1. Logement étudiant : KAPS, quand la colocation rime avec solidarité
Témoignage

Logement étudiant : KAPS, quand la colocation rime avec solidarité

Envoyer cet article à un ami
Rose, Pauline, Alba et Emilie ont tenté l'aventure de la KAPS. // © l'Etudiant
Rose, Pauline, Alba et Emilie ont tenté l'aventure de la KAPS. // © l'Etudiant

VIDÉO. On les appelle les kapseurs. Ces étudiants font partie d’une colocation solidaire appelé KAPS. Tout au long de l’année, ils s’engagent au sein d’un quartier pour améliorer la vie de ses habitants. L’Etudiant est partie à la découverte de ces colocs pas comme les autres.

"On attend surtout des jeunes motivés, qui ont envie de s’investir et de s’engager", prévient d’entrée de jeu Olympe Langelot, déléguée territoriale à l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) de Paris. Faire partie d’une KAPS (kolocation à projet solidaire) n’est pas de tout repos. Pour y participer, les jeunes doivent en faire la demande auprès de l’association. Après plusieurs réunions et entretiens, l’AFEV peut vous proposer une place au sein de ses résidences.

Mais attention, il faut être sûr de rester toute l’année dans la coloc. En contrepartie d’un logement à prix réduit (le loyer Kaps est compris dans une fourchette entre 200 et 400 euros et est éligible aux APL), les étudiants doivent mener un projet solidaire au sein d’un quartier défavorisé. Rose, Emilie, Pauline et Alba nous racontent comment elles ont vécu cette expérience.

Le projet solidaire : le trait d'union entre les colocs

Les quatre étudiantes ne se connaissaient pas il y a un an et pourtant, le groupe semble très soudé. Depuis septembre, Rose, Emilie, Pauline et Alba partagent un appartement dans le 13e arrondissement de Paris et doivent en même temps gérer un projet en commun. "Chaque projet est différent selon les KAPS et les quartiers. Chacun peut choisir en fonction de ses affinités", assurent les colocataires. Mettre en place des jardins partagés, participer à la réussite éducative des enfants, animer la vie locale… de nombreux projets sont envisageables.

"Cette année, nous avons eu la chance de mener une toute nouvelle action : il s’agissait d’aider les habitants, souvent des personnes âgées, à préparer leur déménagement, et de commencer à mettre en place une vie de quartier au sein de leur nouvel immeuble", explique Rose, 19 ans. Un travail titanesque qui n’a pas toujours été facile. "On ne peut pas dire que c’est un franc succès, assume Alba, 23 ans. On a dû poser les bases et gagner la confiance des habitants. C’était très compliqué."

Lire aussi : Logement étudiant : partager une colocation, comment ça marche ?

Un peu de déception, beaucoup d’avantages

Mais les étudiantes sont tout de même ravies de cette expérience. "On arrive généralement avec plein d’idéaux, donc on est forcément un peu déçu… Il faut se montrer patient. Les projets sont longs, c’est normal", estime Pauline, 20 ans. Étudiante en sciences politiques, elle est ravie d’avoir pu échanger avec des associations et différents acteurs de la vie publique. "C’est vraiment un complément par rapport aux études", affirme-t-elle.

"Le projet permet aussi de mieux connaître son quartier et de pouvoir s’intégrer plus facilement", juge Emilie, 23 ans. Parmi les autres avantages : le coût du loyer, la proximité géographique avec leur université et la possibilité d’être en colocation. "Le fait de ne pas être seule et de partager un projet avec mes colocataires, c'est ce qui m'a le plus plu", poursuit Emilie.

Lire aussi : La colocation : pour quoi, pour qui ?

Un investissement à toute heure

Pour ce qui est du temps consacré au projet, les quatre étudiantes estiment que c’est tout à fait compatible avec leurs études. "On est censé s’investir cinq heures pas semaine, mais en réalité tout dépend des périodes. Et comme on est plusieurs, on s’organise à tour de rôle", détaille Alba. "Entre septembre et décembre, il y a beaucoup de diagnostics, il faut analyser les enjeux… Tout s’accélère en janvier", confirme Olympe.

Pour autant, les kapseurs doivent rester motivés toute l’année. "Il faut beaucoup s'investir, y compris le week-end et en soirée, précise la déléguée territoriale. Il faut donc des jeunes capables de communiquer, d'etre créatifs et autonomes. Mais ils apprennent vite en général." Les étudiants sont d’ailleurs épaulés par un tuteur tout au long de l’année. "Le projet permet aussi de souder la coloc même s’il faut aimer vivre en communauté parce qu’on passe tout notre temps ensemble", s’exclame Rose.

Infos clés sur les KAPS

Localisation : une trentaine de villes en France.
Nombre de places : environ 600, avec trois à six kapseurs par logement.
Caractéristiques : avoir moins de 30 ans, recrutement généralement sur critères sociaux, engagement d’un an minimum pour mener différentes actions solidaires.