoyen et militant pour un jour ou pour toujours

Amnesty International lui a justement permis de mieux décrypter l'actualité, de poser un regard critique et de mieux se documenter. "J'ai fait des rencontres magnifiques : des personnes de tous âges, de milieux différents. Je parle aussi bien à des jeunes, qu'à des artistes, des parlementaires… L'engagement nous permet d'apprendre sur nous, de gagner en maturité, d'avoir la tête sur les épaules mais aussi d'apprendre à s'organiser, à convaincre, gérer des projets et ça nous pousse à être créatif", résume-t-il.

S'il doit beaucoup à Amnesty International, Léo n'est pas opposé à un engagement dans d'autres associations en lien avec la défense de l'environnement ou le droit des femmes notamment. "Je n'aime pas faire de plans sur la comète mais une chose est sûre : mon engagement ne me quittera jamais !" Pour l'étudiant, le plus difficile reste de trouver son équilibre : "Mes parents m'ont toujours soutenu et je crois qu'ils sont fiers mais quand on s'engage, il faut savoir trouver ses limites. Lorsque j'ai des examens, ce sont les études avant tout… Enfin, j'ai toujours un œil sur Amnesty", confie-t-il.

Bien qu'engagé, le jeune homme ne se dit pas pour autant politisé : pour lui, l'élection présidentielle à venir est surtout l'occasion de rappeler les problématiques des droits humains. Il appelle également à voter pour le ou la candidate qui sera le plus à même de les faire respecter. "L'expertise et l'impartialité sont les maitres-mots à Amnesty. Mais personnellement, c'est vrai que la montée en puissance des discours de haine me préoccupe beaucoup et cela aura un impact sur mon vote", admet-il sans s'étendre sur le sujet.

Pendant son séjour en Allemagne, toujours avide de partage, Léo espère rencontrer des militants d'Amnesty. L'occasion d'échanger sur les pratiques du militantisme, l'engagement et peut-être d'apporter de nouvelles idées à la section française.

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