Vie étudiante : ils mènent des projets en faveur de leur ville

Par Camille Jourdan, publié le 18 Septembre 2020
5 min

À Grenoble, Rouen ou Clermont-Ferrand, des étudiants de tous horizons ont fait le pari de lancer leurs propres projets. Ecologie, lien social, économie... quelles que soient les thématiques, les étudiants parviennent ainsi à devenir de véritables acteurs du dynamisme local. L'Etudiant est parti à leur rencontre.

Au cœur de Clermont-Ferrand, LieU’topie mêle épicerie solidaire, bibliothèque, salle de concert, laverie… Ce "tiers-lieu", ouvert à tous, a été créé en 2013 par un groupe d’étudiants en licence Commerce équitable. Sept ans plus tard, d’autres étudiants et des habitants de Clermont ont pris le relais pour faire perdurer ce lieu. Le temps de leurs études ou de façon plus durable, des étudiants lancent ainsi des initiatives dans la ville qui leur sert de lieu de vie durant quelques années. Des projets qui peuvent ensuite avoir un impact bien plus important qu'on ne l'imagine.

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Créer du changement dans sa ville

À en croire les étudiants, les initiatives ne manquent pas. À Grenoble, Vincent et Hubert se sont attaqués au tri sélectif en créant Ficha, il y a trois ans. Le principe : installer des poubelles connectées dans les immeubles. "Si les déchets sont bien triés, les résidents ont accès à des réductions chez nos partenaires : magasins bios, solutions de mobilité durable…", décrit Vincent. Les deux amis fraîchement diplômés de Grenoble Ecole de Management (GEM) agissent donc aussi sur le tissu économique de la métropole.

À Brest, en 2017, Lucie et trois camarades de son master Management du spectacle vivant ont consacré leur projet tutoré à la redynamisation d’un quartier en organisant deux mois d’événements artistiques. L’année d’après, bien que les quatre amis aient terminé leurs études, ils réitèrent les Uptown Sessions, en faisant participer les commerçants. "Ça a tellement bien pris que, depuis, la métropole a lancé un plan de réaménagement du quartier", se réjouit Lucie.

Dans la même optique, à Lille, c’est le jardin écologique qu’ont décidé d’investir des étudiants de l’Ecole d’architecture et du paysage, en 2015. "C’était avant tout un projet d’aménagement participatif, pour que les habitants mettent la main à la pâte", note Julien. Depuis, ces derniers se sont approprié le lieu, continuent à l’entretenir et à développer la programmation culturelle.

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Coups de pouce des villes

Les villes qui accueillent ces jeunes débordant d’idées ont tout intérêt à les aider. Beaucoup leur proposent donc des subventions, mais aussi des bourses, tremplins ou concours. "Autant qu’ils expriment leur talent ici !", affirme Mélanie Boulanger, élue en charge de la vie étudiante à Rouen. C’est auprès de cette métropole que Simon et Caroline ont obtenu une aide de 8.000 euros pour les premiers investissements de TerraLéo, une entreprise qui valorise les biodéchets. "Le concours Créac’tifs nous a aussi donné de la visibilité auprès de partenaires et clients potentiels", se souvient Simon.

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Fati, à Paris, a pu profiter de locaux quasi gratuitement après un appel à projets de la mairie, lorsqu’elle a lancé Avekapeti, une start-up permettant aux entreprises parisiennes de commander des repas concoctés par des cuisiniers demandeurs d’emploi. Maxime et Stéphane ont également bénéficié de locaux, mais aussi d’un coaching personnalisé, en intégrant l’incubateur de la métropole lilloise, Euralimentaire, pour développer Biodemain. Cette marque labellise, accompagne et rémunère les agriculteurs lillois en processus de conversion à l’agriculture biologique. Un tel accompagnement, combinant réseau et conseils juridiques, marketing ou budgétaires, permet d’accélérer le développement des projets. Et le coup de pouce financier est toujours le bienvenu, comme en atteste Vincent, de Ficha : "Nous co-construisons notre solution avec la métropole de Grenoble, qui nous a attribué 15.000 euros. Cet argent nous permet de développer notre poubelle connectée dans une résidence de la ville."

Si des projets ont vocation à s’ancrer durablement dans la ville, d’autres souhaitent aussi s’exporter : TerraLéo commence à intervenir dans l’Eure, BioDemain proposera bientôt des produits à Paris, et Ficha compte bien, à terme, installer ses poubelles ailleurs qu’à Grenoble. Les villes étudiantes apparaissent ainsi comme des tremplins efficaces pour inscrire dans le long terme des projets étudiants.

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