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Témoignage

Précarité étudiante : quelles solutions s’offrent à vous pendant le confinement ?

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Le confinement accroît les difficultés des étudiants déja en situation de précarité. // © Adobe Stock/ Maridav
Le confinement accroît les difficultés des étudiants déja en situation de précarité. // © Adobe Stock/ Maridav

La question de la précarité étudiante n’a jamais été autant d’actualité que pendant la crise sanitaire liée au coronavirus. Bon nombre d’étudiants ont perdu leurs revenus depuis le début du confinement. Déjà interviewées par l'Etudiant en novembre dernier sur le sujet, Orlane, Marie, Charlotte et Amélie font le point sur les solutions qu’elles ont trouvées.

En novembre dernier, l’immolation d’un étudiant lyonnais avait relancé le sujet de la précarité. Les associations étudiantes étaient alors montées au créneau pour demander de l’aide à la ministre de l’Enseignement supérieur. Quelques mois plus tard, la crise sanitaire remet une fois de plus le sujet sur le bureau de Frédérique Vidal.

Pour Orlane, Amélie, Charlotte* et Marie, déjà dans des situations précaires, le confinement a rajouté quelques difficultés. L’Etudiant dresse donc un tour d’horizon des solutions qui s’offrent à vous.

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Le logement : une source de dépense inévitable

Charlotte, étudiante en licence arts du spectacle à Besançon (25), et Amélie, étudiante en licence LLCER (langues, littératures et civilisations étrangères et régionales) à l’université Grenoble-Alpes (38), sont retournées vivre chez leurs parents dès le début du confinement. Mais toutes les deux continuent de verser leur loyer à la fin du mois. "Je me dis que je ferai au moins des économies sur l’eau et l’électricité, j’ai tout coupé en partant", admet Amélie.

Charlotte, de son côté, verse 360 € de loyer tous les mois pour son studio de 17 m². Elle compte sur les APL (aide personnalisée au logement) pour l’aider à s’en sortir. En effet, pendant le confinement, toutes les aides financières que vous percevez habituellement sont maintenues.

Seuls les résidents des cités universitaires du CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires) qui ont quitté leur chambre pendant le confinement sont exemptés de loyer. Et ce a priori jusqu’à la fin de l’année universitaire (fin juin), puisque les étudiants ne devraient reprendre les cours qu’en septembre prochain.

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La restauration : les CROUS et les associations en première ligne

Les étudiantes sont unanimes : retourner chez ses parents permet de faire quelques économies, notamment pour les courses. "C’est déjà un soulagement", explique Amélie. Même constat pour Marie, étudiante en double licence à Paris (75). Originaire de la Réunion, elle est retournée en urgence chez ses parents juste avant l’annonce du confinement, le 16 mars : "C’est plus confortable, j’ai deux repas complets et diversifiés par jour."

Orlane, étudiante en licence LLCER à Troyes (10), a fait le choix de rester dans son studio. "Mes parents m’ont versé 100 € supplémentaires pour les courses. Je vais pouvoir tenir quelques semaines", estime-t-elle. Avec la fermeture des restaurants universitaires proposant des repas complets au prix plafonné de 3,30 €, certains étudiants peinent à se nourrir correctement. La plupart des CROUS ont distribué toutes leurs denrées alimentaires aux associations et aux résidents des logements universitaires au début du confinement. C’est notamment le cas des CROUS de Strasbourg (67), Versailles (78), Lorraine ou Amiens-Picardie (80). D’autres, comme les CROUS de Tours-Orléans (45) ou Lille (59), fournissent des cartes de restauration prépayées aux étudiants en situation de précarité.

N’hésitez pas à vous renseigner du côté des associations telles que la Croix Rouge ou les Restos du Cœur. Les associations étudiantes comme l’UNEF et la FAGE proposent aussi la distribution de paniers-repas. Les épiceries solidaires appelées Agoraés s’activent également dans toute la France (Amiens, Brest, Caen, Paris, Reims, Strasbourg, Troyes, Valenciennes, Nancy, Metz, Aix-en-Provence, Marseille, Lyon et Saint-Etienne) pour distribuer des produits de première nécessité pour quelques euros.

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Qu’en est-il des jobs étudiants, stages et apprentissage ?

Pour faire face aux dépenses, les étudiants comptent surtout sur les activités rémunérées comme les jobs étudiants, les jobs d’été, les stages ou l’apprentissage. Charlotte cumule trois emplois : en restauration, dans un cabaret et du baby-sitting. "Tout s’est arrêté, je suis en chômage partiel pour mon job de restauration, mais seulement jusqu’au 20 avril. Ensuite, je ne sais pas ce qu’il va se passer." Inquiète de la durée du confinement, l’étudiante en arts du spectacle compte sur cet été pour renflouer son compte bancaire. "Je veux pouvoir continuer à me débrouiller toute seule, sans l’aide de mes parents, l’année prochaine."

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Orlane et Marie ont, elles aussi, commencé à chercher un travail pour cet été, mais en vain pour l'instant. "Je n’ai aucune réponse, pourtant je postule dans les grandes surfaces", affirme Orlane. "Je travaille habituellement comme intérimaire lors de grands événements comme le tournoi de tennis de Roland-Garros ou au Stade de France, mais cela me parait compromis pour cet été…", assure Marie.

Sachez que si vous êtes en stage ou en apprentissage et que vous travaillez à distance, vous devez être rémunéré pendant le confinement. Les apprentis ou les étudiants en contrat étudiant ont aussi le droit au chômage.

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Les aides financières pour tous les étudiants

Depuis le début de l’épidémie, le ministère de l’Enseignement supérieur a été particulièrement attentif aux différentes situations des étudiants. Frédérique Vidal a annoncé le déblocage de 10 millions d’euros supplémentaires pour les aides spécifiques d’urgence. Des aides financières assez peu utilisées par les étudiants, alors que tous peuvent en bénéficier. Renseignez-vous auprès de votre CROUS.

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Votre établissement joue aussi un rôle non négligeable pendant cette période de crise sanitaire. Les universités et les écoles ont des services d’accompagnement des étudiants : certains établissements pourront vous verser quelques centaines, voire plus de 1.000 €, selon votre situation. Il suffit d’en faire la demande auprès du service Vie de campus/Vie étudiante.

N’oubliez pas que les bourses sur critères sociaux continuent d'être versées aux bénéficiaires, tout comme les bourses de mobilité, si vous êtes à l’étranger.

*Le prénom a été modifié.

Sortir de son isolement
Pendant le confinement, n’oubliez pas de prendre soin de vous. Se retrouver seul dans son studio peut être difficile à vivre. "Au début, je pleurais beaucoup, je me sentais très seule mais j’essaie de rester positive et ça va mieux", assure Orlane. Les établissements, les associations étudiantes et même les mutuelles étudiantes (telle que la LMDE) ont mis en place des cellules d’écoute, rapprochez-vous d’eux si vous avez besoin d’en discuter.

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