1. Les organisations de jeunesse et d'éducation populaire

Les organisations de jeunesse et d'éducation populaire

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L’association ne vit pas en autarcie ! À tout moment, elle a besoin d’interagir avec son environnement, avec différents interlocuteurs. Petit tour d’horizon.

La jeunesse est définie comme « la période de la vie humaine comprise entre l’enfance et la maturité ». Selon la loi, un jeune est une personne qui n’est ni un adulte ni un enfant, mais quelque part entre les deux. On remarque donc que la définition est vague ce qui accroît la difficulté de cerner le sens de ce terme et de le transposer en une application concrète.

Historique de l’Éducation Populaire

Trois événements sont considérés comme fondateurs de l’éducation populaire :
• la Révolution française avec le rapport Condorcet ;
• la création par Jean Macé de la Ligue de l’enseignement en 1866 ;
• et le Front populaire suivi de la Résistance.

Avec la Ve République, on assiste à une mutation de la société et une entrée dans le monde de la consommation. L’État et les collectivités locales vont prendre de nombreuses initiatives pour répondre aux besoins nouveaux : développement des loisirs, fermetures d’écoles en milieu rural, professionnalisation et spécialisation des activités d’animation… Le lien entre la vie associative et l’école est profondément modifié, le mouvement social est ignoré, le gouvernement subventionne les établissements privés (loi Debré en 1959). En contraste, la Fédération nationale Léo Lagrange (mouvement issu des jeunesses socialistes, nommé en hommage à Léo Lagrange) apparaît en 1959, avec un projet éducatif qui est celui de bâtir une société de progrès fondée sur l’idéal républicain et organisée autour de la démocratie participative, l’égalité, la liberté, la justice sociale et la laïcité.

L’année 1968 marque un tournant pour l’éducation populaire avec la déclaration de Villeurbanne et est alors créée le CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire). À partir de 1969, le mouvement entre dans une phase de profondes et constantes transformations, liées à la crise de l’après-Mai 1968 et aux mutations politiques, économiques, idéologiques et géopolitiques que traverse notre société et particulièrement le monde associatif : crise des valeurs, effets de la décentralisation, réduction des moyens financiers accordés aux associations… Les associations d’éducation populaire ont toutes traversé des crises identitaires et malgré la puissance idéologique de ces mouvements, l’éducation populaire perd de sa force.

L’éducation populaire actuelle est méconnue et s’est adaptée à la société institutionnelle. Nous sommes loin de retrouver pleinement les motivations fondatrices de Condorcet ou Jean Macé, qui étaient principalement la dimension culturelle de l’action collective.

On peut néanmoins retrouver trois courants de l’éducation populaire :
laïc. Issu de la tradition de Condorcet, c’est l’instruction pour tous, la formation des citoyens et la prise en charge par la République. Mais le capitalisme ne laisse pas beaucoup de place à la démocratie du savoir. Les principales associations du courant laïc sont la Ligue de l’enseignement et la fondation Léo-Lagrange ;
chrétien. C’est le courant catholique (les protestants étant du courant laïc), qui prône la morale, l’entraide. L’Église n’a jamais souhaité voir d’autres formes d’éducation que la sienne et a souvent empêché le développement des autres courants. Les Scouts et Guides de France descendent de ce mouvement.
ouvrier. Né avec le mouvement ouvrier du XIXe siècle, il fut à l’origine des amicales, mutuelles et coopératives, alors que les syndicats étaient interdits. Il pose les enjeux de l’instruction : les contenus, les éducateurs, les formations, les éduqués, la gestion et la mise en œuvre.

Aujourd’hui les principales associations d’Éducation populaire que l’on retrouve sont :
• la Ligue de l’enseignement ;
• l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) ;
• les CEMEA (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation actives) ;
• la Fondation Léo-Lagrange ;
• la FAGE ;
• les Éclaireuses et Éclaireurs de France ;
• les Scouts et Guides de France ;
• l’association Peuple et Culture ;
• la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) ;
• les MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne).


Les mouvements de Jeunesse et d’Éducation populaire

Souvent liés, les mouvements d’éducation populaire et les mouvements de jeunesse sont difficilement identifiables dans leur identité propre. Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative délivre un agrément « Jeunesse et éducation populaire » aux associations reconnues comme œuvrant dans ces champs.
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