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Témoignage

Les volontaires en service civique en première ligne pendant le confinement

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Heloise, Julie et Romane, trois volontaires en service civique mobilisées pendant la crise sanitaire. // © Photo fournie par le témoin
Heloise, Julie et Romane, trois volontaires en service civique mobilisées pendant la crise sanitaire. // © Photo fournie par le témoin

Heloise, Julie et Romane sont volontaires en service civique depuis déjà plusieurs mois. Dès le début de la crise sanitaire, leurs missions ont été complètement bouleversées. Au sein de leurs associations, elles sont désormais en première ligne pour apporter leur aide. L’Etudiant est allé à leur rencontre.

Les étudiants ne sont pas les seuls à se mobiliser pendant la crise sanitaire. Déjà engagés auprès d’associations, les volontaires en service civique sont aussi très investis. Si pour certains, leurs missions ont dû s’interrompre plus tôt que prévu, la majorité des volontaires, 25.000 pour être précis, ont fait le choix de poursuivre leurs engagements pour répondre aux besoins. C’est le cas d’Heloise, 22 ans, volontaire auprès de l’association Aurore, à Paris, mais aussi de Julie, 21 ans, engagée auprès de l’Armée du Salut, à Reims (51), et de Romane, 24 ans, volontaire à l’AFEV, à Besançon (25).

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Continuer de se rendre utile

À l’origine, pour les trois jeunes femmes, le service civique était surtout l’occasion d’apporter son aide. Depuis octobre dernier, Heloise organisait des animations et créait "du lien entre les habitants". Une mission qui a tout de suite plu à cette titulaire d'une licence de communication, puisqu’elle alliait ses deux domaines de prédilection : la culture et le social. Avec le confinement, l’association a dû s’adapter : "Nous sommes basés dans un point de distribution alimentaire pour les personnes en situation de précarité, explique-t-elle. Je suis passée responsable sensibilisation/hygiène : je réexplique les consignes de sécurité, les gestes à adopter et j’apporte différents renseignements." Chaque jour, Heloise voit défiler 300 personnes et distribue plus de 1.300 repas.

Une mission complètement différente de ce qu’elle faisait jusqu’à présent. Mais pour elle, comme pour Julie, impossible de rester à ne rien faire pendant la crise sanitaire. À Reims, la volontaire diplômée d’un BTS systèmes électroniques organisait des ateliers informatiques avec l’association Unis-Cité. Désormais, elle livre des repas dans des hébergements d’urgence avec l’Armée du Salut. "Quand on me l’a proposé, j’ai beaucoup hésité, admet la jeune femme. Je trouvais que c’était ‘dangereux’ à cause de la propagation du virus, mais je me suis vite rendu compte que je devais continuer d’aider. Je me mets en sécurité pendant les livraisons et tout se passe très bien."

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Développer de nouvelles compétences

De son côté, Romane est volontaire auprès de l’AFEV. L’association met en relation des enfants et des étudiants afin que ces derniers les accompagnent tout au long de l’année, notamment au niveau scolaire. À défaut de pouvoir se déplacer deux fois par semaine auprès de l'élève de sixième dont elle s’occupe, Romane doit désormais tout faire par écrans interposés. "J’échange quotidiennement avec lui. Nos rapports ont beaucoup évolué depuis le début du confinement, raconte la diplômée en licence de psychologie. Il était très timide et maintenant, c’est lui qui prend de mes nouvelles, il pose des questions, il s’intéresse… On arrive à garder un lien à distance et c’est très important."

D’après la volontaire, le confinement l’a poussée à travailler différemment. Les étudiants doivent trouver des astuces pour ne pas perdre le contact avec l’enfant, notamment en inventant de nouveaux jeux ou en proposant des activités à réaliser en famille. "On doit aussi se montrer plus disponible parce qu’il arrive que l’enfant bloque sur un exercice et on doit être capable de l’aider quand il a besoin."

Julie, quant à elle, a appris à conduire un petit camion pour faire ses livraisons. "J’ai compris que l’organisation était très importante, surtout si l'on veut éviter tous les sens interdits de la ville pour aller plus vite", s’exclame-t-elle. Gestion du stress, anticipation, communication, autonomie, travail en équipe, ouverture d’esprit… Ce sont autant de qualités que les trois volontaires sont parvenues à développer en seulement quelques semaines.

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S’engager différemment pendant le confinement

Néanmoins, tous n’ont pas pu poursuivre leur mission comme ils le souhaitaient. En parallèle, 58.000 jeunes en service civique se sont inscrits à la réserve civique mise en place par le gouvernement au début du confinement. Une initiative encouragée par l’Agence du service civique qui a même créé un guide pour les "volontaires confinés". Objectif : trouver d’autres moyens de se rendre utile pendant le confinement.

L’Agence encourage également les volontaires à garder un lien avec leur tuteur pour la suite de leur mission et une éventuelle reprise. "J’espère vraiment pouvoir reprendre ma mission initiale dès la fin du confinement parce que ça me plaisait vraiment", s’inquiète Julie. Pour l’heure, rien n’est moins sûr.

Et même si leur service civique aura été chamboulé par la crise sanitaire, les différentes missions ont tout de même permis à nos trois volontaires d’y voir plus clair sur leur avenir professionnel. Que ce soit dans le milieu informatique, l’éducation ou la culture, Julie, Romane et Heloise devraient poursuivre leurs engagements associatifs.

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