1. Culture skinhead

Culture skinhead

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Nous sommes en 1983. Shaun, 12 ans, habite avec sa mère, dans une banlieue pauvre du nord de l’Angleterre. Le père du gamin est mort au front pendant la guerre des Malouines. En ce début de vacances d’été, le jeune adolescent solitaire va faire la connaissance d’un groupe de skinheads locaux. Ces derniers, plutôt stylés et sympathiques, lui font découvrir le monde des fêtes, du ska et du punk … Rien de vraiment méchant. Mais l’ambiance va changer quand Combo, un skinhead raciste et nationaliste, sorti de prison, va arriver dans le groupe…

Une époque que le cinéaste a connue
Le réalisateur Shane Meadows signe là une première œuvre sociale, dure et émouvante, sur la descente aux enfers d’un gamin parmi les skinheads, sur le glissement dans la violence et le racisme d’une société rongée par le chômage. Ancien skinhead, Shane Meadows sait de quoi il parle. Adolescent, il a vécu dans cette Angleterre où 3,5 millions de personnes étaient sans travail. Il a vu des gens frustrés changer, des jeunes en colère qui organisaient des meetings dans les pubs, dans les maisons. Il a voulu montrer comment, à un moment donné dans sa vie, il ne savait rien du racisme et le lendemain, cela semblait être dans l’esprit de chacun.

Les versions soft et hard du mouvement skinhead
Le film donne aussi un nouvel éclairage sur le milieu des skinheads. Shane Meadows a voulu souligner qu’il ne se résumait pas au départ à des groupes de gros bras racistes aux crânes rasés. Les origines de cette culture remontent en effet au ska, à Madness et The Specials, où les jeunes, pauvres et sans avenir, se soutenaient. Le personnage de Shaun va traverser ces deux tendances du mouvement skinhead.
Bref, un film coup de poing à voir absolument avec une mention spéciale pour ses jeunes interprètes qui éclaboussent l’écran de leur vérité.

This is England de Shane Meadows, TF1 Vidéo, 19,99 €. Sortie le 10 avril.

Séverine Tavennec