1. Les Français peu rassurés par l’Europe

Les Français peu rassurés par l’Europe

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Les Français et l’Union européenne, une grande histoire d’amour ? Historiquement, oui, plutôt. Pourtant, récemment, les rapports se sont tendus… En témoigne le sondage* commandé sur le sujet par le site Touteleurope.fr, en partenariat avec Orange et Ouest France, et réalisé par l'institut BVA. Alors que la France vient de prendre la présidence de l’Union, "l’Eurobaromètre" montre que l’Europe est autant une source de crainte (33 %) que d’espoir (30 %) pour les Français. Désabusés, déçus nos concitoyens ? En 2003, 61 % d’entre eux croyaient fort en la construction européenne. Les plus craintifs restent les ouvriers : seulement 13 % considèrent l’Europe comme une chance, alors que c’est le cas pour près d’un cadre sur deux. Le niveau d’études, les revenus et la vision sur la mondialisation économique ne sont pas étrangers à ces résultats.


La construction européenne constitue-t-elle pour vous une source d'espoir ou une source de crainte ?















L’Europe pour l’international, la France pour le quotidien

A chacun ses tâches… 53 % des Français veulent bien que les grandes décisions en matière de politique étrangère et d’immigration soient prises à l'échelle européenne. En revanche, les décisions qui concernent leur quotidien doivent être déterminées par le gouvernement. C'est notamment le cas pour l'emploi (76 % estiment que la France doit décider), l'éducation (78 %) et la santé (83 %). Cela tombe bien, c’est ainsi que cela se passe aujourd’hui !



Ce que les Français attendent de la présidence française de l'UE
D’un côté, les priorités de la présidence française, de l’autre, celles des Français. Parfois, elles se rejoignent, parfois non… Par exemple, la réforme des institutions européennes semble une priorité pour seulement 8 % de nos concitoyens et celle de la politique agricole commune pour 3 %. Les Français attachent plutôt de l’importance à la protection de l'environnement (27 %), la protection des consommateurs (26 %) et la politique de l'énergie (17 %). Selon Jérôme Sainte-Marie, consultant pour BVA, ils expriment ainsi le désir de faire de l’Europe « un bouclier ».
Par ailleurs, l’Union européenne est jugée bien placée pour résoudre la hausse des produits alimentaires (selon 63 % des sondés) et traiter le problème de la hausse des prix de l’énergie (47 %). En revanche, seulement 33 % des Français l’estiment pertinente pour gérer les conflits au Proche et au Moyen Orient ; 25 % pour s’occuper des tensions Chine-Tibet liées aux Jeux Olympiques de Pékin.
Bref, l’UE est jugée plus apte à régler les problèmes économiques que politiques.


Parmi les domaines suivants, quels sont les deux, selon vous, que la France doit mettre au centre de son action au cours de sa présidence de l'Union européenne ?

























A propos du "non" irlandais

Pour 37 % des Français, la victoire du "non" au référendum irlandais est perçue comme une mauvaise nouvelle pour l'Europe. 26 % considèrent qu’il s’agit d’une bonne nouvelle et 37 % n’ont pas d’opinion.
Face au refus irlandais, 41 % des Français pensent qu'il faut renoncer au traité de Lisbonne. Un quart des personnes sondées pense qu'il est préférable de "poursuivre la construction européenne sans les Irlandais avec les pays qui ont ratifié le traité". Seuls 14 % souhaitent que l'on fasse revoter les Irlandais en leur proposant des adaptations au traité… comme on l’évoque souvent dans les cercles européens.
Dans tous les cas, les Français réclament surtout une chose : un discours plus clair et plus simple sur l’Union européenne. Est-ce possible ?


Les Irlandais viennent de dire non au référendum qui a eu lieu le 12 juin en Irlande concernant la ratification du traité de Lisbonne. Selon vous, est-ce plutôt une bonne nouvelle ou plutôt une mauvaise nouvelle ?

















* Sondage réalisé par l’Institut BVA du 18 au 24 juin 2008 auprès d’un échantillon de 996 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.



Virginie Bertereau