Vie étudiante : la hausse de la CVEC à 95 euros décriée par les associations

Par Amélie Petitdemange, publié le 09 Mai 2022
5 min

Versée lors de l'inscription à l'université, la contribution à la vie étudiante et de campus est utilisée par les établissement pour améliorer les services liés à la vie étudiante.

À la rentrée 2022, le montant de la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus) passe de 92 à 95 euros, soit une augmentation de 3,3% par rapport à l'année dernière. Cette hausse a été entérinée par une note de la DGESIP (direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle) aux Crous, qui collectent cette contribution.

Cette dernière est payée chaque année lors de votre inscription à l'université, sauf pour les étudiants boursiers. Elle vise à "favoriser l’accueil et l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants". En clair, l'établissement doit s'en servir pour améliorer votre vie étudiante : prévention des risques liés à l’alcool, accès aux soins en matière de "santé sexuelle, de sevrage tabagique et de santé mentale", formation aux premiers secours, prêt de matériel informatique, création d’épiceries solidaires, bourses aux livres, tournois sportifs, ateliers artistiques…

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Une hausse vécue comme une "double peine"

Cette augmentation était "malheureusement attendue", souligne le président de la Fage (fédération des associations générales étudiantes), Paul Mayaux, puisque le montant de la CVEC est indexé sur l'inflation. Selon lui, il s'agit d'une "double peine" pour les étudiants, qui subissent à la fois l'augmentation des frais de la vie courante et l'inaction du gouvernement au niveau des aides sociales. "Ces aides devraient aussi être calquées sur l'inflation", affirme Paul Mayaux.

Un déséquilibre également pointé par l'UNEF (union nationale des étudiants de France) pour qui "la CVEC et le coût de la vie étudiante s’envolent, contrairement aux bourses qui elles n’augmentent pas". "L’augmentation de la CVEC pour la première rentrée du quinquennat représente le mépris que les étudiants affrontent depuis cinq ans", dénonce aussi le syndicat étudiant dans un communiqué.

Eleonore Schmitt, élue Cneser (conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) et porte-parole de l'union syndicale et associative L'Alternative, partage ce constat : "Nous sommes totalement opposés à cette augmentation de 3,3%, quand les aides n'ont augmenté que de 1,1 % depuis 2020".

Une utilisation "opaque" de la CVEC

Cette annonce est "décevante" pour l'Alternative, qui s'oppose à l'idée même de "cette taxe étudiante". Eleonore Schmitt dénonce l'utilisation "opaque" de la contribution. Selon elle, les étudiants voient rarement "où va cet investissement". "La CVEC finance de plus en plus des postes de médecins, de psys… Cela pallie en fait le désengagement de l'État. Ce n'est pas aux étudiants de payer pour l'accès à ces services !" déplore-t-elle.

Elle souligne par ailleurs des disparités entre les formations. "Certains établissements comme les IFSI (Instituts de formation en soins infirmiers) sont exclus des politiques financées par la CVEC. Et il y a deux poids deux mesures selon la situation géographique. Par exemple, à Grenoble entre 2018 et 2022, aucune action n’a été entreprise."

Pour l'UNEF, "la CVEC n’est pas toujours en adéquation avec ses objectifs. En effet, celle-ci est parfois utilisée pour financer un manque de budget des établissements, notamment pour rénover des bâtiments, embaucher des travailleurs sociaux contractuels ou encore financer l’augmentation des enveloppes d’aides sociales pendant la crise sanitaire".

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Des améliorations à venir

Paul Mayaux nuance cependant ce constat. "C’est en effet compliqué de l'utiliser au mieux dans tous les établissements. On note des inégalités. Mais dans certains cas, c'est une contribution qui fonctionne très bien. Elle permet d'avoir accès à des services de santé et de soins, mais aussi de financer des projets associatifs et individuels à travers des appels à projets. La CVEC est encore récente, il va y avoir des améliorations."

Si la Fage y est donc favorable, la fédération propose de la conserver mais de baisser son montant. "Il n’est pas utile de l’indexer sur l’inflation. Ou alors, il faudrait laisser la possibilité de la geler si la hausse est trop forte", plaide le jeune homme. Les frais d’inscription à l’université, également indexés sur l’inflation, sont par exemple gelés pour la rentrée 2022 face à une précarité étudiante grandissante.

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