La rentrée 2022 va coûter (très) cher aux étudiants

Par Oriane Raffin, publié le 22 Août 2022
4 min

La Fage anticipe une hausse importante des dépenses, notamment en raison de l’inflation. Elle réclame davantage d’aides, avec une réforme structurelle du système boursier.

2.527 euros de frais pour la rentrée universitaire 2022. Comme chaque année, la Fage, organisation étudiante, a calculé ce qu’un étudiant en licence – ne vivant plus chez ses parents – va devoir débourser pour s’équiper, financer ses études et vivre en septembre.

Elle inclue à la fois les frais de la vie courante, comme le loyer ou l’alimentation (soit 1.219 euros, avec une augmentation de 1,92%) et les frais spécifiques imputables à la rentrée (de 1.307 euros, soit 13,04% de plus qu’en 2021).

Cette année, l’indicateur, même s’il a déjà atteint des montants de ce type par le passé, bat un record : celui de la plus forte augmentation d’une année sur l’autre : +7,38% par rapport à la rentrée 2021. Avec une hausse globale de 55% en 20 ans, quand les bourses n’ont augmenté que de 33% sur la même période.

Complémentaire santé, assurance logement et matériel pédagogique en hausse

Parmi les postes de dépenses les plus à la hausse cette année, Paul Mayaux, président de la Fage et Anne-Laure Syrieix, vice-présidente chargée des affaires sociales ont souligné les complémentaires santé (+32,21%), l’assurance logement (+11,83%) et le matériel pédagogique (+15,82%). Les frais les plus importants restant ceux liés au logement, avec une moyenne de 552 euros par mois (670,76 euros en Ile-de-France).

Conséquence, pour la majorité des étudiants, non boursiers : "Faire face au coût réel d’une année étudiante est inimaginable sans recourir au soutien de la famille, ou à défaut, au salariat", note la Fage, qui déplore une inégalité d’accès à l’enseignement supérieur.

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Un accès aux soins limité

L’organisation s’inquiète également pour la santé étudiante, avec un accès aux soins limité et une situation dégradée par la crise du Covid. Selon une autre étude de la Fage, deux étudiants sur cinq ont renoncé à des soins depuis mars 2020, dont 43% pour des raisons financières.

Par ailleurs, Anne-Laure Syrieix insiste sur la situation des étudiants internationaux extra-communautaires et exilés, particulièrement touchés par la précarité, en raison notamment de frais d’inscription plus élevés.

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Une refonte structurelle des aides demandée

Si le gouvernement a d’ores et déjà annoncé des aides à destination des étudiants, avec par exemple le maintien du repas universitaire à 1 euro pour les étudiants boursiers ou précaires, une aide exceptionnelle de 100 euros pour les boursiers et les bénéficiaires des APL ainsi qu’une hausse de 4% des bourses sur critères sociaux, ces mesures "demeurent inférieures à l’augmentation du coût de la vie et en-deçà des besoins des étudiants", déplore Paul Mayaux. L’inflation a en effet atteint 6,1% cet été.

L’organisation souhaite un dispositif plus pérenne, allant au-delà d’une aide ponctuelle, et compensant la perte de pouvoir d’achat. "Nous demandons une réforme des bourses plus structurelle et profonde, pour ne pas refaire un constat pareil dans cinq ans, appuie le président de la Fage. Avec une revalorisation des bourses, une extension du versement sur douze mois, l’abolition des échelons et un guichet unique pour l’ensemble des aides."

Une concertation sur le système des bourses a été annoncée par Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les organisations étudiantes attendent d’être invitées aux échanges.

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