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La jeunesse est dans la rue !

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Ce qu’il y a de bien avec les lycéens, c’est qu’ils sont plein d’entrain. Même (surtout ?) dans les manifs. Même sous la pluie... Vendredi 28 mars, une trentaine d'établissements franciliens étaient perturbés. La veille, jeudi, élèves et professeurs de collèges et de lycées manifestaient, "main dans la main", à Paris, à Lyon (une centaine de lycéens) et à Marseille (seulement une dizaine). Dans les rues de la capitale, ils étaient 6.000 selon les organisateurs (4.600 selon la police) à défiler suite à l’appel de plusieurs syndicats d’enseignants (FSU, FO, la CGT et SUD), relayé par l’UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne).


"Pas de profs, pas d’avenir"

Motif principal de leur mécontentement : la suppression de 11.200 postes de profs à la rentrée 2008, dont environ 8.800 dans les collèges et les lycées publics. "Dans mon lycée, il est question de supprimer des postes de profs de physique, de japonais ou encore de MANAA (mise à niveau en arts appliqués). On pénalise ainsi les options rares, pas assez rentables… Si on continue, on va aussi supprimer les arts plastiques. Et j’aurai suivi le cours pour rien", déplore Laury, élève en seconde arts plastiques au lycée Camille-Claudel, dans le Val-d'Oise (95). "Moi, si on supprime la classe de japonais, il faudra que je me débrouille pour trouver un autre lycée, je ne sais pas où… Dans mon lycée, certains perdent déjà trois heures par jour dans les transports pour venir en cours", ajoute sa copine Léna, élève en seconde qui a choisi japonais en langue vivante 3. "Pas de profs, pas d’avenir", lit-on sur une banderole de fortune.


Vers une école au rabais

De leur côté, les enseignants affichent des revendications plus larges. Si les suppressions de postes – notamment dans les départements où les élèves ont le plus besoin d’encadrement – font beaucoup râler, les profs protestent d’une manière générale contre le rapport sur le métier d’enseignant (ou rapport de la commission Pochard), contre l’autonomie des collèges, le plan banlieue ("Espoir banlieue", ironisent-ils) de Fadela Amara et la réforme du bac professionnel. "On est en train de faire une école au rabais", lance Gwen, enseignante au collège de Drancy (95). "On supprime le BEP (brevet d'études professionnelles) pour – soit-disant – revaloriser le niveau des études. Cela fait peut-être faire des économies mais cela donne moins de choix aux élèves", proteste Linda, sa collègue. "CAP, BEP, bac pro, on doit pouvoir choisir", déclare Noémie, 18 ans, en bac pro commerce au lycée Poincaré de Palaiseau (91).


Comment le mouvement va-t-il évoluer ?

Jusqu’ici la mobilisation ne s’est pas révélée de grande ampleur… D’une part, le mouvement concerne principalement des établissements de banlieue parisienne, notamment ceux de l’académie de Créteil. D’autre part, de nombreux enseignants ne sont pas forcément chauds pour faire grève, et leurs syndicats pas toujours sur la même longueur d’onde. Le renfort apporté par les lycéens va peut-être changer la donne… La FIDL et l’UNL ont appelé à "amplifier le mouvement" lors de nouvelles manifestations mardi 1er avril. Pour sa part, la FSU (Fédération syndicale unitaire) prévoit une grande manif le 18 mai. Ce sera quand même dur de faire mieux qu’en 68.


Virginie Bertereau

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