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Les lycéens ne cèderont pas

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Non. C’est non. Les lycéens et les professeurs ne sont pas décidés à arrêter leur mouvement contre la réforme du bac professionnel et les 11.200 suppressions de postes d’enseignants prévues par le ministère de l’Éducation nationale à la rentrée 2008. Même au bout d’un mois de mobilisation… Le ministre, Xavier Darcos, ne veut pas céder. Eux non plus.
Résultat : ils étaient entre 8.500 (selon la police) et 20.000 (selon les organisateurs) à défiler à nouveau mardi 8 avril à Paris à l’appel des organisations lycéennes, l’UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne ), et du SNES-FSU (syndicat majoritaire chez les enseignants du second degré). Mais même sans cet appel, ils seraient venus. "Il y a beaucoup plus d’ambiance qu’aux autres manifs. On est de plus en plus motivé. On veut se faire entendre", assurent Fanny et Cécile, deux élèves du lycée François-Truffaut de Bondoufle (91). "On continue, on lutte et on espère qu’on sera toujours aussi mobilisé malgré les vacances de Pâques, dans deux semaines. Aujourd’hui, on bloque le lycée le matin, mais de façon intelligente : on laisse passer ceux qui veulent étudier. Mais on est plus organisé car on arrive à mobiliser plus de monde pour les manifs", témoigne, Nolwenn, en terminale ES dans le même établissement. Et pour les cours, jeune fille ? "Les profs sont indulgents… Certains nous donnent des photocopies. Sinon, les élèves qui restent au lycée nous les fournissent", confie-t-elle.



Henri-IV en renfort

Aujourd’hui, le mouvement a dépassé les frontières de la banlieue parisienne. Pour preuve, cette "délégation" d’une vingtaine d’élèves du lycée parisien Henri-IV qui manifeste par "solidarité". "Jusqu’à présent, je n’ai pas participé au manifs", avoue David, en première. Mais le mouvement prend de l’ampleur et on ne peut pas rester dans notre cocon". Ses acolytes, Célio et Ulysse, précisent : "Henri-IV n’est pas vraiment affecté. Chez nous, "seules" deux suppressions de postes sont prévues… On est là en soutien".

Chansons et chorés

Plus nombreux, les lycéens sont surtout mieux organisés. Aux tambourins de début de mouvement se sont ajoutées de puissantes sonos. Les chansons entonnées à pleins poumons et les chorégraphies sont plus "fouillées". Si les revendications des lycéens n’étaient pas aussi sérieuses, on pourrait penser qu’ils sont tous là pour faire la fête. Tous ? Non. En tête du cortège, quelques incontrôlables cassent l’ambiance et les pieds des forces de l’ordre en leur lançant des projectiles. Au moins une douzaine de personnes ont été interpellées. De même lundi et mardi, dans la matinée, des incidents s’étaient produits en Seine-Saint-Denis et à Créteil (jets de pierre, vols, violences sur les personnels…). De quoi décrédibiliser (bêtement) le mouvement…



Virginie Bertereau

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