1. #PasdeprisonpourGaëtan : les jeunes se mobilisent contre "la répression policière"

#PasdeprisonpourGaëtan : les jeunes se mobilisent contre "la répression policière"

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Manifestation du 9 avril 2015 à Paris, Solidaires Etudiant-e-s défile en soutien pour Gaëtan. // © Solidaires étudiant-e-s
Manifestation du 9 avril 2015 à Paris, Solidaires Etudiant-e-s défile en soutien pour Gaëtan. // © Solidaires étudiant-e-s

Gaëtan, militant à Solidaires étudiant-e-s Toulouse, a été condamné à deux mois de prison ferme pour avoir participé à une manifestation en novembre 2014, suite au décès de Rémi Fraisse. La peine, jugée disproportionnée par les étudiants, les a fait réagir. Ils se sont notamment mobilisés sur les réseaux sociaux.

"Après avoir vu la répression policière lors des manifestations de l'automne 2014, suite au décès de Rémi Fraisse, les jeunes se sentent concernés par ce qui arrive à Gaëtan", explique Rémi, militant à Solidaires étudiant-e-s Toulouse. Gaëtan, 24 ans, syndiqué dans la même organisation mais aussi militant au NPA (Nouveau parti anti-capitaliste), est placé en garde à vue en marge de la manifestation du 8 novembre 2014, non autorisée par la préfecture. Il fait partie des 54 condamnés suite aux interpellations qui ont eu lieu cet automne.

Accusé d'outrage et violences volontaires contre un agent, Gaëtan a été condamné, lors de son procès en appel, à deux mois de prison ferme, quatre mois avec sursis et 1.100 € d'amende. Le verdict est tombé le 1er avril 2015, mais cela n'avait rien d'une blague pour l'étudiant en deuxième année d'histoire de l'art et archéologie...

Le soutien de son université

"Envoyer un jeune en prison pour avoir manifesté, cela peut encore choquer, heureusement", constate Rémi. Le conseil d'administration de l'université Jean-Jaurès (anciennement Le Mirail), a voté le 7 avril une motion de soutien. Le conseil "s'interroge sur la possibilité d'envisager d'autres modalités d'application de peine qui n'entravent pas la poursuite de ses études".

Sur les réseaux sociaux, une mobilisation de soutien s'est organisée. Sur la page Facebook "Pas de prison pour Gaëtan", des personnalités, des militants et des anonymes posent avec des messages de soutien imprimés ou faits à la main. Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain, Olivier Besancenot, les militants de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) ou encore les salariés en grève de Radio France : des centaines de personnes se sont prêtées au jeu.

Plus de 5.000 signataires de la pétition

Le mouvement a pris de l'ampleur : une pétition demandant à ce que Gaëtan échappe à la prison a recueilli plus de 5.000 signatures. À Toulouse, les organisations syndicales et politiques se mobilisent, mais également partout en France. Jeudi 16 avril 2015, une première assemblée générale a rassemblé 200 personnes à l'université Jean-Jaurès. Un rassemblement de soutien aura lieu vendredi 17 avril à 18h30, à Toulouse comme à Paris. Autre échéance de mobilisation, un concert-meeting sera organisé à Toulouse le 29 avril prochain.

Gaëtan attend toujours la date de son passage devant le juge de l'application des peines. Ce dernier décidera de la modalité d'application de sa condamnation (prison, travaux d'intérêt général, bracelet électronique...). "Nous espérons qu'il y ait un aménagement de sa peine car les prisons sont surchargées. Mais étant donné le contexte politique et la volonté de faire des exemples, nous ne sommes pas optimistes...", admet Rémi. La mobilisation, si elle continue sur cette lancée, pourrait peut-être faire changer la donne.