1. Ma cité U, par Erwan, à Saint-Cloud : « 20 mètres carré, c'est spacieux »

Ma cité U, par Erwan, à Saint-Cloud : « 20 mètres carré, c'est spacieux »

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Exigües, insalubres, abordables, conviviales…plusieurs clichés circulent sur les chambres universitaires. Des étudiants qui ont décroché une place en cité U nous racontent comment ils y vivent. Des témoignages, photos à l’appui, très contrastés…

diaporamaDécouvrez la chambre étudiante d'Erwan en photos grâce au diaporama situé après l'article.

"Je craignais de me retrouver dans un ghetto de pauvres dans une ville de riches", raconte Erwan, installé depuis un an à la résidence universitaire de Saint-Cloud (92). Après avoir vécu trois ans sur le campus universitaire de Guyancourt (78) où l’ambiance était plutôt décontractée, cet étudiant boursier de 23 ans a bénéficié d’une place libre dans une résidence de ce quartier huppé des Hauts-de-Seine par l’intermédiaire de son école, l’ENSAV (Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles).

"Un havre de paix"

Mais le jeune homme s’est très vite familiarisé avec les lieux : "Finalement, c’est beaucoup mieux aménagé qu’à Guyancourt. C’est très spacieux. Ma chambre fait environ 20 m² et le cadre est plutôt sympa". Rénovée il y a un peu plus d’un an, cette résidence de 168 logements est en effet située dans un petit parc boisé. Et Erwan d’avouer : "Cet endroit est assez privilégié, un vrai havre de paix !"

Une directrice à l’écoute de ses résidents

erwan, cite universitaire saint cloudLe jeune homme entame la visite des locaux. Il nous emmène dans la "laverie", où se trouvent trois machines à laver et nous explique que cette pièce offre l’occasion de discuter entre voisins, "mais seulement jusqu’à 21 heures, pour ne pas gêner les chambres avoisinantes". Avant de prendre l’ascenseur, Erwan nous montre le bureau de la directrice de la résidence, "une femme très dynamique et vraiment à l’écoute. L’automne dernier, j’ai eu une grippe et j’ai enchaîné avec une gastro. Je ne suis pas sorti de ma chambre pendant plusieurs jours. La directrice s’est inquiétée. Elle est venue me voir, a appelé un médecin en urgence et est partie m’acheter les médicaments."

Une chambre personnalisée

Nous voilà maintenant au 2e étage, nous traversons un long couloir complètement désert. En ce 15 septembre 2009, les étudiants ne sont pas tous revenus. Erwan avoue qu’il se sent un peu seul. Avant de rentrer dans sa chambre, il s’excuse "pour le bazar". Pourtant, à part quelques tableaux le long du mur, tout est extraordinairement bien rangé et très accueillant. L’étudiant a apporté sa petite touche personnelle en accrochant au mur ses tableaux mais aussi quelques chapeaux et en disposant des plantes sur sa mini bibliothèque : "Seuls le lit, la chaise et le bureau sont fournis. Pour le reste, c’est du perso. Et on a la chance d’avoir nos chambres équipées d’une petite salle de bain avec WC et d’un coin cuisine avec deux plaques électriques."

Trois jobs pour pouvoir vivre

Erwan paie 110 € par mois (aides déduites) pour ce 20 m². Il bénéficie en effet de l’APL (aide personnalisée au logement) et d’une bourse de 200 € par mois du ministère de la Culture, dont dépend son école : "Comme je suis le plus pauvre d’une école de riches, j’ai droit à une bourse", explique le jeune homme. Pour pouvoir vivre et manger, Erwan est surveillant de cantine dans une école maternelle le midi, fait du soutien scolaire le soir dans une Maison de quartier de Versailles et est animateur le mercredi dans un centre de loisirs du quartier.

Dîners en commun

Au sein de la résidence, les jeunes font preuve de solidarité : "Nous nous sommes regroupés avec d’autres étudiants pour avoir une connexion commune à Internet pour 6 € par mois. On mange souvent ensemble le soir. Chacun apporte quelque chose, car, dans le quartier, il n’y a que le Monoprix et ce n’est pas donné !".

Un règlement intérieur à respecter

Si Erwan est conscient qu’il vit dans une résidence bien équipée, il confie qu’il se sent souvent seul dans sa chambre. "J’ai l’impression de ne pas être libre. J’ai quitté le domicile familial pour être autonome mais je ne le suis pas ici. Je trouve cela complètement dément de ne pas avoir le droit, par exemple, d’inviter des personnes à dormir chez nous. C’est un manque de confiance. Ces règles me semblent être les mêmes que celles de mes parents. C’est quand même dur !"




Et comparez les situations de deux étudiants grâce à un diaporama croisé de leurs chambres en cité universitaire.

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Séverine Tavennec
Septembre 2009
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