1. Primaires socialistes : ce que Martine Aubry et François Hollande feraient pour les étudiants

Primaires socialistes : ce que Martine Aubry et François Hollande feraient pour les étudiants

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Dernier round avant le 3e tour, dimanche 16 octobre 2011, des primaires socialistes pour les deux candidats François Hollande et Martine Aubry. Quels sont leurs projets pour la formation des jeunes et la vie étudiante ? Nous avons posé la question aux membres de leur équipe en charge de l'enseignement supérieur : Isabelle This Saint-Jean, vice présidente au conseil régional d'Ile-de-France, pour Martine Aubry, et le député Jean-Yves Le Déaut, pour François Hollande.

Si votre candidat est élu, quelles seront ses premières mesures pour les étudiants ?


Isabelle This Saint-Jean (soutien de Martine Aubry) : "Nous mettrons tout d’abord en place une allocation d’études, conditionnée aux revenus, qui refondra l’ensemble du système d’aides aux étudiants, aujourd’hui insuffisant et injuste. Il faut également un plan massif de construction et de rénovation. Un engagement fort est aussi nécessaire sur la santé étudiante. Il n’est pas possible de laisser les étudiants sacrifier leur santé, faute de moyens. Il faut des structures de soin qui leur soient dédiées, comme des maisons de santé étudiantes, en plus des aides individualisées. Enfin, les étudiants souffrent souvent d’isolement en arrivant à l’université, il est important de développer l’animation des campus, pour assurer leur réussite."

Jean-Yves Le Déaut (soutien de François Hollande) : "Nous allons créer une allocation de formation globale, en fonction des revenus parentaux. Les bourses actuelles sont très insuffisantes, comparées au coût réel de la vie pour un étudiant. Il faut également construire et rénover des logements pour les étudiants, en tenant compte de leur manière de vivre, avec des appartements adaptés à la colocation, par exemple. Nous comptons aussi financer des espaces de convivialité dans les universités. Enfin, il faut renforcer l’accueil des étudiants étrangers."

Comment réduirez-vous l’échec en premier cycle universitaire ?


Isabelle This Saint-Jean : "Il faut profondément réformer la licence, pour offrir aux étudiants à l’université les mêmes conditions qu’à ceux des classes prépa, avec au minimum 25 heures d'enseignements par semaine. Les moyens mis à disposition des établissements doivent être renforcés. Le Plan licence, sans les moyens humains et les locaux, ce n’est pas possible. Lorsqu’on veut limiter le nombre de cours en amphi, en faveur des enseignements en petits groupes, cela signifie qu’il faut un plan pluriannuel d’emploi, afin d’assurer également un meilleur encadrement administratif pour les étudiants. C’est dans notre projet. Nous prévoyons également de diminuer la charge d’un enseignant à 150 heures d’enseignement [au lieu de 192], ce qui lui donnera plus de temps pour être disponible auprès des étudiants, et pour se consacrer à la recherche."

Jean-Yves Le Déaut : "Le cœur de notre projet, c’est la jeunesse, avec deux priorités : les conditions de vie des étudiants et la réussite en premier cycle universitaire. Pour assurer cette réussite, il faut absolument des personnels pour encadrer les étudiants. En parallèle de notre projet de rétablissement en 5 ans de 60.000 postes à l’école, il faudra, suite à la discussion générale sur l’enseignement supérieur et la recherche, créer des emplois supplémentaires à l’université. Les établissements sont actuellement ponctionnés pour financer des plans comme le Grand Emprunt, pour lesquels l’argent n’arrive toujours pas aux universités. Ce n’est plus possible. Il faut également encourager l’effort pédagogique pour assurer la diversité sociale et la réussite en licence. Afin de limiter le nombre d’heures en amphi, nous envisageons par exemple l’intervention de doctorants en licence, qui pourraient assurer un accompagnement en petits groupes. Notre objectif est de multiplier par deux en 10 ans le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur, et d’atteindre ainsi 50 % d’une classe d’âge diplômée."

Comptez-vous renforcer la sélection à l’entrée de l’université ?


Isabelle This Saint-Jean : "Non. A un moment où la démocratisation recule avec une baisse du nombre de jeunes accédant à l’enseignement supérieur, toute barrière est inopportune. Nous souhaitons surtout mettre en place un grand service public de l’orientation."

Jean-Yves Le Déaut : "Non. Nous voulons plutôt assurer une meilleure orientation des jeunes. Pour cela, il faudra réfléchir à une meilleure adéquation entre la carte des formations et l'état du marché de l'emploi, secteur par secteur."

Envisagez-vous une augmentation des frais d’inscription à l’université, en fonction des revenus parentaux ?


Isabelle This Saint-Jean : "La réponse est clairement non, pour les mêmes raisons : une augmentation des frais d’inscription ne peut que renforcer l’autocensure de tous ces jeunes – trop nombreux – qui croient que les études, ce n’est pas pour eux. Les arguments des défenseurs de cette idée ne tiennent pas. Cela ne résoudra pas la question du financement des universités et la redistribution s’effectue déjà en amont, via l’impôt, afin d’assurer la gratuité de certains services publics – dont l’université."

Jean-Yves Le Déaut : "Non. Un système, même modulé, n’a pas grand intérêt, car cela représente un gain très faible, par rapport au budget nécessaire pour le fonctionnement d’une université. Ensuite, des frais d’inscription élevés, comme ceux des grandes écoles de commerce, accroissent les inégalités. Le nombre d’étudiants issus de familles modestes est en train de diminuer à l’université, il faut par tous les moyens inverser la tendance."

Crédit photo Martine Aubry - François Hollande : Mathieu Delmestre (licence Creative Commons)

Aller plus loin

Les projets des deux candidats pour l'université sont à lire sur Educpros

Lire le détail du projet "enseignement supérieur" de François Hollande
Lire le détail du projet "enseignement supérieur" de Martine Aubry

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Propos recueillis par Camille Stromboni
Octobre 2011