1. Les lycéens dans la rue

Les lycéens dans la rue

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Lundi 2 juin 2008, François Fillon, le Premier ministre, Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale et Rachida Dati, la ministre de la Justice, se sont rendus au lycée Paul-Bert dans le XIVe arrondissement de Paris… et ont eu droit à un comité d’accueil "privilégié". A leur arrivée, 150 personnes – des élèves, soutenus par des jeunes d’autres établissements, et des parents – manifestaient "pour réclamer des moyens" et dénoncer les heures supplémentaires imputées aux professeurs. Sur leurs tracts, on pouvait lire : "madame et messieurs les ministres vous n'êtes pas les bienvenus".

"Une provocation du gouvernement"

La manifestation a dégénéré lorsque trois adolescents, qui tentaient de franchir un barrage des forces de l’ordre, ont été interpellés (puis relâchés dans l'après-midi). Selon une source policière, l'un d'eux avait une arme blanche et un gendarme a été blessé à la main. Ambiance tendue…
A l’origine, les membres du gouvernement se rendaient à Paul-Bert pour assister à une rencontre sur la prévention contre la drogue en milieu scolaire. "Une provocation du gouvernement", selon les parents d'élèves de la FCPE (fédération de parents d'élèves) et le maire PS du XIVe arrondissement, Pierre Castagnou. L’UNL (Union nationale lycéenne) a renchéri : "Dans un débat sur le thème des drogues, il aurait semblé important que la ministre de la Santé soit présente et non la ministre de la Justice. En effet, il s’agit d’une nouvelle démonstration de la logique du gouvernement qui consiste à privilégier une politique de répression au détriment du développement de la prévention auprès des lycéens". Certains ont reproché aux ministres d'avoir annoncé trop tard (vendredi 30 mai) leur visite. D'autres d'avoir perturbé les cours à deux semaines du bac.

La réplique de Darcos et Fillon

"Venant de personnes qui ont organisé pendant trois mois la confusion dans les établissements c'est presque comique", a répliqué Xavier Darcos. "La police est là pour faire régner l'ordre, les manifestations ne sont pas une façon de régler les sujets," a pour sa part affirmé François Fillon, au coeur d'un mouvement contestataire pour l'une des premières fois. Plus tard, il a également déclaré : "le Premier ministre se déplace comme il veut, quand il veut, dans des établissements qui appartiennent à la République et qui sont ouverts à tous".
Après leur visite, les trois ministres ont quitté le lycée sous les huées. "C'est pas les immigrés, c'est pas les sans-papiers, c'est le gouvernement qu'il faut virer" ou "libérez nos camarades" scandaient les manifestants. Selon un responsable d’un syndicat lycéen, les forces de l’ordre auraient ensuite donné "des coups de matraque" pour désolidariser la chaîne humaine qui empêchaient les officiels de passer. Dans un communiqué, l’UNL "dénonce fermement la répression policière face à des manifestants pacifiques qui n'avaient même plus le droit de rentrer dans leur lycée". Pour sa part, le Premier ministre a été satisfait d'avoir pu dialoguer avec les lycéens du "problème grave" de la drogue.

Virginie Bertereau (avec l’AFP)
Sommaire du dossier
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