Présidentielle 2022. Jean-Luc Mélenchon : "Nous supprimerons la sélection à l’entrée du master"

Par Propos recueillis par Dahvia Ouadia, publié le 09 Mars 2022
7 min

MOI PRESIDENT(E). À quelques semaines de l'élection présidentielle, l'Etudiant a interrogé les candidats sur les mesures qu'ils comptent mettre en place en faveur de la jeunesse et en matière d'éducation s'ils sont élus le 24 avril 2022. Orientation, précarité, accès à l'emploi, égalité des chances... Le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon se prête au jeu de l'interview.

Crédité à plus de 10% dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon, le candidat insoumis, surfe sur une vague ascendante de sa campagne et se voit déjà au second tour. À quelques semaines du premier tour, l'Etudiant a interrogé le candidat sur ses mesures en faveur de la jeunesse.

Les mesures en faveur de la jeunesse du candidat Mélenchon

Comme Anne Hidalgo, la candidate socialiste, Jean-Luc Mélenchon souhaite notamment "démanteler Parcoursup" et supprimer la sélection en master.

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Précarité : quelles sont les mesures précises que vous comptez mettre en place pour lutter contre la précarité étudiante ?

Dans notre programme L’Avenir en commun, nous proposons que tous les étudiants détachés du foyer fiscal de leurs parents bénéficient d’une allocation de 1.063 euros mensuelle. Cette allocation correspond au niveau du seuil de pauvreté de 60% du revenu médian.

Cette mesure sera financée par une réforme de l’impôt sur les successions notamment avec un taux marginal de 100% pour les héritages au-dessus de 12 millions d’euros.

Nous prévoyons par ailleurs la généralisation de l’encadrement des loyers, la construction de 15.000 logements universitaires par an, un renforcement de la restauration universitaire et de la médecine préventive et prescriptive universitaire.

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Orientation dans le supérieur : entre la réforme du bac, la mise en place de Parcoursup, la crise sanitaire… certains lycéens et étudiants sont perdus. Si vous êtes élu président, quelles mesures mettrez-vous en place pour les aider à s’orienter plus efficacement ?

Nous démantèlerons Parcoursup et rendrons à nouveau effectif le droit d’accès aux études supérieures sur la base de l’obtention du baccalauréat, premier diplôme de l’enseignement supérieur. Nous réinstaurerons également le droit à la poursuite d’études en supprimant la sélection à l’entrée du master.

Nous mettrons fin à la régionalisation de l’orientation et recréerons un service public national s’appuyant sur les conseillers d’orientation-psychologues de l’Éducation nationale. Les difficultés d’orientation peuvent aussi être liées au manque de places dans certaines filières, et nous ferons donc en sorte d’y remédier en fonction des besoins, qu’il s’agisse des filières type BTS, IUT ou des filières universitaires.

Par ailleurs, nous pensons que les étudiants ont un "droit à l’erreur", qu’il est illusoire de déterminer la réussite ou l’échec d’étudiants uniquement sur la base de statistiques en fin de première année alors que les réorientations positives existent. Il s’agit donc d’améliorer les possibilités de réorientation et de validation d’équivalence qui ont été particulièrement mises à mal par les réformes de la licence, du DUT et de la première année d’études médicales.

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Emploi : près d’un jeune actif sur cinq âgé de 20 à 24 ans est sans emploi. Que comptez-vous mettre en place pour aider les jeunes à intégrer le monde du travail ?

L’Union populaire propose un plan de partage du temps de travail : semaine de 35 heures et ouverture de négociations pour les 32 heures, retraite à 60 ans, sixième semaine de congés payés. La planification écologique que nous mettrons en place nécessitera une main d’œuvre qualifiée nombreuse dans des domaines variés. Nous proposons aussi le lancement de grands travaux : dépollution de nos façades maritimes, rénovation de nos réseaux d’eaux et assainissement, rénovation des voies ferrées, etc.

Spécifiquement pour les jeunes, nous créerons des "emplois jeunes" dans le secteur public et non-marchand d’une durée de cinq ans et au nombre de 100.000. Nous développerons également les pré-recrutements dans certaines filières, comme pour les enseignants et les métiers de la santé. Plus globalement, nous mettrons en place une "garantie de l’emploi" pour permettre à tout chômeur de longue durée de faire valoir un droit à l’emploi.

Égalité des chances : quelles mesures comptez-vous mettre en place pour favoriser la mixité et l'ouverture sociales dans l’enseignement supérieur ? Et plus particulièrement dans les filières les plus sélectives ?

Comme indiqué plus haut, nous remettrons en cause la sélection quelle que soit la filière universitaire et mettrons en place des pré-recrutements cherchant à favoriser la mixité sociale dans certaines filières particulièrement sous-dotées aujourd’hui comme l’éducation et la santé.

La mixité sociale sera également assurée par une carte des formations assurant un accès aux formations quel que soit le lieu de résidence. Cette carte des formations sera doublée d’un cadre national des diplômes garantissant l’égalité des titulaires d’un même diplôme quel que soit l’établissement ayant prodigué l’enseignement.

Les problématiques de mixité sociale à l'école sont aussi liées aux inégalités sociales en général : le programme L'Avenir en commun attaque le mal à la racine avec une série de mesures d'éradication de la pauvreté, d'augmentation des salaires, de droit au logement, d'accès aux services publics, de développement de ces services publics dont l'école bien évidemment.

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