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Manifs lycéennes : le bouquet final ?

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Pour l’honneur. Pour le panache. Jeudi 15 mai 2008, des milliers de lycéens ont manifesté à Paris en ce jour "d’action pour la défense du service public" et contre les suppressions de postes prévues en 2008-2009. Au total, entre 50.000 et 60.000 personnes selon le syndicat FSU, 18.000 selon la police – dont plus de la moitié dans l’éducation – ont défilé entre la place d’Italie et la place de la République. Les principaux syndicats (CGT, FO, CFDT, FSU, Sud éducation, UNEF, UNSA, UNL, FIDL…) ont répondu présents. Mais pour les lycéens, après un mois et demi de mobilisation, les vacances de Pâques et le bac en ligne de mire, on sent bien que la fin est proche. "A partir de demain, nous suspendons les appels à la manifestation. Les lycéens sont fatigués, les examens arrivent bientôt, les élèves de seconde vont partir en vacances et ceux des filières professionnelles en stage. Or, nous ne voulons pas d’un petit mouvement, à effectifs restreints. Nous voulons rester tous ensemble face à ce gouvernement irresponsable. La mobilisation reprendra de plus belle à la rentrée", annonce Hannah Boisson, déléguée nationale de la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne).

"Une journée de référence"

Comme il s'agit probablement de la "der des ders", les manifestants donnent tout ce jeudi. Les slogans qui irritent Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale (lire "Xavier Darcos : "Les manifestations ne servent à rien""), sont scandés haut et fort, les ballons de sortie, les chansons connotées (de "Je rêvais d’un autre monde" de Téléphone à "Motivé", la reprise de Zebda) reprises à tue-tête, les chorés hyper rodées.



"Les lycéens ont à cœur de faire de cette journée une journée de référence. Mais il ne s’agit pas d’un "baroud d’honneur"", clame Florian Lecoultre, président de l’UNL (Union nationale lycéenne). En effet, contrairement à la FIDL, le syndicat veut poursuivre les manifestations après le 15 mai. "Nous avons obtenu des victoires, comme les 1.500 postes d’assistants d’éducation ou la session de rattrapage pour le bac pro. Qui aurait pu dire que nous gagnerions cela en mars ? Mais les reculs concédés ne sont pas suffisants. Le ministre n’est pas revenu sur les 11.200 suppressions de postes. Nous devons encore nous attaquer à ce gros morceau", explique Florian Lecoultre qui prévoit des opérations coup-de-poing et souhaite être reçu au ministère.

La relève des profs aura-t-elle lieu ?

Finalement, Xavier Darcos les aura bien eus… "On s’est fait "couillé" à cause du timing. Des blocus de lycées sont prévus mais ce sera compliqué avec le bac. Il faut voir si les profs peuvent continuer le mouvement", déclarent, sans optimisme, Tabata, Benjamin et Stacy, élèves en seconde à Sèvres (92). Jeudi 15 mai, les enseignants étaient bien présents dans le cortège. Selon le SNES-FSU (syndicat majoritaire), plus de 55 % des personnels étaient en grève dans les collèges et les lycées*. De son côté, le ministère de l’Éducation nationale annonce 33,55 % de grévistes au niveau national. Leur mobilisation sera-t-elle suffisante pour prendre la relève des lycéens ? Pas sûr… "Nous sommes très en colère à cause des suppressions de postes et de la baisse du pouvoir d’achat. Mais les manifestations des jeunes troublent plus la société que celles des professeurs. Et certains collègues n’y croient pas ou sont résignés à accepter des heures supplémentaires… Ce qui manque, c’est l’implication des parents d’élèves", analyse Amélie Hart-Hutasse, professeur d’histoire-géographie à Athis-Mons (91). A bon entendeur…


*Pourcentage établi à partir de données émanant de 350 établissements.



Les manifs du 15 mai dans les grandes villes de France

En province, de 100.000 (selon la police) à 300.000 personnes (selon les organisateurs) ont manifesté. A Marseille, 30.000 personnes selon les syndicats, 7.000 selon la police, ont défilé dans la matinée. Entre 5.000 et 7.000 manifestants ont protesté dans les rues de Nantes, de 12.000 à 30.000 à Rennes, entre 7.000 et 15.000 à Toulouse, de 5.000 à 10.000 à Lyon, entre 6.200 et 10.000 à Bordeaux, de 7.000 et 15.000 à Grenoble, de 4.000 à 6.000 à Lille, entre 2.000 et 3.000 à Strasbourg et de 3.500 à 5.000 à Perpignan.


Virginie Bertereau
Sommaire du dossier
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